Bon voyage Mireille


Mireille Darc, je ne l’ai pas connue personnellement, c’était une des longilignes figures emblématiques de ma jeunesse.
Mais je crois qu’elle restera pour moi, surtout l’amusante guest star invitée d’un des épisodes les plus surréalistes de ma vie professionnelle

Vieilleries…


Vider une cave c’est décidément un truc de jeune. A mon âge à chaque fois qu’on bouge un carton y a des flots de vieux (bons, moins bons) souvenirs qui remontent, résultat des courses, ça n’avance guère.. deux mois que je déménage…

Il faut (urgemment) que j’aille chez le coiffeur

Ça fait un moment que je ne suis pas allé me faire raccourcir les tifs, et en ce moment je suis (je le confesse) un rien hirsute.
Mais bon, je vais finir par trouver le temps d’y aller, et puis de toutes façons j’ai fait le pari (on devrait jamais faire des paris) de me raser la tête en août.

En attendant, en attendant, donc, je suis un rien hirsute, c’est vrai.

Peut-être est-ce pour ça qu’hier soir, lors d’une vente aux enchères de photos (des autoportraits au Lumix GF1), dans une prestigieuse salle des ventes parisienne, une jeune femme ravissante qui travaille pour notre agence de pub, s’approche de moi l’air gêné et me dit : « Luc il faut que je te parle, on est tombé sur un truc bizarre à propos de toi »

« Damned » me dis-je, en essayant de conserver mon flegme légendaire, tout en repassant en revue à vitesse stratosphérique l’amas considérables d’excès que la morale réprouve qu’on pourrait à bon droit me ressortir et me brandir sous le nez d’une poigne vengeresse… je suis donc refait. Est il préférable d’avouer tout de suite, ou vaut-il mieux dénéguer en attendant une meilleure idée ?

« Voui ? c’est quoi ? » me risquais-je en m’attendant au pire, et à ce moment-là, en voyant la saturation du rose des joues de mon interlocutrice monter en flèche, je me dis que ça doit être grave.

« Tu travailles à côté parfois ? ».. embraye-t’elle « Elle est dingue » penses-je alors, quand bien même le voudrais-je, mon planning de ministre africain ne m’en laisserait pas le loisir, et puis, pourquoi elle me demande ça, elle ? En quoi ça la regarde ?

À ce moment là, se dirige vers nous deux d’un pas nonchalant un des responsables de ma boite, avec les joues aussi rouges que celles de mon interlocutrice, et là je me dis, que la vie est injuste. Après une demi-vie (soyons juste, plutôt deux tiers de vie) consacrée à des excès de toute sorte, je vais tomber au champ de déshonneur à la suite d’un malentendu, parce que forcément il s’agit d’un malentendu.

Mais bon, périr pour périr j’aimerai au moins comprendre, et au moment où je m’apprêtais à suggérer à mon interlocutrice de bien vouloir m’indiquer de quel forfait je me suis supposément rendu si terriblement coupable… elle prend les devants « c’est pour le marabout »…devant mon air ahuri (lorsque je prends l’air ahuri, on voit vite que ce n’est pas un rôle de composition, je suis le meilleur, le prince des ahuris, l’empereur de la bouche béante, le Dieu des yeux écarquillés), elle précise en gagnant encore un zeste de saturation (à ce moment là nous frisions le grenat).. « On a vu le flyer »..

« Euh.. le fly.. flyer ? » bégayes-je (lorsque je bégaie je ne suis pas mauvais non plus), je regarde les ors de cette salles des ventes, le public aisé et généreux qui séduit par les pitreries du maitre-priseur achète à bon prix les photos (c’est pour une bonne cause, le pognon sert à permettre à des gamins de se faire opérer du cœur).. et je me dis que tout ça est surréaliste, que je vais me réveiller et réaliser que je suis à la bourre et que j’ai loupé cette fichue vente aux enchères.

« C’est quoi ce flyer ? » tout en virant à l’écarlate, mon interlocutrice se penche vers moi comme pour s’assurer qu’aucune oreille indiscrète ne capte ce qu’elle va me dire « le marabout médium… »
Et là d’un seul coup ça me revient..

Flash-back….

Il y a environ 6 ans de ça, à l’époque d’un de mes sites précédents (audioblog.fr) j’avais mis en illustration de réponse à un commentaire une image générée par megabambou.com, l’excellent magabambou.com, un des zilliards de générateurs de grosses blagues, et dont un exemple illustre cette note.
6 ans plus tard, cette image refait surface, je ne sais pas trop comment (entre temps, Google au poing, j’ai retrouvé deux sites qui l’ont publiée parmi lesquels un site.. de voyance…).

Cette mésaventure-anecdote fait réfléchir cela dit. Sur internet tout est vrai (c’est encore pire qu’à la télé) et si on me ressort l’air grave, la joue rose foncé et le sourcil dubitatif toutes les con.. eries que j’ai énoncées depuis une quinzaine d’années, je suis mal.. très mal….

En attendant, faut que j’aille me faire couper les tifs, j’ai trop une tête de marabout moi….

Lisbonne Express

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J’ai fait en début de semaine un saut à Lisbonne pour le boulot, je ne connaissais ni Lisbonne ni plus largement le Portugual et je suis tombé sous le charme.
Pour les lyonnais, Lisbonne ressemble beaucoup à une gigantesque Croix Rousse sillonnée par des tramways bigarrés et sonores… Depuis l’arrivée en avion a raz les immeubles jusqu’à cet enchevêtrement de ruelles pavées, ça a été un voyage épatant.

Comprendre les zooms : que signifie x8 ou x10 ?

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Le tout nouveau Lumix TZ6 possède un zoom x12 (il devrait faire un carton, il succède au TZ5 compact le plus vendu en 2008, lequel succédait au TZ3 compact plus vendu en 2007) . L’étonnant TZ7 qui vient inaugurer le bal des appareils totalement hybrides photo/vidéo arbore lui aussi le sigle x12. Qu’est ce que cela veut dire en fait ? Est-ce que plus c’est forcément mieux ?

lumix_tz7c
Le Lumix TZ7 premier appareil hybride photo/vidéo (AVCHD, Dolby stéréo..)

Le ratio du zoom des appareils photo est pour beaucoup d’utilisateurs à la fois une caractéristique valorisante (« pensez-donc ! x10 c’est forcément mieux que x7 ! ») et dans le même temps, assez mystérieuse.
Pour compliquer les choses, les unités ne sont pas les mêmes selon que l’on parle d’un compact ou d’un appareil à objectif interchangeable.
D’un compact on dit qu’il a un « zoom xfois », pour un appareil à objectif interchangeable on donne une valeur en millimètre.
On dira que le Lumix TZ7 a un zoom x12 mais que le Lumix G1 est fourni avec un 14-45 mm.
Quelle relation y a t il entre ces deux façons de désigner un zoom ? Que représente le zoom x10 du Lumix TZ5, comparé au zoom14-45 mm d’un Lumix G1 ? Que signifie l’ésotérique « équivalent 24×36 », ou « équivalent 35mm »…

En version courte

En version courte le x10, x12 etc… est le coefficient multiplicateur entre la focale la plus courte et la focale la plus longue.
Le Lumix FX40 a un zoom 25-125mm soit x5 (125:25=5) , le Lumix TZ7 a un zoom 25-300mm soit x12 (300:25=12) etc…

Attention cependant, cette valeur ne donne aucune indication sur la polyvalence d’un appareil.
En général, ce que l’on souhaite c’est un appareil qui puisse disposer d’un grand angle et d’une longue focale, pour photographier lorsqu’on a peu de recul et également lorsque le sujet se trouve un peu loin.
Une grand amplitude de zoom n’est donc intéressante que si la focale la plus courte est un vrai grand angle.
Un appareil avec un zoom 28-280mm a un zoom x10 et est très polyvalent (28mm est un très grand angle et 280mm un fort téléobjectif).
En revanche, un appareil avec un zoom 40-400mm a lui aussi un zoom x10 mais n’a pas de grand angle, sa polyvalence sera infiniment moindre.

Cette façon d’indiquer l’amplitude des zooms ne s’applique qu’aux compacts qui ont un objectif fixe. Les appareils à objectif interchangeable auraient des valeurs qui changent selon l’objectif, on indique donc directement la valeur des focales couvertes en mm. Par exemple, le Lumix G1 est accompagné d’un zoom 14-45mm, ce qui donne 28-90mm en équivalent 24×36

Pour aller plus loin
Pour comprendre ce que signifient ces caractéristiques, il faut jeter un œil sur quelques concepts de base, trois en fait : la « focale », ainsi que les notions de « grand angle » et de « téléobjectif ».

Grand angle et téléobjectif
Commençons par le début, un objectif est un système optique composé de lentilles qui forme une image sur le capteur de l’appareil.
Il existe différentes catégories d’objectifs, les  grand angles qui embrassent un angle de champ plus large que celui de l’œil, et à l’autre bout, les téléobjectifs qui au contraire embrassent un angle de champ plus court.
Dans la vie courante, le meilleur exemple de très grand angle est le judas d’une porte.
Lorsqu’on regarde au travers on voit la totalité du couloir ou du hall qui se situe de l’autre côté. Il couvre un champ bien plus large que celui de l’œil nu.
Le meilleur exemple d’un téléobjectif c’est une longue vue, elle permet de rapprocher des sujets situés au loin et en contrepartie ont un angle de champ très petit.
On peut donc dire qu’un objectif a deux caractéristiques pour ce qui nous intéresse, son angle de champ et le grossissement qu’il procure.
Les deux vont ensemble. Un objectif qui grossi beaucoup a un angle de champ très faible, à l’inverse, un objectif qui couvre un angle de champ très large rapetisse les sujets.
Dans l’œilleton de votre porte vous voyez plus de choses qui du coup sont plus petites, à l’inverse dans une longue vue vous voyez moins de choses qui du coup sont plus grosses.

J’ai pris les deux photos ci-dessous du même endroit, avec un Lumix TZ5. La première photo en position grand angle, la seconde en position téléobjectif.

Lumix TZ5 : 28mm
Lumix TZ5, en position grand angle (28mm)
Lumix TZ5 : 280mm
Lumix TZ5 en position téléobjectif (280mm)

La focale
Pour désigner les caractéristiques d’un objectif, la solution la plus logique serait donc de parler de l’angle de champ qui sera photographié, ou de son facteur de grossissement.
Hélas, ce n’est pas le cas. Pour désigner un objectif on utilise une valeur en millimètre, la « distance focale » héritée de l’époque du film.
De façon pratique : plus la distance focale est courte, plus l’angle de champ photographié est large et donc plus l’objectif est « grand angle ».
A l’inverse, plus la valeur de la distance focale est grande, plus l’angle de champ photographié est étroit et en conséquence plus l’objectif est « téléobjectif ».

Dit autrement, plus la focale est courte, plus le sujet est petit (et plus il y a de choses dans la photo) plus la focale est longue, plus le sujet est gros (et moins il y a de choses dans la photo). L’œil de bœuf d’une porte est une très courte focale, une longue vue une très longue focale. Cette « distance focale » s’exprime donc par un chiffre en millimètres.
Il faut retenir que le même angle de champ que l’œil c’est 50 mm. En dessous de 50 mm l’objectif est grand angle :

  • 33/35mm léger grand angle (on peut à peine parler de grand angle, le champ est très légèrement élargi)
  • 28 mm grand angle important (il s’agit là d’un « vrai grand angle » )
  • 24mm -> 14mm très grand angle
  • en dessous on entre dans la zone des ultra grand angle, certains formant une image ronde (comme les judas de porte) cela s’appelle les « fish-eye ».

Au dessus de 50mm on entre dans le domaine des téléobjectifs

  • 80/100mm petit télé à portrait
  • 135mm/180mm télé plus long assez polyvalent
  • 180mm/300mm très longue focale
  • + de 300mm très très longue focale (à l’époque de l’argentique ces optiques étaient soient hors de prix et réservées aux photographes sportifs et animaliers) soit juste très chères et avec une ouverture minuscule, utilisant un système à miroirs.

Il est à noter que les variations de la valeur n’ont pas le même effet en grand angle et en téléobjectif. En grand angle, quelques millimètres peuvent faire une énorme différence. Il y a par exemple un grande différence entre 28 et 24 millimètre. Un 24 millimètre est nettement plus grand angle qu’un 28mm. En revanche, entre 250 et 300 mm la différence  est beaucoup moins importante en pratique et plus la focale est longue moins les variations sont spectaculaires.

Les compacts et leurs zooms xfois
Pour parler d’un compact on indique le nombre de fois que la focale est multipliée pour aller de la plus courte à la plus longue.
Comme on vient de la voir 28mm est une focale courte (un grand angle donc) et 280mm est une très longue focale.
Un Lumix TZ 5 équipé d’un zoom qui va de 28mm à 280mm est donc dit équipé d’un zoom x10

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Ce Lumix TZ3 est équipé d’un zoom x10 qui démarre à 28mm (grand angle)

Attention cependant, en pratique cette seule valeur ne donne pas vraiment d’information sur ce que l’on pourra réellement faire avec l’appareil.
Un compact équipé d’un zoom allant de 50mm à 500mm est lui aussi équipé d’un zoom x10, mais en pratique il n’a pas de grand angle (il sera difficile de faire des photos en intérieur par manque de recul).

Donc ce « xFois » est indissociable de la notion de grand angle.
Si l’appareil a effectivement un zoom qui commence en position grand angle (28mm, voire moins) alors oui, le fait que son zoom ait une grande amplitude (un grand nombre de xFois) est intéressant.
On pourra avec cet appareil faire des images à la fois lorsqu’on manque de recul et lorsqu’on veut faire des gros plans.
Si en revanche, le zoom commence à une valeur qui n’est pas vraiment un grand angle, l’appareil perd une grande partie de sa polyvalence.

Le zoom du TZ6 (ou du TZ7)  est encore plus intéressant que celui déjà unique sur le marché du TZ5, parce que le gain (x12 contre x10) se fait à la fois en grand angle et en téléobjectif. Le TZ5 commençait à 28mm (très grand angle) le TZ7 commence lui à 25 mm (ultra grand angle). Le TZ5 s’arrétait à 280mm (téléobjectif puissant) le TZ7 va un cran plus loin puisqu’il atteint 300mm.

Astuce : la prochaine fois qu’on vous dira « cet appareil à un zoom x10 » pensez donc bien à demander s’il a réellement un grand angle.

Les appareils à objectif interchangeable et leurs valeurs en millimètres.
Comme on vient de la voir, l’amplitude d’un zoom n’est qu’une partie de sa description, elle n’indique pas du tout si ce zoom va du grand angle au téléobjectif ou bien si c’est juste un zoom téléobjectif sans grand angle.
En outre, elle suppose que l’objectif soit fixe, ce qui est le cas avec les compacts et les bridges, mais pas avec les appareils à objectif interchangeable. Le Lumix G1 est livré en kit avec un zoom 14-45mm (soit donc un zoom x3), mais peut recevoir d’autres objectifs dont un zoom 45-200 (ce qui correspond à x4,5).

Les trois photos qui suivent ont été faites avec un Lumix G1 exactement du même endroit (l’appareil était sur pied). Pour la première le zoom du kit est en position grand angle (14mm), pour la seconde il est en position télé (40mm) et pour la troisième j’ai installé sur le G1 le zoom 45-200mm qui est ici en position 200mm.

Semaine à Eversley dans le Hampshire (UK)
Lumix G1 objectif 14-45mm réglé sur 14mm
Semaine à Eversley dans le Hampshire (UK)
Lumix G1 objectif 14-45mm réglé sur 45mm
Semaine à Eversley dans le Hampshire (UK)
Lumix G1 objectif 45-200mm réglé sur 200mm

La raison pour laquelle on ne parle jamais de « xFois » avec un appareil à objectif interchangeable est simple : l’amplitude du zoom peut varier à l’infini au gré des changements d’objectif.
Dans ce cas, on donne directement la valeur en millimètre des focales couvertes par l’objectif utilisé.
C’est plus logique, et ce serait plus simple, s’il n’y avait « l’équivalent 24×36 » qui vous a sans doute parfois rendu un brin perplexe.

Que signifie « équivalent 24×36 » ?
Comme dit plus haut, la logique aurait voulu que l’on désigne un objectif par l’angle de champ photographié, cette valeur est indépendante de l’appareil, de son capteur etc..
Hélas la valeur choisie est la « focale », c’est parfait pour les spécialistes, mais peu compréhensible pour les autres.

Les termes 24×36 et 35mm, qui sont équivalents, réfèrent à l’époque du film ou les photos étaient faites dans un rectangle de 24mm de haut et 36 de large.

La distance focale d’un objectif est une de ses caractéristiques techniques de base. Pour la petite histoire le chiffre en millimètres qui désigne la « focale » représente la distance qui sépare le centre théorique de l’objectif du plan du film (ou du capteur). En clair un objectif de 50mm de « focale » à son centre optique théorique situé à 5cm du capteur.

Non seulement avec les zooms cette notion de centre optique devient peu parlante, mais en outre, la valeur de la « focale » ne donne aucune indication sur l’angle de champ effectivement photographié.
Sur un appareil à objectif interchangeable, une focale de 24 mm est un très grand angle. Sur un compact, une telle focale serait un téléobjectif.

La raison de ce mystère ? Tout simplement, l’angle de champ photographié est tributaire de la surface du capteur. Plus ce capteur est de petite taille, plus l’angle de champ est réduit.
Pour comprendre ce phénomène, il faut se représenter comment fonctionne un appareil photo. Un appareil photo c’est comme un projecteur de diapos à l’envers. La lumière traverse l’objectif puis vient former une image à l’intérieur sur le capteur. Pour reprendre l’analogie avec le projecteur de diapo, le capteur (ou auparavant le film) sert d’écran de projection.

A l’époque du film, tous les appareils amateurs utilisaient un écran de projection de la même taille : 24x36mm. Donc à distance focale égale, un objectif, quelque soit l’appareil sur lequel il était installé, donnait le même résultat. Les « focales » des objectifs étaient donc comparables et on pouvait avoir des points de repère.
Avec le numérique les capteurs sont de tailles très différentes, y compris à l’intérieur d’une même marque.
Donc telle focale installée sur tel appareil ne donne pas le même angle de champ que si elle est installée sur tel autre appareil.

Comment cela se fait ? Reprenons l’analogie du projecteur de diapo, il forme une image ronde à l’intérieur de laquelle on a placé l’écran (dans la vraie vie, je sais c’est l’inverse, on place l’écran puis on ajuste le projecteur pour que son cercle lumineux couvre bien la surface de l’écran).

Imaginez maintenant que sans toucher au réglage ou à la position du projecteur de diapo vous remplaciez l’écran par un modèle deux ou trois fois plus petit. L’image projetée va rester la même bien sur, mais vous n’allez utiliser qu’une partie de l’image. Ce que vous allez voir sur la photo va avoir un champ plus réduit, votre plus petit écran découpe une partie seulement de l’image projetée par le projecteur de diapo.
C’est ce qui se passe avec le numérique. les capteurs étant plus petits que 24x36mm et surtout n’étant pas tous de la même taille, ils découpent des images de tailles plus petite dans l’image que projette l’objectif.
Intrinsèquement un objectif d’une focale donnée projette toujours la même image quel que soit l’appareil sur lequel on l’utilise, mais d’un appareil à l’autre on va capturer une partie plus ou moins grande de cette image projetée.
En pratique donc, tel boitier avec un objectif X va donner une image différente d’un autre boitier avec le même objectif.

C’est la raison pour laquelle, en numérique, une distance focale ne donne pas vraiment d’indication sur l’image (grand angle ou téléobjectif) qu’on obtiendra au final, puisque cela dépend de la taille du capteur.

Pour s’y retrouver, et surtout avoir des valeurs comparables, on utilise donc la notion « d’équivalent 24×36 ».
Lorsque l’on dit que tel objectif à une focale de 28mm « en équivalent 24×36 », cela signifie « sur cet appareil, cet objectif donne une image qui couvre le même angle de champ que celui que couvrirait un objectif de 28mm installé sur un appareil utilisant un film 24×36 »

C’est un peu tarabiscoté mais cela permet d’avoir des valeurs comparables.
Dire « cet objectif est un 28mm » ne donne aucune indication sur l’angle de champ, on ne sait pas si c’est un grand angle ou un téléobjectif. En revanche « cet objectif est un 28mm en équivalent 24×36 » permet de savoir qu’effectivement il s’agit bien d’un grand angle.

Le capteur du Lumix G1 mesure exactement la moitié d’une image 24x36mm, c’est la raison pour laquelle son zoom 14-45mm correspond à un 28-90 mm en équivalent 24×36. De la même façon, son zoom 45-200, correspond à un 90-400 en équivalent 24×36 .

Lorsque j’ai écrit plus haut que le TZ5 avait un zoom 28-280mm il s’agit bien de valeurs « en équivalent 24×36 » etc.…

Astuce : la prochaine fois qu’on vous annonce une focale pour un objectif, demandez bien si elle est exprimée «en équivalent 24×36»

La photo numérique, comment ça marche ?

La photo numérique c’est le jargon de la photo + le jargon de l’informatique, au final un galimatias ou même un latiniste pointu y perdrait son…

Je discutais hier après midi avec un ami qui édite un weblog sur le Macintosh, lequel weblog je vous recommande chaudement (c’est à http://kernelpanic.typepad.com) et qui me fait une remarque pas bête « la photo numérique c’est sympa mais franchement on n’y comprend rien, tiens regarde c’lui là que je voudrais acheter à ma femme pour Noël il est marqué qu’il est pas très bon à 400 ISO, qu’est-ce ça veut dire ces ISO ? et ces ouvertures ? on y comprend rien ! ».

La remarque n’est pas bête et je me suis dit que j’allais faire une petite note là-dessus. En pratique la technique photo est quelque chose d’ultra-simple (celui qui vous dit le contraire est un gros menteur), le problème c’est qu’elle est parsemée de termes invraisemblables, de concepts à deux balles mais décrits par des termes ultra technoïdes et autres gaudrioles.

Le principe de base

En pratique la photo (qu’elle soit numérique ou pas) ça peut se résumer au remplissage d’un verre d’eau à l’aide d’un robinet.
Pour remplir un verre d’eau, trois paramètres sont importants, la taille du verre d’eau, l’ouverture du robinet et le temps pendant lequel on le laisse sous le robinet.

Ben la photo c’est pareil, voilà c’est fini, merci, bonsoir…

Hein ? ah.. bon alors je précise.
Pour le remplissage de notre verre d’eau, les trois paramètres sont complètement liés. Plus le verre est grand plus il faudra le laisser longtemps et/ou avec un robinet grand ouvert, et vice versa.
De même si à taille de verre d’eau égale, on veut ouvrir moins le robinet il faudra laisser le verre dessous plus longtemps et vice – versa.

L’ouverture du robinet c’est le diaphragme.
Le temps pendant lequel on laisse le verre sous le robinet c’est le temps de pose
La taille du verre c’est la sensibilité (les fameux ISO)

Donc pour passer à la photo, on a d’un côté une surface sensible (le verre) qui est remplie non pas d’eau mais de lumière, par un éclairage qui passe à travers un objectif lequel est équipé d’un système de robinet à lumière dont la taille du trou est variable (c’est le diaphragme) et d’un autre dispositif qui permet de définir le temps pendant lequel la lumière arrive sur la surface sensible (c’est l’obturateur).

J’ai écrit « surface sensible » parce qu’il s’agisse d’un film ou d’un capteur c’est exactement la même chose.

Le principe est donc simplissime .. mais gardez en mémoire que c’est un principe théorique (je reviendrais là-dessus).

Là ou ça se gâte c’est que ce trio d’enfer (taille du trou de passage de la lumière : diaphragme, bouchon à délai d’ouverture réglable : obturateur, et contenance du support : sensibilité) doit fonctionner ensemble, or tout ce petit monde se désigne par des valeurs différentes (le diaphragme/trou réglable est un cercle, souvenez-vous de vos cours d’arithmétique du primaire) tandis que le bouchon à délai d’ouverture réglable lui se chiffre en seconde (ou en fraction de seconde).

Or il faut que si l’on multiplie le temps par 2 on divise le diamètre du trou par deux aussi (on laisse le verre deux fois plus longtemps sous la flotte il faut donc qu’il y ait deux fois plus moins (j’suis con moi parfois..merci Frédéric) de flotte qui coule pour arriver au même remplissage).

Donc pour pouvoir suivre une progression géométrique on multiplie la valeur du trou du diaphragme par racine carrée de deux (ça c’est la faute à π).
C’est pour ça qu’alors que les valeurs de temps de pose sont classiquement arithmétiques (1 seconde est deux fois plus long que ½ seconde qui est deux fois plus long que ¼ de seconde, qui est deux fois plus long que 1/8 de seconde ect…) les valeurs de diaphragme sont bizarres au premier abord : 1 est deux fois plus ouvert que 1,4 qui est deux fois plus ouvert que 2 qui est deux fois plus ouvert que 2,8, qui est deux fois plus ouvert que 4 etc.
Les valeurs de sensibilité elles, suivent une progression arithmétique normale 100 ISO est deux fois moins sensible que 200 ISO qui est deux fois moins sensible que 400 ISO etc

Une fois que vous avez compris ça, vous avez compris 95 % de la photo.

Le numérique triche à mort

En photo argentique (avec des films) la notion de sensibilité est un truc très concret. On achète un film de 100 ou de 400 ISO ce sont deux films différents.
De la même façon l’obturateur et le diaphragme sont des dispositifs mécaniques, visibles. Il y a une petite exception avec les compacts argentiques bas de gamme. Pour gagner en coût les fabricants utilisaient un même système cumulant les fonctions de diaphragme et d’obturateur, c’est-à-dire que le trou s’ouvrait d’une valeur donnée ET pendant un laps de temps déterminé, mais bon c’est juste de la magouille pour réduire les coûts, ça ne change rien au principe.

Avec le numérique les choses sont différentes parce qu’on ne change pas le capteur comme on changeait de film.

En pratique, les capteurs ont une seule sensibilité (elle tourne autour de 100/200 ISO), le changement de sensibilité consiste en fait à amplifier le signal électrique produit par le capteur. En pratique donc, sur un appareil dont la sensibilité est de 100 ISO si on affiche 400ISO, le capteur va recevoir 4 fois moins de lumière qu’il ne devrait (le verre ne va pas être assez rempli) et donc produire un signal bien plus faible, lequel signal est ensuite amplifié. Lorsqu’on amplifie un signal électrique il se détériore (les audiophiles connaissent bien ça) et en photo cette détérioration se traduit par des pixels aléatoires qui donnent un vilain aspect granuleux à l’image.

Pour l’obturateur on triche aussi. Les reflex ont un obturateur, mais pas les compacts. En fait sur les compacts c’est le capteur qui sert lui-même d’obturateur. Lorsque l’appareil est en route, le capteur produit une image en permanence (je résume) et elle n’est enregistrée que pendant un laps de temps donné qui correspond à celui pendant lequel l’obturateur serait resté ouvert.
Quelque part (bon , du calme les puristes) un compact c’est comme un camescope , mais qui au lieu d’enregistrer l’image en continu, ne l’enregistre que sur demande.

C’est d’ailleurs ce qui explique que les compacts peuvent avoir un affichage permanent sur leur écran, mais pas les reflex. Le capteur des reflex est caché par leur obturateur et ne voit rien en dehors du moment ou on prend la photo.

Pour s’y retrouver dans les chiffres

Donc pour revenir à la remarque du PDG de Kernel Panic International :

  • Le nombre d’ISO ça désigne la sensibilité du capteur, plus exactement, la sensibilité la plus basse désigne sa vraie sensibilité, les autres valeurs sont simulées électroniquement (avec quelques inconvénients).
  • Le chiffre qui désigne le temps de pose (seconde ou fraction de seconde) est le temps pendant lequel l’image va être enregistrée (sur les compacts) ou celui pendant lequel le capteur reçoit la lumière (sur les reflex)
  • Le chiffre qui désigne l’ouverture est un peu plus compliqué. Pour avoir des valeurs comparables d’une focale à l’autre ce chiffre est en fait un rapport, le rapport de la distance qui sépare le milieu de l’objectif du capteur sur le diamètre du passage du trou. Bon ça c’est abscons et vous n’êtes pas obligés de le retenir. La seule chose importante à savoir c’est que quelque soit l’objectif, à une valeur de diphragme donnée, la quantité de lumière qui arrive sur le capteur est la même.

Mais alors, donc, pourquoi autant de boutons ?

Il y a deux raisons à ça :

  • Ca plait aux filles (c’est comme les grosses voitures)
  • C’est plus pratique

Normalement (c’est ce que font les photographes) pour faire une bonne photo, il faut choisir un ou deux des trois paramètres et sélectionner le troisième qui correspond, en s’aidant d’un dispositif de mesure.

Dans la vraie vie l’acheteur de compact (ou plus largement d’appareil automatique) n’a aucune envie de se casser les pieds avec ça. Donc l’appareil possède un tas de fonctions préréglées qui permettent de s’adapter automatiquement à telle ou telle situation.

Le problème c’est qu’au lieu d’apprendre et de comprendre les principes de base de la photo, principes donc assez simples et logiques, il faut apprendre le maniement de l’appareil..mais ça c’est une autre histoire.

Pas glop : Dieuzaide se fait la malle

Ça devient une (sale) habitude.
La semaine dernière Johnny Cash décide d’aller jouer pour de bon du country chez Lucifer et là c’est Jean Dieuzaide, un grand bonhomme de la photo qui vient de changer d’angle de vue.
Au fond la mort c’est vraiment nul.

Le numérique contre la mémoire ?

Le buste droit, le coude nonchalamment posé sur une fausse colonne en pseudo-marbre, le torse bondé le front fier, ça vous rappelle quelque chose ? oui sans doute…la photo de votre grand père ou arrière grand père qui trônait au dessus de la commode des parents lorsque vous étiez gamin. Sur qu’ils sont désuets ces vieux portraits figés, ringards parfois..mais ils ont le mérite d’exister, d’exister encore, d’avoir traversé les générations.
C’est aussi ça le rôle de la photo, servir de support à la mémoire. Et sur ce plan il risque fort d’y avoir comme un trou. Le numérique est plein de qualités, mais le numérique c’est aussi l’image de la génération fast food, vite vu, vite photographié, vite oublié.
Question : qu’allons nous laisser aux générations qui vont nous suivre ?. Si vous ne nous dépêchons pas de nous grouiller d’apprendre à faire des sauvegardes correctes il y a fort à parier que la réponse soit : rien.
Même les sauvegardes en elles-mêmes ne sont pas des garanties absolues.
On parle à date régulière de la durée de vie d’un CD.. Intéressant, très intéressant.. mais que savons nous du temps qui reste à vivre aux lecteurs de CD ? Ils sont immortels ? pas sur, pas sur du tout.

On aurait facilement pu dire la même chose des Syquest 44 qui ont fait les beaux jours des débuts de la PAO et qui étaient un standard de fait. Essayez de trouver un lecteur Syquest aujourd’hui…

Le numérique contre la mémoire ?

Le buste droit, le coude nonchalamment posé sur une fausse colonne en pseudo-marbre, le torse bondé le front fier, ça vous rappelle quelque chose ? oui sans doute…la photo de votre grand père ou arrière grand père qui trônait au dessus de la commode des parents lorsque vous étiez gamin. Sur qu’ils sont désuets ces vieux portraits figés, ringards parfois..mais ils ont le mérite d’exister, d’exister encore, d’avoir traversé les générations.
C’est aussi ça le rôle de la photo, servir de support à la mémoire. Et sur ce plan il risque fort d’y avoir comme un trou. Le numérique est plein de qualités, mais le numérique c’est aussi l’image de la génération fast food, vite vu, vite photographié, vite oublié.
Question : qu’allons nous laisser aux générations qui vont nous suivre ?. Si vous ne nous dépêchons pas de nous grouiller d’apprendre à faire des sauvegardes correctes il y a fort à parier que la réponse soit : rien.
Même les sauvegardes en elles-mêmes ne sont pas des garanties absolues.
On parle à date régulière de la durée de vie d’un CD.. Intéressant, très intéressant.. mais que savons nous du temps qui reste à vivre aux lecteurs de CD ? Ils sont immortels ? pas sur, pas sur du tout.

On aurait facilement pu dire la même chose des Syquest 44 qui ont fait les beaux jours des débuts de la PAO et qui étaient un standard de fait. Essayez de trouver un lecteur Syquest aujourd’hui…