Réflexion sur la disparition de la photo de presse

Dans la série « je me cherche et je ne suis pas près de me trouver » , je lisais ce matin sur le site de Libé l’article consacré au départ d’Antoine de Gaudemar.
La photo est signée DR [1]… surprenant (ou plus exactement, désolant)
Au chapitre des points positifs, le papier est signé « avec MonaBanq » [2] mais pas « avec AFP » c’est déjà ça…

[1] pour apprécier (au sens littéral ) cette signature, il faut se souvenir que Libé et plus exactement le service photo de Libé a été le creuset de toute une génération de photographes devenus, souvent à juste titre, de grands noms dans le (certes petit) milieu de la photo de presse.

[2] Mise à jour le 5 janvier 2007 : la mention « avec MonaBanq » a disparu. Si Libé peut désormais écrire des papiers sur ses soubresauts internes sans les faire sponsoriser par un annonceur, c’est qu’il y a encore quelque espoir. En revanche ils n’ont toujours pas retrouvé le nom du photographe semble t-il.

Réflexions sur la « crise de la presse »

Au cours d’une discussion dans une liste de discussion regroupant des journalistes, alors que nous débattions sur la « crise de la presse » (sous-entendu « de la presse écrite »), j’ai reçu la remarque suivante :

Ce qui se dit, c’est que la pub est de plus en plus difficile à attirer sur le papier, et que bon nombre d’annonceurs privilégient Internet.

C’est très juste et ça touche tout le monde.

Ceci étant les groupes de presse ou plus exactement leurs départements marketing/Commercial/prospective, etc sont en partie responsables de ce phénomène (j’ai bien dit « en partie »)

À propos d’internet
L’annonceur veut de l’internet en ce moment (le même annonceur qui ne voulait pas entendre parler d’Internet il n’y a pas si longtemps).
Les groupes de presse semblent considérer comme un postulat qui va de soit, le fait que le lecteur veuille lui aussi de l’internet, ce que rien ne démontre, je dirais même plutôt que tout démontre le contraire.

Cela fait très chic dans les groupes de presse de se rêver sur internet, tout particulièrement dans la presse magazine et a fortiori si elle est à centre d’intérêt de type passion.. oubliant au passage que le lecteur de la presse papier est en général pas quelqu’un de tout jeune.
Dans la presse magazine loisir c’en est caricatural, mis à part quelques domaines bien spécifiques comme la musique, la moto (et encore) etc.. le lecteur type est un papy de la Motte Beuvron bien plus souvent qu’un jeune urbain branché ubersexuel (certes plus vendeur à un annonceur).

Raisonner comme s’il y avait UN public unique (et de préférence d’une typologie proche de celle des journalistes) me paraît être une erreur funeste.

Il suffit de voir le succès des gratuits. J’engage les dirigeants de groupe de presse à prendre le métro parisien de temps à autre, ça ne m’arrive pas souvent, mais lorsque c’est le cas à chaque fois c’est le choc. Il est faux de dire que les gens ne lisent pas de journaux ou de magazines, en revanche, trouver un lecteur de journal payant dans une rame de métro est une gageure.

Il est symptomatique (caricatural ?) que Edwy Pleynel puisse débouler à Libé pour faire un discours qui parle d’internet sans le moindre petit début de chiffre, et sans que ça fasse hurler au scandale.

Etc., etc.. je crois qu’on en est au tout début de la relation entre Internet et presse et je ne serais pas outre mesure surpris qu’on finisse par s’apercevoir qu’il n’y a pas de relation entre internet presse.

Il y a deux choses qu’on découvrira forcément un jour et hélas dans la douleur.

– La première est que contrairement à ce que quelques allumés californiens ont pu prêcher au plus fort de la bulle v1.0, sur internet le content est tout sauf king (voir plus bas).

– La seconde est que si internet présente de nombreux avantages (en tant que version moderne de la borne à services qu’était le Minitel il est royal) il détruit énormément de valeur et n’en crée aucune en retour.

C’est ce que les journaux sont en train de vivre, mais c’est également ce que les annonceurs vivront dans quelque temps. Lorsque leurs produits auront été résumés à une ligne dans un comparateur de prix, ils auront peut-être une pensée émue pour le « support quand même diablement plus valorisant » que pouvait constituer un journal.

« Contenu » et journalisme

J’ai écrit plus haut que « content est tout sauf king ».

Le terme « Content is King » a été un des mantras de la rigolote époque de la bulle internet, ce n’est pas un concept récent, Bill Gates (grand journaliste devant l’éternel) en parle dans un texte de 1996 (putain 10 ans !).

Pour utiliser une métaphore, les relations entre web et journalisme ressemblent énormément à celles qu’il peut y avoir entre grande distribution alimentaire et épicerie fine, c’est-à-dire aucune.

La grande distribution gère des flux. Ses impératifs sont simples (à énoncer, pas à mettre en place et à maintenir) :
– amener des flux de population importants à se rendre dans ses enseignes, ce qui suppose des emplacements dont la sélection est cruciale et une forte promotion
– Inciter ces flux à acheter le plus possible, ce qui suppose une organisation des rayonnages d’une sophistication inouïe et une gestion des prix extrêmement complexe
– générer chez le client la sensation qu’il a fait une bonne affaire, ce qui implique une relation extrêmement complexe avec la notion de qualité. La qualité pour la grande distribution n’est pas une valeur en soi, mais un moyen de maintenir la confiance et de réduire à son minimum la différence perçue entre les marques qu’elle vend et les marques des boutiques spécialisées haut de gamme (c’est la raison pour laquelle les produits de marque de distributeurs sont parfois d’une qualité et surtout d’un rapport qualité/prix étonnant)

L’épicerie fine elle a pour objet de vendre cher à une clientèle ciblée. Il lui est difficile de générer des flux importants donc elle doit optimiser la sensation de valorisation et de niveau qualitatif pour qu’en gros le « vendre plus cher » compense le « vendre moins »

Les relations entre les deux ?
La grande distribution utilise parfois l’image valorisante de l’épicerie fine. On peut voir des rayons de marques très haut de gamme dans un Carrefour et les grandes surfaces ne sont pas, loin de là les vendeuses des plus mauvais vins.
Mais ce recours à l’épicerie fine fait partie des actions de promotion et de réduction de l’écart ressenti entre la qualité de l’enseigne et celle des marques haut de gamme.

L’épicerie fine recourt parfois à des promos (il faut bien vivre)

Mais les deux ont des existences totalement distinctes et des publics globalement distincts (même si certains Monoprix de par leurs emplacements peuvent avoir des clientèles assez haut de gamme).

Le web et le journalisme c’est pareil. J’entends par « le web » la partie du web qui gagne des sous. Pour lui le « contenu » est un matériau assez générique, du logiciel à télécharger c’est du contenu, des annonces produits c’est du contenu, etc….

Le web qui marche gère des flux importants, doit générer une sensation de service utile, dans ce contexte la qualité des écrits qu’il publie est une valeur très relative (il suffit de voir la liste des 20 plus gros sites hexagonaux pour avoir une idée de ce que je veux dire).

La notion de qualité est donc très différente. Dans le premier cas c’est un outil marketing parmi d’autres et le concept de la « qualité perçue » est largement plus important que celui de la qualité intrinsèque. Dans le second, la qualité du produit est sa seule justification, ce qui implique par exemple des coûts de personnels nettement plus importants (alors que le « contenu » peut s’obtenir à pas cher).

Je n’ai pas toujours pensé ce qui précède, j’ai même longtemps pensé l’inverse, mais aujourd’hui après avoir côtoyé des deux bords j’en suis convaincu.
Qu’internet soit une flèche incontournable dans le carquois d’un journal n’est pas douteux. Que le journalisme ou plus exactement la publication de journaux doivent se réinventer, n’est pas douteux, que l’équation « journalisme=écrire pour du papier » soit complètement caduque n’est pas douteux, mais confondre le web qui gagne des sous avec le journalisme est à mon avis une erreur funeste (en ce sens, le discours d’Edwy Pleynel aux gens de Libé est une aimable plaisanterie).

Ce qui est encore plus funeste est la manip qui consiste à mettre sur le dos d’Internet les problèmes actuels de la presse écrite. C’est une manip pas récente, avant si la presse allait mal c’était « à cause » d’internet, aujourd’hui s’il y a une chance qu’elle aille mieux c’est « en passant par internet » les deux raisonnements me paraissent aussi faux l’un que l’autre.

La presse écrite a des problèmes a régler auxquels internet est dans une large mesure étranger, au mieux un révélateur et en tout cas, pas une solution :

Un problème de qualité et de concept : « pourquoi irait-on payer ce que l’on peut avoir gratuitement partout ailleurs plus vite et plus simplement ?». Version moins gentille « est-ce que faire de la télé par écrit est vraiment ce qu’on attend d’un bon journal ? » ou encore « est-ce que ça vaut le coup de payer un quotidien pour qu’il me parle de l’actualité politique française « avec AFP » ? »

– Au-delà de ça un problème de modèle économique : à une époque ou « gratuit » est juste un niveau de prix comme un autre (du point de vue du consommateur) et ou un journal est « gratuit », le modèle qui veut que la moitié des recettes viennent des ventes est-il toujours pertinent (c’est une vraie question) et si oui comment justifier ce surcoût vis-à-vis du lecteur ?

Internet n’existerait pas, les utilisateurs du métro parisien, liraient quand même 20 Minutes.
20 Minutes n’existerait pas, rien ne prouve que Libération se porterait infiniment mieux.

Réflexions à propos des médias et de la « diversité »

Le terme de « diversité » est extrêmement tendance en ce moment, tout particulièrement dans les médias (que ce soit pour se féliciter de s’y être adonné ou au contraire regretter que cela ne soit pas le cas). Au premier abord, on pourrait à bon compte sourire devant ce qui fleure bon l’hypocrisie.

Je ne suis pas tout à fait d’accord avec ce point de vue, il ne s’agit pas d’hypocrisie, mais de précision syntaxique.

Si l’on considère que dans le sabir médiatico-politique, en ce moment « diversité » ne concerne ni les paysans du Luberon, ni les pécheurs bretons, ni les profs corses, ni les Américains qui pullulent dans les rues adjacentes des Champs Élysée ou les Japonais qui font de même autour d’Opéra, pas plus ma femme qui est allemande, ou encore les campeurs qui parsèment la nuit les rues de Paris.
Diversité est le nouveau terme pour dire « noir et/ou arabe a qui il faut urgemment confier un boulot faute de quoi il va encore et encore foutre le feu à ma bagnole ».

Le « divers » est le tirailleur sénégalais des temps modernes. Tout le monde trouverait parfaitement ridicule de confier le traitement des conférences de presse de Madame Merkel uniquement à un allemand ou qu’un canard embauche un neveu de l’Oncle Sam parce qu’on parle de cet hilarant George dans les colonnes internationales, en revanche, pour parler des banlieues , il est quand même plus socialement correct par les temps qui courent que le teneur de micro frisotte.

Dans ce contexte, « divers-cités » me paraît un terme extrêmement pertinent.

Ceci étant, en arrière-plan il y a une réalité qui n’est guère contestable, ce qui l’est plus c’est cette manie de renommer ce qu’on a du mal à regarder en face.
Rappelons que le noir est un type hirsute, supposément odorant et qui de toute façon n’est ici que pour nous piquer notre sécu, tandis que le corps d’ébène du black illumine nos soirées tendance et s’il n’y avait l’attraction qu’il exerce sur nos femmes, ce serait presque un type fréquentable. L’arabe à des dents jaunes, des vêtements ridicules et un mode de vie qui fait lever les yeux au ciel (lorsqu’il ne pique pas des autoradios) tandis que la gironde beurette agrémente plaisamment les rues commerçantes de nos centres-villes. Le pédé est un type répugnant, contrairement au gay qui a un goût aussi exquis que son pouvoir d’achat est intéressant, tout comme le vieux pénible (avec un vieux dans l’entourage, finies les vacances peinardes) qui n’a guère d’intérêt qu’une fois recyclé en senior, etc etc etc… l’énumération serait longue

La vie vue au travers du langage moderne (véhiculé pour bonne part par les médias, mais pas seulement, les politiques y participent également) ressemble un peu aux Sims, ou disons à une variante des Sims, dans un cas on parle de réalité virtuelle, dans l’autre de virtualité réelle.

Dans ce cadre, somme toute, la « divers-cités » n’est que l’antépénultième rejeton de cette habitude bien ancrée et qui reconnaissons-le a déjà moult fois prouvé son efficacité. Si au lieu de parler de quelque chose qui pose problème ou qui dérange, on disserte sur son avatar médiatique, les choses sont nettement plus simples et moins engageantes.

Cette nouvelle obsession de la « divers cités » à des conséquences assez surprenantes, que je trouverais même franchement drôles si je n’étais pas indirectement concerné (mon père était martiniquais) comme l’amusante (ou ridicule, au choix) « affaire Harry Roselmack » à l’occasion du transfert d’Harry Roselmack chez TF1. « Mon Dieu » ce sont esclaffés tous les médias, « un noir au 20 heures ! ».. oubliant au passage qu’Harry bosse depuis des lustres dans des radios ou des télés et surtout qu’il est martiniquais.
Petit rappel historique, les martiniquais sont français depuis…. 1635 (oui oui…) soit par exemple, depuis plus longtemps… au pif.. que les Savoyards. Pour ceux qui sont fâchés avec les chiffres, ça remonte donc à Louis XIV. Il est étonnant qu’aujourd’hui, soit presque 400 ans plus tard, on découvre subitement qu’au royaume de France il y a aussi des noirs et qu’un français puisse être basané.

La remarque ci-dessus m’a valu un petit coup de fil de Catherine Nivez d’Europe 1

La photo numérique, comment ça marche ?

La photo numérique c’est le jargon de la photo + le jargon de l’informatique, au final un galimatias ou même un latiniste pointu y perdrait son…

Je discutais hier après midi avec un ami qui édite un weblog sur le Macintosh, lequel weblog je vous recommande chaudement (c’est à http://kernelpanic.typepad.com) et qui me fait une remarque pas bête « la photo numérique c’est sympa mais franchement on n’y comprend rien, tiens regarde c’lui là que je voudrais acheter à ma femme pour Noël il est marqué qu’il est pas très bon à 400 ISO, qu’est-ce ça veut dire ces ISO ? et ces ouvertures ? on y comprend rien ! ».

La remarque n’est pas bête et je me suis dit que j’allais faire une petite note là-dessus. En pratique la technique photo est quelque chose d’ultra-simple (celui qui vous dit le contraire est un gros menteur), le problème c’est qu’elle est parsemée de termes invraisemblables, de concepts à deux balles mais décrits par des termes ultra technoïdes et autres gaudrioles.

Le principe de base

En pratique la photo (qu’elle soit numérique ou pas) ça peut se résumer au remplissage d’un verre d’eau à l’aide d’un robinet.
Pour remplir un verre d’eau, trois paramètres sont importants, la taille du verre d’eau, l’ouverture du robinet et le temps pendant lequel on le laisse sous le robinet.

Ben la photo c’est pareil, voilà c’est fini, merci, bonsoir…

Hein ? ah.. bon alors je précise.
Pour le remplissage de notre verre d’eau, les trois paramètres sont complètement liés. Plus le verre est grand plus il faudra le laisser longtemps et/ou avec un robinet grand ouvert, et vice versa.
De même si à taille de verre d’eau égale, on veut ouvrir moins le robinet il faudra laisser le verre dessous plus longtemps et vice – versa.

L’ouverture du robinet c’est le diaphragme.
Le temps pendant lequel on laisse le verre sous le robinet c’est le temps de pose
La taille du verre c’est la sensibilité (les fameux ISO)

Donc pour passer à la photo, on a d’un côté une surface sensible (le verre) qui est remplie non pas d’eau mais de lumière, par un éclairage qui passe à travers un objectif lequel est équipé d’un système de robinet à lumière dont la taille du trou est variable (c’est le diaphragme) et d’un autre dispositif qui permet de définir le temps pendant lequel la lumière arrive sur la surface sensible (c’est l’obturateur).

J’ai écrit « surface sensible » parce qu’il s’agisse d’un film ou d’un capteur c’est exactement la même chose.

Le principe est donc simplissime .. mais gardez en mémoire que c’est un principe théorique (je reviendrais là-dessus).

Là ou ça se gâte c’est que ce trio d’enfer (taille du trou de passage de la lumière : diaphragme, bouchon à délai d’ouverture réglable : obturateur, et contenance du support : sensibilité) doit fonctionner ensemble, or tout ce petit monde se désigne par des valeurs différentes (le diaphragme/trou réglable est un cercle, souvenez-vous de vos cours d’arithmétique du primaire) tandis que le bouchon à délai d’ouverture réglable lui se chiffre en seconde (ou en fraction de seconde).

Or il faut que si l’on multiplie le temps par 2 on divise le diamètre du trou par deux aussi (on laisse le verre deux fois plus longtemps sous la flotte il faut donc qu’il y ait deux fois plus moins (j’suis con moi parfois..merci Frédéric) de flotte qui coule pour arriver au même remplissage).

Donc pour pouvoir suivre une progression géométrique on multiplie la valeur du trou du diaphragme par racine carrée de deux (ça c’est la faute à π).
C’est pour ça qu’alors que les valeurs de temps de pose sont classiquement arithmétiques (1 seconde est deux fois plus long que ½ seconde qui est deux fois plus long que ¼ de seconde, qui est deux fois plus long que 1/8 de seconde ect…) les valeurs de diaphragme sont bizarres au premier abord : 1 est deux fois plus ouvert que 1,4 qui est deux fois plus ouvert que 2 qui est deux fois plus ouvert que 2,8, qui est deux fois plus ouvert que 4 etc.
Les valeurs de sensibilité elles, suivent une progression arithmétique normale 100 ISO est deux fois moins sensible que 200 ISO qui est deux fois moins sensible que 400 ISO etc

Une fois que vous avez compris ça, vous avez compris 95 % de la photo.

Le numérique triche à mort

En photo argentique (avec des films) la notion de sensibilité est un truc très concret. On achète un film de 100 ou de 400 ISO ce sont deux films différents.
De la même façon l’obturateur et le diaphragme sont des dispositifs mécaniques, visibles. Il y a une petite exception avec les compacts argentiques bas de gamme. Pour gagner en coût les fabricants utilisaient un même système cumulant les fonctions de diaphragme et d’obturateur, c’est-à-dire que le trou s’ouvrait d’une valeur donnée ET pendant un laps de temps déterminé, mais bon c’est juste de la magouille pour réduire les coûts, ça ne change rien au principe.

Avec le numérique les choses sont différentes parce qu’on ne change pas le capteur comme on changeait de film.

En pratique, les capteurs ont une seule sensibilité (elle tourne autour de 100/200 ISO), le changement de sensibilité consiste en fait à amplifier le signal électrique produit par le capteur. En pratique donc, sur un appareil dont la sensibilité est de 100 ISO si on affiche 400ISO, le capteur va recevoir 4 fois moins de lumière qu’il ne devrait (le verre ne va pas être assez rempli) et donc produire un signal bien plus faible, lequel signal est ensuite amplifié. Lorsqu’on amplifie un signal électrique il se détériore (les audiophiles connaissent bien ça) et en photo cette détérioration se traduit par des pixels aléatoires qui donnent un vilain aspect granuleux à l’image.

Pour l’obturateur on triche aussi. Les reflex ont un obturateur, mais pas les compacts. En fait sur les compacts c’est le capteur qui sert lui-même d’obturateur. Lorsque l’appareil est en route, le capteur produit une image en permanence (je résume) et elle n’est enregistrée que pendant un laps de temps donné qui correspond à celui pendant lequel l’obturateur serait resté ouvert.
Quelque part (bon , du calme les puristes) un compact c’est comme un camescope , mais qui au lieu d’enregistrer l’image en continu, ne l’enregistre que sur demande.

C’est d’ailleurs ce qui explique que les compacts peuvent avoir un affichage permanent sur leur écran, mais pas les reflex. Le capteur des reflex est caché par leur obturateur et ne voit rien en dehors du moment ou on prend la photo.

Pour s’y retrouver dans les chiffres

Donc pour revenir à la remarque du PDG de Kernel Panic International :

  • Le nombre d’ISO ça désigne la sensibilité du capteur, plus exactement, la sensibilité la plus basse désigne sa vraie sensibilité, les autres valeurs sont simulées électroniquement (avec quelques inconvénients).
  • Le chiffre qui désigne le temps de pose (seconde ou fraction de seconde) est le temps pendant lequel l’image va être enregistrée (sur les compacts) ou celui pendant lequel le capteur reçoit la lumière (sur les reflex)
  • Le chiffre qui désigne l’ouverture est un peu plus compliqué. Pour avoir des valeurs comparables d’une focale à l’autre ce chiffre est en fait un rapport, le rapport de la distance qui sépare le milieu de l’objectif du capteur sur le diamètre du passage du trou. Bon ça c’est abscons et vous n’êtes pas obligés de le retenir. La seule chose importante à savoir c’est que quelque soit l’objectif, à une valeur de diphragme donnée, la quantité de lumière qui arrive sur le capteur est la même.

Mais alors, donc, pourquoi autant de boutons ?

Il y a deux raisons à ça :

  • Ca plait aux filles (c’est comme les grosses voitures)
  • C’est plus pratique

Normalement (c’est ce que font les photographes) pour faire une bonne photo, il faut choisir un ou deux des trois paramètres et sélectionner le troisième qui correspond, en s’aidant d’un dispositif de mesure.

Dans la vraie vie l’acheteur de compact (ou plus largement d’appareil automatique) n’a aucune envie de se casser les pieds avec ça. Donc l’appareil possède un tas de fonctions préréglées qui permettent de s’adapter automatiquement à telle ou telle situation.

Le problème c’est qu’au lieu d’apprendre et de comprendre les principes de base de la photo, principes donc assez simples et logiques, il faut apprendre le maniement de l’appareil..mais ça c’est une autre histoire.

Vieux et agréable souvenir

Reçu ce soir un message en provenance du site. C’est le genre de petits moments qui me rendent ce Carnet de Notes sympa.
Un message de Jean-Jacques, écrivain-coursier, surgit d’un passé dont j’ai une vieille nostalgie….

Bonjour,
Je cherchais avec Google des sites sur le Nikon F801 (mon boîtier argentique depuis 1989,une pièce de musée puisque je viens d’apprendre qu’il n’est plus pris en charge par le SAV Nikon!), et je tombe sur une tête qui me rappelle quelque chose…
J’ai longtemps travaillé comme coursier chez Associated Press, et j’ai dû te croiser là -bas, à l’époque.
J’ai quitté AP depuis 1998, je suis devenu prof d’Histoire-Géo en collège, mais je suis toujours amateur de motos et de photos. Le plus drôle, c’est que j’ai revu des photographes d’AP lors des manifs du printemps 2003 (drôle d’être pour la première fois de l’autre côté de la barrière…)
[…]
Amitiés,
Jean-Jacques Nguyen

Jean-Jacques écrit des nouvelles, parues dans des anthologies (Fleuve Noir, Denoël, Livre de Poche…). L’une d’elle a été adaptée au cinéma, un court-métrage qui a remporté un prix… celui du Festival du film gay et lesbien de Miami!!! (authentique).
Quelque part dans une bâtisse de l’Educ’Nat il y a des mômes qui ont un prof qui est un type pas ordinaire.

Pas glop : Dieuzaide se fait la malle

Ça devient une (sale) habitude.
La semaine dernière Johnny Cash décide d’aller jouer pour de bon du country chez Lucifer et là c’est Jean Dieuzaide, un grand bonhomme de la photo qui vient de changer d’angle de vue.
Au fond la mort c’est vraiment nul.

Le numérique contre la mémoire ?

Le buste droit, le coude nonchalamment posé sur une fausse colonne en pseudo-marbre, le torse bondé le front fier, ça vous rappelle quelque chose ? oui sans doute…la photo de votre grand père ou arrière grand père qui trônait au dessus de la commode des parents lorsque vous étiez gamin. Sur qu’ils sont désuets ces vieux portraits figés, ringards parfois..mais ils ont le mérite d’exister, d’exister encore, d’avoir traversé les générations.
C’est aussi ça le rôle de la photo, servir de support à la mémoire. Et sur ce plan il risque fort d’y avoir comme un trou. Le numérique est plein de qualités, mais le numérique c’est aussi l’image de la génération fast food, vite vu, vite photographié, vite oublié.
Question : qu’allons nous laisser aux générations qui vont nous suivre ?. Si vous ne nous dépêchons pas de nous grouiller d’apprendre à faire des sauvegardes correctes il y a fort à parier que la réponse soit : rien.
Même les sauvegardes en elles-mêmes ne sont pas des garanties absolues.
On parle à date régulière de la durée de vie d’un CD.. Intéressant, très intéressant.. mais que savons nous du temps qui reste à vivre aux lecteurs de CD ? Ils sont immortels ? pas sur, pas sur du tout.

On aurait facilement pu dire la même chose des Syquest 44 qui ont fait les beaux jours des débuts de la PAO et qui étaient un standard de fait. Essayez de trouver un lecteur Syquest aujourd’hui…

Le numérique contre la mémoire ?

Le buste droit, le coude nonchalamment posé sur une fausse colonne en pseudo-marbre, le torse bondé le front fier, ça vous rappelle quelque chose ? oui sans doute…la photo de votre grand père ou arrière grand père qui trônait au dessus de la commode des parents lorsque vous étiez gamin. Sur qu’ils sont désuets ces vieux portraits figés, ringards parfois..mais ils ont le mérite d’exister, d’exister encore, d’avoir traversé les générations.
C’est aussi ça le rôle de la photo, servir de support à la mémoire. Et sur ce plan il risque fort d’y avoir comme un trou. Le numérique est plein de qualités, mais le numérique c’est aussi l’image de la génération fast food, vite vu, vite photographié, vite oublié.
Question : qu’allons nous laisser aux générations qui vont nous suivre ?. Si vous ne nous dépêchons pas de nous grouiller d’apprendre à faire des sauvegardes correctes il y a fort à parier que la réponse soit : rien.
Même les sauvegardes en elles-mêmes ne sont pas des garanties absolues.
On parle à date régulière de la durée de vie d’un CD.. Intéressant, très intéressant.. mais que savons nous du temps qui reste à vivre aux lecteurs de CD ? Ils sont immortels ? pas sur, pas sur du tout.

On aurait facilement pu dire la même chose des Syquest 44 qui ont fait les beaux jours des débuts de la PAO et qui étaient un standard de fait. Essayez de trouver un lecteur Syquest aujourd’hui…