Sueur

Acheter Français Saison 1 : d’où viennent les vélos ?

Mise à jour octobre 2013 :
Le site/magazine en ligne professionnel californien Bicyle Retailer publie une carte des marques présentes aux Etats Unis avec la source réelle des composants.
Cette carte est établie sur la base d’infos déclaratives facultatives, elle est donc très loin d’être exhaustive, mais donne une idée de la situation.
Elle est téléchargeable en PDF à cette adresse
En 2006 Kerry Roberts sénateur républicain du Tennessee et précédemment (2002-2003) président de l’association des revendeurs de cycle américains, dont il a fait parti du comité directeur pendant 10 ans, a publié sur un forum un texte qui reprend le même thème appliqué au marché US, les résultats sont ici (avec plus d’infos sur l’historique des marques que ce que j’ai noté).
En 2013, Andrew Priest, un blogueur australien a repris ce texte et essayé de le mettre à jour c’est ici.
Vous pouvez également jeter un oeil à cet article du site The Inner Ring et surtout cet article de Cycling IQ qui décrit extrêmement finement les procédés de sous-traitance.

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La notion d’acheter Français revient à la mode (et après tout pourquoi pas) mais secteur après secteur les articles s’amoncellent pour démontrer que cette louable intention est assez peu réaliste en pratique, tant derrière des marques sentant bon le terroir, se cachent des productions nettement plus exotiques.

Si vous avez envie de vous faire peur vous pouvez par exemple jeter un œil ici

Il n’y a pas que le riz a être Cantonnais

Bon, on va commencer par des choses désagréables (pour les tenants du Made In France) mais qu’on se rassure, dans la saison 2 de cette grande saga nous parlerons de choses plus réjouissantes.
Pour l’instant, dans la Saison 1, on va regarder les choses en face : un vélo est un truc chinois.
En pratique le modèle du vélo est très semblable à celui de l’iPhone : Apple est une boite californienne, qui conçoit des appareils.. construits en Chine chez Foxconn. Le vélo c’est un peu pareil, avec Giant et ses collègues dans le rôle de Foxconn.

Notes importantes :

Ce qui suit a demandé un travail de pistage assez conséquent, il peut y avoir quelques inexactitudes. Cet article est donc destiné à évoluer au fil du temps.

On découvrira dans cet article qu’en gros le vélo est donc quelque chose de totalement chinois (concrètement, il est fait par des groupes industriels taïwanais possédant des usines partout en Asie, Chine, Taiwan, Vietnam, Malaisie etc.. voire dans des ex pays de l’Est à bas coût de main d’oeuvre).
Les nostalgiques de la petite boutique de quartier vont souffrir mais il faut se faire à cette idée.
Ceci étant, il ne faudrait en aucun cas en retenir que asiatique = de mauvaise qualité.
Les industriels asiatiques ont acquis un savoir faire indiscutable et travaillent sur cahier des charges (comme tous les sous-traitants). Si on leur commande des choses très bien ils font des choses très bien.
Il serait hypocrite de professer qu’on fait fabriquer en Asie pour des raisons de qualité, on le fait parce que c’est moins cher, mais cela n’implique pas pour autant une qualité moindre loin de là, les industriels asiatiques ont très largement démontré leur savoir faire (restent les conditions sociales, qui sont une tout autre affaire).
Plus encore, du fait de la sous-traitance massive (le mot est faible) auprès d’industriels asiatiques, aujourd’hui le savoir faire a changé de camp. Si la soudure de l’acier ou de l’aluminium a encore quelques artistes en Europe, pas grand monde serait capable d’en remontrer aux taiwannais pour ce qui est du travail de la fibre de carbone.

Démêlons (un peu) l’écheveau

Pour comprendre comment les choses se passent dans le milieu du vélo il faut distinguer (au moins ) cinq choses : la marque, le groupe industriel/financier auquel elle appartient, le fabricant, l’emplacement des usines du fabricant, l’endroit ou le vélo est assemblé.

Par exemple :

« j’ai un Btwin » ne donne aucune indication si ce n’est sur le lieu d’achat (Decathlon).
En pratique la marque appartient à la galaxie Mulliez (Auchan,Pizza Paï, Norauto…) le vélo a été fabriqué en Chine chez Oyama dans une joyeuse ambiance (ou peut-être en Pologne chez Kross ) et (peut être) assemblé dans le Nord de la France

« J’ai un Specialized » ne donne aucune indication (si ce n’est que la marque du vélo est dure à prononcer). En pratique Specialized (USA) appartient au géant Taiwanais Merida (deuxième constructeur mondial), il est plus que probable que le cadre ait été fabriqué à Taiwan ou en Chine dans une usine du groupe (à priori Specialized utilise également Ideal Corp ) et peut être assemblé aux USA (voire en Europe)

On continue ?

« J’ai un Cannondale » sonne très américain.. mais Cannondale appartient au groupe canadien Dorel (qui fait surtout dans les produits pour enfants, poussettes, sièges bébé etc..) et fabrique à Taiwan ou la fabrication est partie en 2009.

« J’ai un Lapierre » fleure bon le terroir. Hélas, il y a belle lurette que le dijonnais Lapierre  qui appartient au groupe hollandais Accell Group fait fabriquer en Asie ou  en Hongrie à Töszeg  pour les Velib’ ( afp)

Etc, etc…

Il est extrêmement compliqué de s’y retrouver dans le monde du cycle. Le fait qu’une marque ait une usine en France ne signifie pas qu’elle fabrique en France. La plupart (version gentille, une version plus réaliste voudrait que l’on utilise le terme toutes) ne sont que des usines d’assemblage d’éléments venus d’Asie.
Cette situation est très sensible en bas de gamme, or il se fait qu’en France où le coût moyen d’un vélo est de 270 euros, le vélo est surtout un produit de supermarché : 3 031 300 vélos ont été achetés en 2010, 51% en grandes surfaces de sport, 25% en grandes surfaces alimentaire, 11,5% chez les spécialistes sous enseigne, 12,5% chez les spécialistes indépendants.
Il y a quelque espoir que, le vélo se développant, les choses évoluent pour les modèles à plus forte valeur.
Exemple Matra qui pour l’instant assemble dans son usine de Romorantin (qui fabriquait autre fois les Renault Espace) des éléments veus d’Asie pour ses vélos électriques, envisage de relocaliser la fabrication (les coûts de transports et diverses taxes rendent la manip rentable).

Il y a d’un côté les fabricants, de l’autres les groupes industriels et/ou financiers qui possèdent des portefeuilles de marques, et enfin, les marques que nous achetons.

Les industriels

Il existe une myriade de fabricants asiatiques de cadres, les trois principaux sont  Taiwannais

  1. Giant
    C’est le plus gros constructeur mondial, commercialise sous sa propre marque, et naturellement fabrique pour d’autres. Giant possède de nombreuses usines, dont une en Pologne (pour éviter les soucis de taxe à l’importation). Giant sous-traite entre autres pour  Trek, Specialized, Schwinn, Bianchi et Colnago (les Colnago alu sortent de chez Giant, il y a un léger flou pour les modèles carbone).
  2. Merida
    Second constructeur derrière Giant, Merida possède entre autres Specialized
  3. Ideal Bike Corp
    Fermant la marche du trio de tête, Ideal Bike Corp, possède comme Giant des usines un peu partout y compris en Pologne. Ideal Bike Corp possède la marque Fuji (les cadres carbone Fuji sont fabriqués chez le chinois Topkey. )

Au-delà de ce triumvirat il existe une palanquée de constructeurs de plus petite taille, chinois (ou Taiwannais) comme Oyama (qui fabrique pour Decathlon) , Dahon (le roi du vélo pliant qui a ses propres usines en Chine) , on peut également citer Kinesis qui fabrique entre autres pour FeltGTSchwinn (marque américaine historique qui après moult péripéties a attéri dans l’escarcelle de Dorel), RaleighTrekKona etc etc…

Cette sous-traitance asiatique ne concerne pas que l’entrée ou le milieu de gamme, hormis peut-être quelques modèles d’exception (et encore) et quelques productions hexagonales (ça c’est pour la saison 2 de cette saga) ou américaines (Trek aurait encore une unité dans le Winsconsin) tous les cadres « carbone » viennent de Taiwan.
Les cadres Kuota (italie),  et les ténors du vélo de triathlon comme KestrelQuinta Roo (USA) et sans doute d’autres sortent de chez Martec, les Cervelo (Canada) et Scott (USA) sortent de chez Ten Tech, Pinarello et DeRosa (Italie) sortent de chez CarbonTech, les Orbea (Espagne) de chez ADK, côté français, même provenance taiwannaise pour les cadres carbone (et alu) de  Gitane, Lapierre etc etc..
Mise à jour octobre 2013 : un certain nombre de cadres acier/titane « artisanaux » proviendraient du taiwannais Rikulau.

Pour compliquer la traçabilité, il y a en gros 4 matériaux utilisés pour les cadres de vélo : l’acier, l’aluminium, le titane et les matériaux composites (usuellement appelés « carbone ») qui font appel à des savoir faire très différents. En fonction du matériau le sous-traitant peut changer, certains sont spécialisés dans le carbone, d’autres font des cadres alu ou acier d’autres encore (c’est le cas de Giant) maîtrisent toutes les techniques.
Conséquence, à l’intérieur d’une même marque les provenances peuvent être très différentes (en général on trouve de l’acier en entrée de gamme, de l’alu en milieu de gamme et du carbone en haut de gamme).

Le président de l’UCI (Union Cycliste Internationale l’organisme qui régit le cyclisme professionnel) a fait une petite crise l’année dernière à propos de la prolifération des cadres en carbone chinois, arguant qu’ils étaient vendus 10 fois leur prix de revient une fois arrivés en boutique. Ces chiffres sont reconnus comme excessifs, mais la sous-traitance massive a des effets pervers, par exemple Pinarello passe une partie de son temps à courir après les copies chinoises bas de gamme de ses cadres.

Les groupes industriels/financiers

Dire que le milieu du cycle est simple serait un brin exagéré. Pour les principaux acteurs cela donne ce qui suit

ADVANCED SPORTS INTERNATIONAL (USA)
Ideal Bike Corps est actionnaire à hauteur de 20%
Vélos divers, jolie gamme de pignon fixe pas chers Vélos de triathlon ex constructeur de BMX recyclé dans le pignon fixe branché un peu de tout surtout d’assez jolis vélos de ville, pas distribués en France, on peut en croiser en Allemagne composants haut de gamme pour vélos de route
marque qui a l’originalité de s’adresser aux femmes, avec des vélos à la géométrie adaptée, des lignes de vêtements etc.. pas distribué chez nous à ma connaissance

 

ACCELL GROUP (Hollande)
Accell est actionnaire de Derby Cycle (plus gros distributeur allemand)
Cycles France Loire
un des historiques du vélo hollandais distribué en France par Holland Bikes. A priori fabrique en Hollande anciennement Cycles Mercier, cette entité assemble les vélos pour Lapierre notamment les Vélib construit en Hongrie Vélos de tourisme haut de gamme Marque Dijonnaise historique (mais qui ne fabrique plus en France) produit notamment les vélos en libre service Decaux (Vélib’ etc..) Vélos de ville haut de gamme surtout diffusés en Allemagne
Marque généraliste diffusée surtout en Allemagne Marque de VTT un brin haut de gamme Vélo de ville hollandais, classiques ou électriques BMX, pignon fixe.. Vélos de ville et électriques distribués en Allemagne
et aussi
Constructeur généraliste opérant sur le marché Allemand divers distributeurs d’accessoires

 

DERBY CYCLES AG (Allemagne)
Spécialiste allemand du vélo électrique Constructeur allemand généraliste (fabrication chinoise) Marque née en 70 construction au départ italienne, puis japonaise et enfin taiwannaise. Très ancienne marque anglaise (120 ans) passée sous drapeau allemand, fabrication asiatique Très ancienne marque allemande (1922) construit aujourd’hui des vélos électriques

 

DOREL (Canada)
Constructeur américain (les usines sont désormais à Taiwan) prestigieux. Constructeur américain plutôt spécialisé dans le VTT et le BMX. Marque américaine historique qui n’est plus aujourd’hui qu’une marque de distribution (excellent historique) VTT, BMX, vélos urbains Excellent fabricant de textiles de vélo
Marque de distribution qui gère les marques grand public de Dorel (Schwinn, Mongoose etc..)

 

CYCLEUROPE (Suède)
Filiale du Groupe Suédois Grimaldi Industri AB
SPECTRA
MICMO
Plus ancienne marque de vélo encore en activité fondée en Italie en 1885 Marque Française historique. Aujourd’hui les cadres viennent de Chine. Gitane produit à Machecoul pour les quasi totalité de la grande distribution. Gitane fourni els vélos des facteurs. Marque allemande qui a à peu près tout fabriqué (motos, camions et donc vélos) Accessoires Un des noms historiques de Gitane. Gère aujourd’hui des marques de distribution
Marque Suédoise historique (a tout fabriqué notamment des motos d’enduro assez fameuses dans les années 60/70) aujourd’hui diffuse des vélos électriques Marque généraliste danoise Marque opérant en Suèdes Marque danoise généraliste Marque généraliste norvégienne
Et aussi
et aussi
Réseau de magasins Vélo&Oxygen cycles Peugeot

 

Yo.. m’en fous j’fais du fixie

C’est à ce moment là que tu hausses les épaules, tu es jeune, plein de santé, hyper branché, tu as le jarret ferme, la mèche savamment négligée et des lunettes à la mode.
Ces histoires de distribution de cycle te laissent de marbre, toi tu roule en fixie, c’est bien plus cool, sur des cadres en acier parce que tu l’as lu dans un magazine anglo-saxon à la mode « steel is real« .
Les marques qui peuplent ton imaginaire s’appellent plutôt Surly, Salsa, All City etc… et bien toutes appartiennent au même groupe de distribution américain QPB basé dans le Minnesota, et devine d’où viennent les cadres ? bravo c’est ça : Taïwan.
Ton fixie est un Fuji (qui a de très jolis modèles ) ? Fuji appartient au groupe Taiwannais Ideal Bike Corp.

Note : inutile d’aiguiser les couteaux ou de planter des aiguilles dans une statuette à mon effigie, je n’ai rien contre ces cadres, je vais travailler sur un Surly Steamroller….

Du côté des transmissions…

Du côté des transmissions c’est assez simple, il y a trois gros constructeurs. L’historique, italien Campagnolo, le dynamique et omniprésent japonais Shimano et l’Américain (mais qui fabrique en Asie) SRAM.
Campagnolo fait un peu figure d’ovni dans ce milieu ou l’outsourcing en Asie est la règle. La firme construit en Italie et possède une usine en dehors de la Péninsule, en Roumanie. Pour ceux que l’histoire de cet italien historique qui joue les villages gaulois intéresse, un excellent historique récent de la firme est à lire ici.
SRAM est arrivé assez vite parce que à grand coups de fusions acquisitions, l’entreprise a absorbé les français historiques (Huret notamment) ce qui lui a permis d’acquérir très vite un savoir faire de haut niveau). SRAM possède , Truvativ (transmission), Avid (freins), RockShocx (fourches de VTT) et les roues ZIPP.
A côté du trio de tête, il y a d’autres équipementiers comme FSA (Full Speed Ahead).. qui en dépit d’une origine vaguement italienne est une succursale du groupe industriel Taiwannais Tien Hsin Industries.

Et les pneus ?

_9880655Le nouveau pays du pneu de vélo est.. non pas l’Auvergne (ah.. Clermont-Ferrand..), mais l’Asie (souvent la Thailande ou le Vietnam, ou encore l’Indonesie pour les Marathon et autres Durano Plus « allemands »), les gens de Continental en ont quelques cuisants souvenirs…

Bref en résumé, comme on le voit l’affirmation initiale : le vélo est un truc chinois n’est pas tout à fait fausse….

A suivre (avec du cocorico à l’intérieur du dedans) …..


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20 thoughts on “Acheter Français Saison 1 : d’où viennent les vélos ?

  1. Article bien informé sur un sujet qui n’est en effet pas simple à débrouiller…
    Personnellement, mon Brompton est fabriqué en Angleterre (cadre notamment) avec des composants qui viennent des 4 coins du monde (moyeu Sturmey-Archer fabriqué à Taïwan, pédalier Stronglight fabriqué en France, pneus Schwalbe en Allemagne, etc…). Reste que le vélo est essentiellement Anglais (société, conception, fabrication d’une bonne partie des éléments, assemblage…) ce qui montre bien que le modèle est viable (30 000 exemplaires/ans et profits de plus d’1,5 million de £) mais hors grande distribution (et sans doute cette dernière a-t-elle une responsabilité importante dans les délocalisations…).
    Au final, si on compare la qualité entre un Dahon chinois et un Brompton, ce dernier l’emporte tout de même assez clairement…

  2. Thomas says:

    Bonjour,

    L’initiative d’un tel post est à encourager, et j’apprécie les propos tenus au début de l’article ouvrant à toute information supplémentaire. J’y vais donc des miennes :
    – Toutes les marques du groupe Derby Cycle sont principalement assemblées en Allemagne, sur leur site de Cloppenburg. A l’exception des vélos ayant un PPC inférieur à 400 €. Des vélos sous 400€ dans chaque marque allemande, il y en a peu.
    Il est difficile de catégoriser ces dites marques allemandes en tant que généralistes. Je pense au rapport Focus/Kalkhoff par exemple. Sous l’entité Derby Cycle, sont produits les Kalkhoff : une large gamme de vélos non sportifs. Les focus sont à dominante sportive. C’est à dire que là où un généraliste Français ou Taiwanais fait un catalogue de 90 vélos avec 60 vélos de sport et 30 vélos de ville et de ballade, les Allemands (pas seulement Derby Cycle, mais également Ghost, Winora/Haibaike/Staiger) ont globalement deux marques avec 100 vélos chacun, mais présentant tous des spécificités importantes à chaque pratique.

    A propos de Cycleurope : c’est le site de Romilly sur Seine qui s’occupe de la fabrication des Peugeots, Gitane et des modèles entrée/moyenne gamme Bianchi. Le site de Machecoul produit Mercier, Micmo, etc… des vélos qui seront ensuite revendus en GSA. Forcément, au prix de vente de ces vélos, ils viennent de plus en plus de Chine.

    Attention également à bien différencier les sites de production Chinois et Taiwanais.
    La Chine s’occupe de l’entrée de gamme et des vélos pour GSA + Decathlon. Taiwan par contre produit à un niveau de qualité bien supérieur. D’un point de vue machinerie, équipements de fabrication, et savoir faire en production de masse, nous n’avons plus rien à leur apprendre, au contraire. A l’heure actuelle, pour un revendeur consciencieux, seul le bilan carbone d’un vélo importé de Taiwan peut importer dans son choix face à une marque d’assemblage européen. La qualité sera la même.

    Au sujet de la fabrication Européenne.
    Des grands groupes comme Accel, Derby, Cycleurope font de l’assemblage effectivement. Cela se traduit dans les faits, sur les sites de production par :
    – La réception des cadres bruts en carton
    – Leur passage au marbre
    – Traitement et peinture + vernissage des cadres
    – Montage des pièces et réglage.

    Lorsque vous recevez un vélo venant d’Asie, il est assemblé à 50%. Du fait du transport en conteneur, son volume doit être réduit.. Lorsqu’il vient d’une production européenne, le vélo est déjà sur ses roues et réglé, vous n’avez qu’à tourner le guidon et mettre les pédales. Dans la finition, les Européens restent à leur avantage.

    Retenons donc que hormis chez les artisans et les modèles très haut de gamme de certains généralistes (Trek par exemple : les Madone série 6 sont fait aux USA, peinture et assemblage à la demande faits en Allemagne). Trek étant un des précurseurs du carbone en vélo, et détenant à l’heure actuelle de nombreux brevets pour ses très haut de gamme.
    Le reste des cadres est donc de production chinoise. Si la marque fait son propre contrôle des cadres en Europe : tout est bon, car environ 10% d’entre eux partent à la poubelle après constatation sur le marbre. Preuve que le contrôle qualité fait en grande partie, la qualité et la longévité du vélo.

    Thomas

  3. samy.guyet says:

    Le critère “fabrication française” est important. Le critère “environnemental” aussi!
    Dans le cadre des travaux sur l’affichage environnemental (plate forme ADEME/AFNOR), une étude est lancée afin de développer un référentiel sectoriel pour l’affichage environnemental des vélos. Le comité de pilotage constitué de l’ADEME, le CNPC, la FPS, Décathlon, Cycleurope et Matra encadrera ces travaux qui débutent mi novembre (2011).
    Source : L’echo-produits n°6 http://www2.ademe.fr/servlet/KBaseShow?catid=12621
    En savoir plus sur l’affichage environnemental : http://www.developpement-durable.gouv.fr/-Consommation-durable,4303-.html

  4. Et oui, c’est triste mais c’est comme ça… Le pire c’est que comparativement à l’évolution du pouvoir d’achat, les vélos actuels de haute gamme reviennent aussi cher que certains des années 70 brassés à la main (en France!), mais les fabricants (donc les actionnaires) s’en mettent bien plus dans les poches :-(

    Ben moi ces chinoiseries cyclistes me passent au dessus, je ne roule que sur « des vieux clous » à la gloire passée

    • Bonjour Jean -Luc

      L’analyse n’est pas fausse, cela dit il reste quelques petites entreprises hexagonales (Cyfac, Time..) et plein de cadreurs.
      je devais faire une seconde partie justement sur ce thème.. et puis je n’ai pas eu le temps.
      J’ai un cadre Cyfac, c’est un peu plus cher qu’une cadre chinois, mais ça ne bouge pas, ça roule nickel, et en cas de souci, un petit mail à la boite et ils répondent etc etc.

      • oui il y a encore des « cadreurs » en France et des vélocistes capables de tout monter à la carte avec n’importe quel cadre. Nous avons même des artisans monteurs de roues.

  5. Pingback: Mein Haus, mein Boot,… mein Rad ! | Rapieta

  6. l'andré says:

    En 2013, on attend toujours l’article sur la Saison 2 ??
    De bonne facture tout comme celui ci. :)
    Merci pour les commentaires intéressants.

  7. Pingback: Specialized se prend un pavé dans les dents sur fond de sauce taiwanaise pour une sombre histoire de chti | Luc Saint-Elie

  8. DUPUIS Jean-Pierre says:

    Dans tout cela je vois un oubli la marque TIME vélos de haut de gamme, qui sont fabriqués a VAUX MILIEU dans l’Isère par des passionnés spécialisés dans le travail du carbone de la vrai haute couture, l’usine se visite facilement et tout y est fait du tressage des nappes jusqu’à
    la finition

    • Bonjour,

      C’est tout à fait exact, c’était (à l’époque) prévu pour la saison 2 que je n’ai jamais eu le temps d’écrire. En grand constructeur il y a Time et Cyfac, ensuite il y a un wagon de petits cadreurs plus artisanaux, sans compter quelques européens comme Brompton.

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