Très loin, très près, mais toujours grand ouvert

Le Lumix FZ200, est un bridge surprenant équipé d’un zoom 25-600 (!!) ouvert à f:2,8.. constant, ça permet des choses assez sympa d’autant que la petite bestiole filme plutôt bien.
Un petit bout de vidéo fait à la va-vite sans aucun traitement, j’ai envoyé le fichier .mts brut à Youtube.

Excellent: Dossier Optique du Monde de la Photo

Le Monde de la Photo
Reçu ce matin, le Monde de la Photo Janvier/février 2010 (le datage des magazines est un des grands mystères de la vie) qui comporte un dossier « Tout savoir sur les Optiques » vraiment excellent.
C’est ultra grand public, et pas hyper poussé, mais en revanche ce dossier extrêmement complet, permet de remettre un peu en perspective les concepts technico-marketing que tout le monde (nous inclus) s’envoie à la figure, et de « comprendre de quoi est-ce qu’on cause ». Bref une saine et salutaire lecture.
Si vous ne savez pas quoi faire dans le train qui vous emmène réveillonner chez les grands parents, c’est une médication qui s’impose.
En vente dans toutes les bonnes épiceries

Zoom grand angle 7-14mm f:4 pour le Lumix G1.. il arrive !!!

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Lumix GH1 avec le zoom 7-14mm f:4

Le zoom grand angle 7-14mm ouvert à f:4 annoncé lors du lancement du premier Lumix G, le G1, arrive. Il est minuscule (ça c’est un des intérêts du format micro 4/3), et côté angle ça fait beaucoup. En équivalent 24×36 cela représente un zoom 14-28mm f:4 !!

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Gauche: Lumix GH1 et 7-14mm f:4 Droite Lumix GH1 et 14-140mm
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Bon ok..mais je n'ai pas pu m'empêcher.....

Lumix TZ7 : de 25 à 300mm

lumix_tz7cPendant deux ans, le zoom 28-280mm des Lumix TZ3 puis TZ5 a dominé la catégorie des compacts équipés d’une optique à très forte amplitude.
Le TZ7 vient de repousser d’un cran les limites de ce qu’il est possible de faire dans un appareil grand public de petite taille avec un assez incroyable objectif qui va de 25 à 300mm !!
Pour ceux qui ne se représentent pas très bien ce que représentent des chiffres pareils, voici quelques couples d’images réalisés assez rapidement (devant le bureau) avec un prototype (ces photos n’ont aucun intérêt esthétique et la qualité d’image n’est pas représentative de ce que seront les versions finales, l’objet est d’illustrer ce que représentante une amplitude de 25-300 mm).
Ces paires d’images ont été prises exactement du même endroit (et à la suite l’une de l’autre) en actionnant simplement la molette du zoom.

25 mm

TZ7 : 25mm

300mm

TZ7 : 300mm

25mm

TZ7 : 25mm

300mm

TZ7 : 300mm

25mm
TZ7 : 25mm

300mm

TZ7 : 300mm

Les modes manuels servent-ils à quelque chose sur les compacts ?

Un petit point sur la question des modes manuels sur les compacts classiques. C’est une question qu’on me pose assez souvent, notamment au sujet des TZ .

LX3
L’accès aux réglages manuels se justifie sur le LX3 dont l’objectif ouvre à f:2.0

La version courte est que ces modes manuels ne servent à rien (faute de réglage possible) voire dans la majorité des cas relèvent d’une pure astuce marketing.
Les TZ mettent l’accent sur les fonctions utiles (leur zoom par exemple qui leur confère une polyvalence idéale) et leur système de gestion automatique des réglages qui, comme on va le voir suffit amplement (et surtout fonctionne particulièrement bien).

Je sais, l’affirmation selon laquelle les réglages manuels ne servent à rien sur un compact classique (j’excepte les compacts haut de gamme à grande ouverture comme le LX3) vous a mis d’humeur belliqueuse … ok, rangez les couteaux, respirez amplement, je m’explique….

La diffraction nous pourri les photos

Le premier concept à avoir en tête c’est celui de la diffraction. Vous avez un jardin ? Vos parents en ont un ?  si c’est le cas et que vous vous êtes trouvé volontaire d’office pour l’arrosage alors vous avez déjà expérimenté la diffraction.
Lorsqu’on fait passer un flux par un trou de taille correcte, ce flux n’est pas (trop) affecté, puis lorsque qu’on diminue la taille du trou le flux se disperse.
Les tuyaux d’arrosage ont à leur extrémité un pommeau d’arrosage que l’on peut ouvrir plus ou moins. Lorsqu’il est ouvert, le jet est consistant et plus ou moins dans la continuité du tuyau. Si on le ferme un peu, la puissance du jet va augmenter, jusqu’au moment ou, si on le ferme encore, le jet se disperse dans tous les sens (en fait pas dans tous les sens, le jet forme une sorte de cône qui s’élargit vers l’extérieur).
Pour l’arrosage des cyclamens c’est super, pour faire une bonne photo c’est catastrophique.

Le flux de lumière qui traverse l’objectif subit à peu près le même phénomène.
La lumière passe par un trou de taille réglable (le diaphragme) que l’on peut ouvrir ou fermer (c’est l’objet des réglages manuels).
On peut le fermer jusqu’à un certain point au-delà duquel le même phénomène que celui du jet d’eau se produit avec la lumière, avec comme conséquence une détérioration de la qualité de l’image.
L’effet de la diffraction est lié au diamètre du trou de passage, lequel est lié pour des raisons mécanique à la taille du capteur. Un compact qui a un petit capteur à un objectif de plus petite taille et un diaphragme de plus petite taille.

Ok c’est bien gentil tout ça mais en pratique ?

Hé bien en pratique, la conséquence c’est qu’avec un compact on ne peut pas aller au-delà de f :8 sans risquer de bousiller l’image à cause de la diffraction.

Le diagramme c’est quoi au juste ?

Comment ça avec un compact on ne peut pas aller au-delà de f :8 sans risquer de bousiller l’image à cause de la diffraction ??
Qu’est ce que le diaphragme à à voir avec un tuyau d’arrosage ???

C’est tout simple : Le diaphragme est un trou de taille réglable.

Vous remplacez l’eau par le flux de lumière et le pommeau d’arrosage par un objectif et vous vous retrouvez exactement dans la même situation.

Fait à toute vitesse sur un coin de table, un diaphragme dans la vraie vie ça ressemble à ça :

Pleine ouverture f :2

f:2
50mm f:2 à pleine ouverture

Ouverture moyenne : f :5,6

f:5,6
50mm f:2 ouvert à f:5,6

Fermé au maximum : f :16

f:16
50mm f:2 ouvert à F:16

Pour être honnête, c’est une version idéale de ce à quoi ressemble un diaphragme.
Il s’agit d’un vieil objectif haut de gamme, poli à la peau de vierge, avec un ensemble de très nombreuses lamelles qui forment, quel que soit le diamètre, un cercle quasi parfait etc…
Dans un compact il s’agit souvent d’un système plus frustre, mais le principe reste le même : le diaphragme c’est un trou de diamètre réglable.

Comme un diaphragme c’est un trou de forme ronde (dans l’idéal) les valeurs de diaphragme fonctionnent par racine de 2 (foncez à la cave chercher vos bouquins de géométrie).

Les valeurs standard sont 1 1,4 2 2,8 4 5,6 8 11 16 22

C’est à cause de racine de deux (ça y est vous avez retrouvé les manuels ?), pour doubler la surface d’un cercle on multiplie par racine de 2.

Donc un diaphragme ouvert à f:1,4 laisse passer deux fois moins de lumière qu’un diaphragme ou vert à f :1, et deux fois plus qu’un diaphragme ouvert à f :2 quatre fois plus qu’un diaphragme ouvert à f :2,8 etc etc…

Les ouvertures réellement disponibles (ou nous cache tout on nous dit rien)

L’objectif que j’ai photographié ouvre à f :2 au maximum, ce qui est une relativement grande ouverture. Sont donc disponibles avec cet objectif 7 valeurs différentes : 2 2,8 4 5,6 8 et 11 (plus bien sur les positions intermédiaires, car le réglage est continu)

Avec un compact classique les choses sont TRÈS différentes.

A cause de la diffraction dont j’ai parlé au début, on ne peut pas dépasser f :8. Avec un trou plus petit la lumière fait comme l’eau du jet pour arroser les cyclamens de tante Odile, et c’est la catastrophe.

Donc on reprend notre échelle de départ corrigée :

1 1,4 2 2,8 4 5,6 8 11 16 22

A l’autre bout, l’ouverture maximale que propose un compact de type familial, surtout s’il dispose d’un zoom de grande amplitude, est de l’ordre de f :4

On recorrige notre échelle :

1 1,4 2 2,8 4 5,6 8 11 16 22

En pratique donc notre compact familial propose f :4 (pleine ouverture) f :5,6 et f :8 (diaphragme fermé au maximum).. deux valeurs… et f:8 est une valeur à risque (à cause de cette diffraction).

Pour enfoncer le clou on pourrait ajouter qu’en outre sur un capteur de compact entre 5,6 et 8 la différence de profondeur de champ est… comment dire… assez peu discriminante.

Je vous l’avais bien dit…

CQFD : proposer un fonctionnement manuel a du sens avec un objectif d’ouverture confortable, ce que l’on trouve sur les compacts haut de gamme destinés aux utilisateurs avancés. C’est le cas du LX3 par exemple qui ouvre à f :2 en grand angle, mais relève d’une vaste rigolade sur un compact classique.

Dans ce dernier cas, les options disponibles sont très faibles et leur impact sur l’image  pour le moins… léger. Dans ces conditions il ne s’agit plus de se décider pour telle ou telle option de réglages en fonction de l’image que l’on veut obtenir (ce qui est la raison d’être des réglages manuels) mais de caler ces réglages pour assurer une exposition correcte, et ça, un automatisme bien pensé le fait mieux et plus vite que le client type d’un compact.