Donald ne trompe pas

J’ai suivi par bribes la conférence de presse de D. Trump et les réactions outrées qu’elle a suscitée.
Même les gens de FoxNews (qui pourtant..) en ont claqué une varice, c’est dire.

Je pense personnellement qu’on fait un très mauvais procès à D. Trump.

Globalement et au-delà de ses fanfaronnades et de ses bobards à répétition, D. Trump fait ce qu’il avait annoncé, c’est quelque part tout à fait honnête, et c’est bien là où, paradoxalement, le problème se pose.

Le fait que Trump fasse ce qu’il avait annoncé n’est pas en soi un truc exceptionnel, c’est ce qu’ont fait à ma connaissance (qui n’est pas exhaustive) tous les dictateurs à peu près sans exception.

Le problème est que dans ce qu’on appelle nos « démocraties » [1] on ne prête aucune attention à ce que disent nos politiques , pour partie parce qu’ils disent n’importe quoi [2], pour partie parce qu’il y a belle lurette que les médias ont démissionné de leur rôle de rapporteur de faits pour servir de passe-plat et pour partie parce qu’en tant que citoyen on trouve plus confortable de ne pas s’impliquer, (les torts sont donc extrêmement partagés).

On ne s’intéresse donc pas à ce que disent les politiques, en revanche on s’intéresse beaucoup à leur physique, leur gestuelle, leurs petites phrases, leurs mimiques etc.. la politique c’est devenu un show comme un autre (souvent moins rigolo que les autres mais pas toujours).

Tant que cela reste dans un contexte plus ou moins démocratique, le risque au pire est d’être dirigés par des escrocs…on a l’habitude, on s’en remet.

Ce que découvrent les américains, c’est ce qui se passe lorsqu’on sort du contexte démocratique consensuel usuel.

Il sera bon de s’en souvenir au printemps prochain.

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[1] Terme éminemment questionnable, la démocratie littéralement c’est le pouvoir par le peuple, actuellement nous avons le pouvoir de choisir parmi ceux qui vont nous enfiler, celui qui nous fera payer le moins cher le lubrifiant (c’est vulgaire sorry..mais moins vulgaire que la politique actuelle)… et c’est de notre faute après tout, s’il y a un point sur lequel tout le monde est à peu près d’accord, c’est celui qui consiste à accepter, valider et reconduire cette arnaque patente. La campagne présidentielle française en cours est une caricature de cette situation.

[2] L’auteur de la jolie déclaration ci-dessous était ministre de l’économie il y a peu, et donc en parfaite capacité de le faire (sous réserve que ce ne soit pas déjà fait)

Trump, US, café, émotion synthétique et billevesées connexes

Ce matin je jette un oeil sur les news.. Trump est (comme c’est normal) élu, du coup l’émotion automatique bat son plein.
Les titres et messages effarés sont assez amusants à lire, je ne vois pas trop ce qu’il y a d’anormal, de contrariant ou d’illogique dans l’élection américaine (et pour nous c’est dans 6 mois).
Qu’un monde (pas une Amérique, un monde) qui est passé en à peine une génération, des gigantesques Band Aid pour l’Afrique à une situation où l’observation des « migrants » se noyant dans la Méditerranée ressemble de plus en plus à un show télévisé, un monde sans contre-pouvoir où les médias se complaisent dans leur rôle de passe-plat (au mieux) ou d’amplificateur (au pire) des discours populistes, puisse voire arriver aux manettes une génération de représentants ressemblant pour une fois à ses électeurs.. ça me semble assez logique.
Bon la cafetière siffle, j’y retourne….

What’s new pussycat ?

Politiquement parlant, les américains sont quand même un peuple épatant.

À l’extérieur, à date régulière voire avec une régularité metronomique, la bannière étoilée envoie ses troupes mettre le bazar un peu partout, au grè des intérêts de ses industries, sans que cela n’émeuve qui que ce soit.

Sur un plan interne, les républicains ont bloqué avec toute l’énergie dont ils sont capables les différentes tentatives d’instaurer une « sécu » en version light, sans que le bon peuple ne ressente la moindre irritation rectale, les policiers ne sont plus très loin de tirer à vue sans sommation sur tout métèque traversant leur champ de vision, sans que cela ne dérange personne.

Donald Trump dont on ne peut guère dire qu’il avance masqué, égrenne ses saloperies depuis le début d’une campagne qui touche à sa fin et lui a valu les faveurs enthousiastes de son camp.

Et là….c’est le drame… il a dit « pussy » ( ok dans une vieille vidéo opportunément retrouvée, mais il n’empêche..il a dit « pussy » c’est indéniable ).

Il est con Trump, très con, vraiment con.

Il aurait dû noter que le seul président US a avoir eu de gros problèmes ce n’est pas Reagan pour avoir tenté de vitrifier les vietnamiens, ce n’est pas Bush (père, fils..pioche celui que tu veux, au pif ..) pour avoir transformé le Moyen Orient en université du terrorisme…etc..c’est Clinton pour des histoires de fesse avec une stagiaire de la maison virginale.

Et là, ce con de Trump au lieu de se contenter de dire/faire les pires saloperies vis à vis des femmes, des étrangers et de tout ce qui n’est pas orange et blond, voilà t’y pas qu’il se lâche et dit « pussy ».

La pantomime mediatico-politique américaine est vraiment un truc épatant…et si j’étais médisant (Dieu m’en garde), je serai tenté de trouver tout ça bien hypocrite, voire pire, j’en viendrais à me demander si la nôtre n’est pas pire (ce mois-ci, la redevance obligatoire à permis au gentil contribuable de se régaler les yeux et les oreilles devant la télévision publique avec Buisson chez Pujadas, ou bien Woerth chez Ruquier par exemple ).

Bon, c’est pas tout ça, la cafetière siffle…j’y vais.