Fender Precision 51 Reissue Japon

Publié chez Audiofanzine

La mienne est de 2006-2008
Pour avoir une Précision 51 de la maison Fender y a que deux options, cette Reissue officielle faite au Japon ou bien le Custom Shop pour ceux qui travaillent dans le pétrole, sont traders ou importateurs de cocaïne.

Il en existe deux versions, la Reissue 51 et la Signature Sting …qui est la même à deux différences près :
– La Sting a un sticker portant la signature de Sting à la 12ème case (assez moche soit dit en passant)
– La Sting a un corps taillé , ergonomique (moderne quoi) alors que la Reissue a le corps sans chanfrein des débuts (comme une Telecaster).


Si on veut faire dans la sodomisation de diptères, la Précision 51 Reissue (comme la version Sting) ne sont pas exactement des «Reissue» (au sens de réplique parfaite), parce qu’elles utilisent des petits potars comme la majorité des japonaises (la totalité?) ce qui veut dire par exemple qu’on ne pourrait pas installer une électronique de vraie Precision 51 d’époque, sans retailler un poil le bois du corps. D’autre part le routage de la câblerie du micro est visible sur la Reissue (donc on ne peut guère se passer du pickguard), ce qui à voir celle utilisée par Sting n’est pas le cas sur le modèle d’origine.
À propos de bois, la lutherie, n’a pas été faite par des petits enfants chinois pas payés dans des fonds de cave humide, mais par les nippons de fuji-gen qui sont pas exactement des manches (même s’ils en fabriquent des très bons), c’est du top niveau.
La lutherie est donc top. L’accastillage lui est bien, mais pas délirant, et par exemple le pickguard en véritable plastique authentique mono-pli est un peu.. comment dire… (en outre pour le changer il n’y a que deux options en dehors du sur-mesure, noir ou bien blanc, et c’est 30 boules chez Thotho, ce qui frise quand même le grand banditisme pour un vulgaire bout de plastoc de base). Les mécaniques font bien leur job, mais n’ont pas le toucher (je ne sais pas comment décrire ça) luxueux de ma Precision US.

L’association de son corps sans découpe ergonomique et de son manche relativement large , épais et surtout plat (comparé aux Precision américaines récentes) fait que c’est un instrument sur lequel le jugement est binaire : on aime ou bien on déteste.

Si on aime alors c’est le pied. Elle a une gueule d’enfer, un manche d’enfer, et un son top. J’aime les gros manches, et encore, celui-là n’est pas non plus énorme il ne faut pas exagérer il est très (mais alors très très) confortable, vaguement plus large qu’un manche moderne et un poil plus épais ce qui fait qu’il tient bien dans le creux de la main gauche. Bon, en même temps c’est sûr qu’à côté d’une Jazz le manche est balaize….

Autre particularité, le micro qui reprend les caractéristiques du micro des origines, n’a pas de capot plastique de protection comme c’est le cas avec un micro moderne. Résultat on ne peut pas s’en servir de repose pouce (sous peine de le tuer à terme), et au médiator c’est pire. A priori c’est la raison de l’apparition des bouts de tôle hors de prix..oops..pardon..des «caches micro» qui n’ont pas énormément de sens (esthétique mis à part) avec des micros modernes dans les boitiers plastiques, mais qui avaient tout leur sens avec ce micro là.
A l’usage cela impose donc de revoir l’utilisation de la main droite et c’est franchement bénéfique. Après quelques mois avec la 51ri, plus besoin de repose pouce la main se balade librement sur les cordes, d’un point de vue pédagogique c’est plutôt bien.
Le micro single fait qu’elle a sur les forums ricains la réputation de ronfler comme un vieil alcoolique asmathique en présence de certains bidules électroniques (Téléviseur etc..). j’ai pas eu ce problème mais c’est bon de le savoir (il se dit que certains micros comme le SCPB-1 de Seymour ou le Lindy Fralin seraient moins pire)

À noter que le niveau de sortie du micro d’origine est plutôt faible.

Le chevalet est «vintage», joli mot pour dire que comme sur les vieilles Telecaster, les cordes se règlent deux par deux, ce qui rend le réglage de l’intonation un peu pifométrique. Pour ceux qui sont pointilleux sur l’intonation, le BadAss III (introuvable de nos jours, faut chercher comme un damné en occase, Leo Quan ayant utilisé l’excuse de la mort pour arrêter son business.. le chacal) est un remplacement plug and play.
J’ai fait faire cette modif sur la mienne (j’ai trouvé un BAIII chez ebay) et avec le cache chevalet installé pas de problème de look, et une intonation nickel comme sur une basse moderne.

Pour le reste, si on adhère au concept (et je comprends qu’on puise détester cette basse) alors c’est le grand pied. Le son est bon même avec le micro d’origine (il existe, comme pour tous les modèles de Precision une tétrachiée d’options alternatives).

La logique c’est de lui mettre des filé plats mais avec des Fender 7150ML (filé rond petit patapon) elle marche très bien.

La Precision en général c’est un peu l’inverse de la basse moderne, active, hyper polyvalente etc.. et celle-ci est incontestablement une vraie Precision. Au final , c’est un instrument attachant, rustique, original, blindé d’histoire, au look qui déchire la race du slip de sa mère, avec pour ceux qui préfèrent les manches consistants, un manche génial et surtout .. et c’est ça qui compte, qui donne un son super.

À noter quelle demande d’avoir fait des études supérieures en traquage de gibier, parce que Fender ne la fait plus (faut dire qu’avec la Sting y avait doublon sur un créneau dont c’est peu dire que c’est un créneau de niche) et que donc il ne reste que l’occase où elle est vendue souvent au même prix qu’une Precision standard américaine. Donc faut traquer inlassablement la bonne affaire, mais une fois trouvée.. on en vient presque (presque faut pas déconner) à arrêter de douter de l’existence de Dieu.

Préampli Basse : Ampeg SCR-DI

Posté chez Audiofanzine en Janvier 2016

Pour quels styles de musique utilisez-vous ce préampli ? Avec quelle basse, quel ampli de puissance et quel baffle ?

Je joue du jazz simple, du blues, de la chanson française, avec principalement une Precision (passive donc) et les amplis a dispo dans les salles de répète parisiennes (majoritairement des Hartke, mais certains studios parisiens ont des Marshall ou des Fender, toujours a transistor), ou le mien (un Markbass LMIII).

J’utilise des basses passives et j’aime bien l’idée d’un préampli que je balade avec moi. En répète on ne tombe pas toujours sur le même ampli à dispo dans la salle de répète et on a (enfin disons je n’ai) pas toujours le temps de faire joujou avec les réglages disponibles sur l’ampli pour trouver un son sympa.
Avoir avec moi mon preampli perso que je connais, permet de contrôler facilement le son en le branchant soit en façade en mettant tout a zéro sur l’ampli, soit dans la boucle d’effets.

En regard de son poids comme de sa puissance, vous semble-t-il utilisable pour travailler, répéter et jouer sur scène ?

Son poids est conséquent. J’ai acheté ce petit Ampeg lors d’une crise de gaz en revendant ma VT Bass V2 (ce que je n’aurais pas du faire, une VT Bass c’est toujours utile)
Alors que la VT Bass tient dans une poche de gigbag, l’Ampeg est beaucoup plus gros (deux fois la taille de la VT bass à la louche) et lourd.
Il est lourd parce qu’il est construit comme un tank… Edit à l’usage : un tank avec des boutons en plastoc tout à fait standard qui rendront l’âme comme sur les bidules pas construits comme un tank.

Utilisable pour travailler : oui sans réserve, il est même utilisable seul, il a une sortie casque et une entrée Aux (laquelle a un volume séparé). À noter que si la doc ne fait pas mention de simulation de HP (la VT Bass V2 en a une débrayable) le son au casque est plutôt bon.
La limite de l’utilisation nomade du petit Ampeg comme ampli casque de luxe c’est qui bouffe les piles à grande vitesse (une pile 9V) et que réalistement il est à utiliser avec une alim (alim de pédale standard), ce qui limite un peu son aspect nomade (et de toute façon il est un poil lourd pour ça). Attention Gros mensonge (lire la rectification en fin de l’avis)
À noter que le branchement d’un casque ne coupe pas les sorties (XLR et line out).

Utilisable pour répéter : Là aussi sans réserve, je l’utilise comme je le faisais avec la VT Bass pour améliorer le son que je n’aime pas des têtes Hartke et là ça marche franchement bien. Inséré dans le return de la boucle d’effet de la Markbass il sonne également très bien (mais je ne l’utilise que rarement avec la MB).
Edit quelques répètes plus tard : ce petit bidule ne souffle absolument pas. On peut le mettre à fond sans problème, aucun parasite, aucun souffle rien, et franchement le son est bon. Paradoxalement il est sans doute moins typé que la VT Bass et vraiment pour mes répètes il est top.

Utilisable pour jouer sur scène : Je ne l’ai pas encore utilisé sur scène mais là il devrait être encore plus à son avantage parce qu’il possède une sortie XLR DI (avec ground lift quand ça siffle), une sortie ligne et une sortie Thru (pour les tuner ou faire suivre le son de la basse non préamplifié et sans EQ vers d’autres effets/systèmes).
On peut l’utiliser soit comme DI seule, soit comme DI avec preamp (elle est pas belle la vie ?)
La sortie ligne et la sortie XLR sont parallèles, ce qui veut dire qu’on peut envoyer le DI vers une sono et le line out vers l’ampli en même temps.
Bref ce petit truc peut à peu près tout faire.

Qu’en est-il du son de manière générale ? Ses effets ou traitements embarqués (EQ, compresseur, etc.) sont-ils efficaces ?

Le son est bien, très bien, peut-être moins coloré (ou disons plus facile a régler) qu’avec la VT Bass. En caricaturant je dirais que la VT Bass est un simulateur Ampeg alors que le SCR-DI est un préamp Ampeg plus large d’usage sur un plan sonore. Certes, ça grogne a la Ampeg mais de façon peut-être plus subtile.
Dit autrement, si on aime pas particulièrement le son Ampeg, la VT Bass n’est pas une bonne option, tandis que le SCR-DI peut plaire quand même.
Les boutons très Ampeg Ultra-low et ultra-high permettent d’obtenir un son plus gras (pour le Ultra-lo) ou plus sec (pour le ultra-hi qui a priori creuse les médiums)

Il y a un circuit overdrive (Scrambler) séparé qui s’enclenche avec un bouton au pied distinct. À fond ce n’est pas un overdrive génial, mais utilisé à faible dose il permet de rajouter un poil de gras très sympa. Cet overdrive a deux commandes, le niveau d’overdrive et une commande blend qui permet de mélanger le signal saturé avec le signal de basse.
L’overdrive peut s’utiliser seul sans enclencher la partie équaliseur du préamp.

Les réglages EQ de la partie principale sont simples (volume et bass/mid/treble) on peut trouver assez facilement le son qui va bien.
Il n’y a pas de compresseur

Un truc déroutant au départ : le bidule fonctionne dès qu’il est alimenté et que la basse est branchée même si aucun des deux boutons n’est enclenché. Il m’a fallu un moment avant de réaliser ça.
Lorsque les deux boutons sont OFF il se comporte comme une DI, Presser le bouton de droite (partie EQ) met en service le preamp et l’EQ, presser le bouton de gauche met en service le Drive. Toutes les combinaisons sont possible (par exemple le Drive seul).
Ça fonctionne comme ça a minima avec une alim externe (je n’ai pas fait attention lorsque j’ai commencé à l’utiliser avec une pile), donc la question true-bypass ou pas ne se pose pas, une fois alimenté le SCR-DI est tout le temps en fonctionnement à minima comme boitier DI.

Quelles sont les choses que vous appréciez le plus et le moins?

Le plus : à peu près tout, et le côté hyper complet. On sent que Ampeg n’étant pas fabricant de pédales ne s’est pas posé la question de savoir si la fonction X risquait de faire de l’ombre commercialement à la pédale Z.. ils ont tout mis dedans.

Le moins :

Rien de rédhibitoire, mais comme ce bidule est un vrai couteau Suisse forcément on en voudrait un peu plus.

– le poids et le gabarit de l’appareil.. qui sont aussi un plus, c’est parce qu’il est construit comme un tank qu’il est gros et lourd

– Il n’a pas de boucle d’effet (vu la taille c’était jouable)

– un moins qui ne me concerne pas (j’ai des basses passives), mais qui risque de refroidir beaucoup ceux qui ont a la fois des basses passives et actives : il a un switch pour l’adapter au niveau des basses actives, mais il n’est pas accessible depuis l’extérieur. Il faut dévisser le fond et changer un cavalier à l’intérieur.
C’est bien expliqué dans la doc mais inenvisageable en pratique. En clair le SCR-DI peut être configuré pour l’actif ou bien le passif, mais un fois réglé on ne peut pas passer facilement de l’un à l’autre.
C’est d’autant plus ballot que là encore, vu le gabarit du boîtier il y avait la place pour une commutation externe.

– La prise casque est au format mini-jack, j’aurais bien aimé avoir aussi une prise casque Jack (il y a les deux options pour l’entrée Aux, mini-jack et Jack)

– Il y a un volume pour le preamp, un autre pour l’entrée Aux, tant qu’à faire un volume distinct pour la sortie casque aurait été pas mal.

– Il ne fait pas le café

– .. et puis le fait qu’il soit chinois.

Été 2016 : Rectification , mea culpa et repentir contrit

Je dois revenir sur les médisances que j’ai écrites quant à la portabilité du biniou et sa goinfrerie en piles.
Oui si on l’alimente par pile 9v il va finir par coûter cher, sauf que.. sauf que j’ai trouvé chez Darty des piles 9v rechargeables (Panasonic) qui marchent super bien et du coup le problème de l’alimentation nomade disparait.
Comme il fait beau je suis descendu faire mes gammes dans le jardinet et en fait je dois bien l’admettre si le bidule est gros et lourd (d’autant plus gros qu’il ne prend tout son sens qu’avec plein de trucs branchés dessus).. et bien force est de reconnaître qu’il est super pratique en extérieur.

Il existe des petits bidules (comme les Vox) pour jouer en dehors de chez soi, mais le gros avantage de l’Ampeg, c’est d’être un vrai préampli avec tout ce que ça compte de son de qualité, réglable, le drive a dispo pour faire marrer les fourmis et également d’être blindé d’entrées-sorties, ce qui fait qu’on peut vraiment bosser dans de super conditions.

Je l’utilise avec irealb sur mon portable branché sur l’entrée Aux qui a son propre volume, ça c’est top (petit jack, il en reste une deuxième avec un gros jack de dispo) , un casque, l’accordeur branché sur la sortie Thru…et c’est comme à la maison, mais dans l’herbe.
C’est tellement cool que j’aurais aimé trois volumes : un pour le preamp, un pour l’entrée Aux, et un pour la sortie casque, il n’y en a que deux (Preamp et entrée Aux).
Je me fais des sessions de 2heures/2heures et demi et la batterie tient sans problème.