Le charme désuet et vaguement romantique de la mécanique

Le titre peut paraître surprenant voire surréaliste sur un weblog dédié à l’exact opposé, la vague numérique, pourtant j’éprouve une fascination irrationnelle pour les montres automatiques.
Je les aime non pas pour leur valeur marchande (je possède une seule Suisse, une petite Omega De Ville des années 70), mais plutôt pour leur caractère exotique. Dans ce cadre, j’ai reçu ce matin une Pilot Time russe. Sur la photo de gauche à droite, la Pilot Time russe, une Omega DeVille suisse (en bas) et deux Seiko japonaises, une Seiko 5 et en haut une Seiko DIver 200.
Au quotidien, les Seiko sont parfaites, suffisamment précises et extrêmement robustes.
Pourquoi cette attirance pour les montres automatiques ? Non pas pour des raisons écolo-tendance (par définition les montres automatiques fonctionnent sans pile, c’est le mouvement du poignet qui leur fourni l’énergie nécessaire à leur fonctionnement), pas non plus pour avoir l’heure (mon téléphone ou mon ordinateur font ça très bien) mais plutôt à cause de leur caractéristique principale : ces petites mécaniques extrêmement sophistiquées ne fonctionnent que si elles sont avec moi, et s’arrêtent lorsque je les abandonne pour renaître lorsqu’elles regagnent mes faveurs. Un peu comme des Tamagotchi avant l’heure.
Je trouve fascinant l’idée d’une mécanique qui ne vit que lorsque je la porte sur moi (je sais, je devrais me faire soigner).
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La photo comme limite du lifelogging
Je ne suis pas souvent d’accord avec ce qu’écrit l’excellent Hubert Guillaud du non moins excellent Internet Actu, mais même dans ce cas j’aime bien son approche docte et argumentée.
C’est exactement le cas de ce texte, dont je suis assez loin de partager les points de vue, mais qui présente une analyse intéressante de notre rapport à l’image numérique.
La version originale de ce texte est à lire ici
La photo comme limite du lifelogging
Par Hubert Guillaud le 16/04/08 |
Les nouvelles technologies permettent d’enregistrer nos existences, de collecter et stocker images, vidéos et textes. Mais est-ce que cela fait sens pour les gens quand ils regardent ces amoncèlements de données ?
Pour Daniela Petrelli du département des études de l’information de l’université de Sheffield, interviewée par Luca Chittaro, à l’occasion d’un atelier sur la mémoire qui s’est tenu à la conférence sur les interfaces hommes-machines de Florence, les technologies actuelles n’aident pas à organiser et à gérer nos collections numériques hétérogènes d’une manière naturelle. Les gens préservent des souvenirs numériques qui leur semblent précieux : des photos et des vidéos bien sûr, mais aussi des e-mails, des messages, des constructions numériques (photomontages, sites web…), mais leur valeur s’épuise alors qu’ils l’oublient dans leurs ordinateurs. “La principale différence entre le monde physique et numérique est la perception de l’encombrement”, explique la chercheuse. Lorsque l’encombrement de l’espace physique augmente, les gens nettoient, trient, jettent et se débarrassent des choses devenues inutiles. Ce qui survit à ces années de nettoyage correspond à ce qui, dans la vie de son propriétaire, vaut le coup d’être conservé.
“Avec les souvenirs numériques, il n’existe pas de perception de l’encombrement et le processus de tri et de sélection ne se produit pas. Au final, les fichiers sont tous stockés, les plus importants avec les moins significatifs. Cela diminue leur valeur d’autant, de la même façon que les gens rechignent à ouvrir une grande boîte de souvenirs qu’il faut trier.” Quant à l’idée d’un moteur de recherche pour les souvenirs personnels, Daniela Patrelli l’écarte : “Cela ne semble pas être une bonne réponse parce que les gens oublient ce qu’ils conservent, à moins qu’ils réexaminent périodiquement les objets qu’ils conservent.”
Daniela Patrelli et son équipe ont comparé dans une étude ethnographique (.pdf) les souvenirs matériels aux souvenirs immatériels. Alors que les premiers sont partagés dans des espaces communs au coeur de la maison, nos souvenirs numériques sont enfermés dans l’ordinateur, un appareil conçu pour une utilisation individuelle. Les souvenirs numériques souffrent aussi de leur manque d’immédiateté : un objet de souvenir sur le buffet du salon n’a pas la même disponibilité qu’un diaporama de vacances. Le numérique est donc perçu comme transitoire et non durable, alors que le physique semble rassurant et persistant. L’étude a également montré que les photos n’étaient pas les objets de souvenirs majoritaires : beaucoup d’objets du quotidien sont investis d’une valeur de mémoire et nos souvenirs ne sont pas composés que d’évènements exceptionnels, au contraire. Alors que nous sommes encore les dépositaires d’objets de nos parents et grands parents, nos enfants et petits-enfants seront-ils lire nos photos numériques ?
Un propos à contrebalancer par les recherches que mène Siân Lindley du Groupe des systèmes socio-numériques de Microsoft Research, qui, lors de l’atelier sur les pratiques sociales autour de la photo, a montré comment la technologie peut faciliter l’édition, la discussion et la présentation de photos à des fins de sociabilité. Aujourd’hui, les outils de stockage et d’organisation des collections photographiques personnelles sont très limités. Sans compter que bien souvent, une seule personne à la charge de s’en occuper dans la famille. Le partage de photos est souvent vécu de manière négative, comme une perte d’intimité. Quand aux outils permettant leur partage, comme les cadres photos numériques, ils sont mal perçus, car ils proposent des photos de manière trop éphémères.
L’atelier a donné lieu à des présentations sociologiques sur les manières dont se partagent les photos dans d’autres cultures ou avec d’autres technologies comme le téléphone mobile. D’autres présentations se sont intéressées à la découverte fortuite de photos pour rendre le partage plus spontané, ce que les logiciels permettent encore assez peu. Une présentation a insisté sur l’émergence de la vidéo instantanée (.pdf), des clips vidéos, entre la photo et le film, facilités par le mode opératoire de nos appareils et qui dessinent une nouvelle approche de la vidéo dans un contexte social. Une autre présentation (.pdf) a évoqué la création d’albums participatifs via téléphones mobiles. Deux présentations enfin évoquaient des tables d’édition de photos collaboratives et interactives comme PhoTable (.pdf) (voir Cruiser, l’ancien nom du projet du Groupe de recherche d’interaction adaptée entre l’homme et la machine) et PhotoHelix (.pdf) (voir également cette présentation de PhotoHelix).
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Bonnes adresses poitevines
Non ça n’a rien de très technologique mais de temps à autres…
J’ai passé le week end dernier à Poitiers pour le boulot et aujourd’hui me voici de nouveau dans le coin.
Jolie rencontre à Poitiers avec l’Ampelidae C un vin blanc local, curieux, mais formidable.
Deux restau très bien à Poitiers (qui par ailleurs est une ville assez triste) : Vingélique et La Gazette.
Aujourdh’ui donc TGV pour Poitiers, après Vingélique et La Gazette sis tous les deux à Poitiers même, une autre excellente adresse pour se restaurer, à Chatellerault (c’est à côté) cette fois :
La Gourmandine 22, avenue du Président Wilson 86100 Chatellerault
L’endroit est magnifique, le service sympa, la cuisine originale, gouteuse et mise en scène de façon créative.
A La Gourmandine on croise également les vins locaux Ampelidae qui m’avaient fait forte impression chez Vingélique.
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Bien vu !
Très bien vu même… reçu via Twitter

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Photographe c’etait aussi un chouette métier
Autrefois, il y a fort longtemps, il existait une race de gens qui parcourait le monde pour montrer aux autres à quoi ressemblait ce monde, montrer ses joies parfois, montrer ses peines souvent.
Ces gens là glissaient dans leurs appareils de petits tubes de métal qu’on doit pouvoir encore trouver dans quelques musées.. des films (si si ça a existé).
Dans ma jeunesse j’ai fait partie de ces gens là j’ai donc pour eux une tendresse particulière.
Parmi les très grands (j’évite le mot de “géant” parce qu’on l’utilise un peu à toutes les sauces mais en l’espèce il serait bien adapté) de cette époque il y a .. les films Kodak, qui ont constitué le stylo avait lequel l’histoire s’écrivait.
Kodak perpétue cette époque au travers d’un podcast vidéo (en anglais) qui vaut qu’on y jette un coup d’œil
Sous un angle moins nostalgique et avec une approche plus , beaucoup plus actuelle, puisque je parle de podcast, il est important de ne pas oublier le podcast (audio cette fois) de Benoît Marchal : Le déclencheur :
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Dave Winner administre une fessée à Wikipedia
Si vous avez découvert le web il y a deux oui trois ans (mieux pour vous si internet = web ) alors sautez cet article un brin ésotérique et plus amusant que passionnant.
Dans le cas contraire, ce post énervé de Dave winner mérite le détour.
À noter : And that’s why, btw, we need blogs, wikis are not enough. Otherwise we’d all have to accept the mass view of history, as filtered through trolls.
À méditer : si on remplace wikis par blog et blog par journaux ça marche aussi.
Par ailleurs : j’ai reçu cette info par le biais de Twitter qui est un gadget vraiment épatant (d’ailleurs la fonctionnalité phare de Facebook n’est guère qu’une réplication de ce que fait Twitter en plus limité). Si vous utilisez Firefox, il existe une extension très bien pour l’utiliser.
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Un autre regard sur la photo
Le site (l’excellent site) Le Déclencheur de Benoît Maréchal, publie une passionnante interview audio de Bernard Perrine. Bernard, qui a longtemps tenu la barre du magazine Le Photographe, y parle des évolutions de la photo avec une perspective que seule sa longue expérience permet de développer.
Pour ceux qui ne le connaissent pas, Le Photographe est sans doute un des meilleurs magazines sur la photo, toutes catégories confondues. Je précise toutes catégories confondues, parce que son positionnement très marqué « magazine des magasins » risque d’en détourner les particuliers passionnés, et c’est bien dommage. On y parle peu de matériel stricto sensu, mais beaucoup de technologie, d’histoire et d’image.
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Petite réflexion sur la conception des appareils
PhotographyBay publie l’intéressante histoire de Hiroshi Terada, un inventeur japonais qui a mis au point un système permettant d’envisager une fonction d’enregistrement vidéo sur un reflex.
Terada est part du constat qu’un reflex était incapable de faire de la vidéo pour diverses raisons. La première est liée au miroir. Pour enregistrer de la vidéo un miroir de reflex devrait monter et descendre à une cadence particulièrement irréaliste. Les reflex professionnels les plus rapides atteignent un peu plus de10 images par secondes, pour faire de la vidéo il en faudrait 3 fois plus.
Quand bien même cette question serait résolue, resterait le problème de l’autofocus très différent sur un reflex (ou l’autofocus est pointu est ultra rapide) et sur une camera (ou la mise au point se fait sur un plan sans sauter sans cesse d’un sujet à l’autre, sans parler de la différence de profondeur de champ).
Si la technique vous intéresse, je vous recommande la lecture de cet article.
Je pense pour ma part que Hiroshi Terada prend les choses par le mauvais bout.
Plus le temps passe et moins je crois que le reflex a du sens dans un contexte numérique (hormis sans doute pour ce qui concerne les reflex très haut de gamme destinés aux photographes professionnels, qui doivent concerner un pouillème pour cent d’entre nous).
C’est une déformation très amusante du monde de la photo que de penser et professer que ce qui est bon pour un professionnel l’est naturellement pour tout un chacun. En suivant ce raisonnement, nous devrions tous rouler en camion (les routiers sont des usagers professionnels de la route), nous devrions nous lever à trois ou quatre heures du mat’ pour préparer le petit déjeuner (les boulangers sont des professionnels du croissant) etc etc…
J’avais déjà écrit un petit texte là-dessus l’été dernier plus cela va et moins je suis convaincu de l’intérêt de la visée reflex. Mieux encore, un mois passé avec un proto du Lumix TZ5 m’a renforcé dans cette idée.
Si on par du postulat que le compact est un design plus cohérent dans un contexte numérique, alors la question de la vidéo ne se pose pus.
Le TZ5 n’est pas un reflex, c’est un compact avec un petit capteur, il produit donc des images inférieures à celle d’un reflex, mais c’est bien le seul point sur lequel il marque le pas. Dans tous les autres compartiments de jeu, taille, polyvalence, agrément d’utilisation etc… il est, en usage personnel, largement supérieur.
Le DP-1 que Sigma semble enfin arriver à commercialiser (cela doit faire plus de deux ans qu’on en entend parler) va dans ce sens, dans le bon sens. C’est un compact équipé d’un capteur de reflex et d’un grand-angle.
Il va dans le bon sens, mais ne fait que la moitié du chemin. Un 28mm fixe, c’est bien.. en complément d’un équipement reflex (et là, on tourne en rond).
En revanche, un 28-280mm comme le TZ.. ou disons un 28-100 pour des raisons d’encombrement, en ferait un appareil polyvalent plus simple et plus petit qu’un reflex, et produisant en usage personnel, des images d’une qualité équivalente.
Bref , nous n’y somme pas encore à cet appareil idéal.. mais on y arrive petit à petit. Nous y serons complètement le jour ou les constructeurs se sentiront totalement libérés de l’héritage du film, et des concepts qui avaient du sens avec la bobine 24×26.
Pour le fun puisque j’ai commencé cet article en parlant d’appareil photo et de vidéo, dans la petite vidéo ci-dessous (vilaine..compressée à mort, et d’un intérêt discutable) j’ai tourné les séquences de fin avec le Lumix TZ5, pour le reste j’ai utilisé un caméscope Panasonic SD1.
Match de hand amateur from Luc Saint-Elie on Vimeo.


