Le numérique contre la mémoire : ça empire

C’est le quotidien Britannique The Independant qui a lancé le premier pavé dans la marre, (en ligne ici mais il faut être abonné ) repris par DPReview.
La durée de vie des CD serait infiniment moindre que ce que les publicités de nos chers vendeurs voudraient bien le laisser penser.
En gros, « la plupart des fabricants ou distributeurs de CD indique que leur durée de vie est d’environ 100 ans mais des études tendent à démontrer que celle-ci serait moins longue : de 3 à 25 ans selon la qualité de fabrication du cd-r, la qualité de la gravure et l’utilisation qui est faite de votre galette. »

Je ne suis ni chimiste ni spécialiste de la chose, je n’ai donc pas d’avis spécial sur la question, en revanche cette histoire remet d‘actualité mes notes sur la question de la pérennité de la photo numérique, pérennité déjà mise à mal par le côté eminement propriétaire des formats RAW .
Lire

Pour ceux qui aiment la techno informatique ; le site Planète Numérique publie un article apparemment assez complet sur la question ou on peut lire des choses assez flippantes.

Le noir & blanc revient par la fenêtre

La fenêtre, c’est celle de votre Mac (ou PC si vous vous adonnez au côté noir de la farce).
OutBack Photography (l’exxxxxxxxxcellent OutBack Photography) fait un test fort élogieux du plug in Black & White Studio Plug in de Power retouche (c’est en anglais, donc si vous bulliez au lycée c’est bien fait pour vous).

Ce plug in (pour Photoshop) permet de transformer une image couleur en noir & blanc.. en reproduisant le grain des films historiques Ilford, Agfa et Kodak (miam le Tri-X).
Le prix est de 61 euros.
Amusant retour des choses non ?

Libérez les formats

Michael Reichmann de l’excellent site Luninous Landscape publie une lettre ouverte aux fabricants de reflex numériques en les enjoignant d’inclure un affichage d’histogramme sur leurs appareils. La tendance étant d’oublier ce très intéressant système.

A titre personnel si je devais écrire une lettre ouverte aux fabricants, ce serait pour la publication systématique des détails de leurs fichiers RAW.

La photo est à priori une activité pérenne, les photos que l’on prend aujourd’hui doivent pouvoir être visibles dans 10, 20, 50 ans voire plus.
La question ne se pose pas en argentique, j’ai bien peur qu’elle se pose rapidement en numérique.

La logique du stockage/archivage de photos est d’utiliser le format RAW car c’est le seul à contenir la prise de vue initiale (les JPEG fournis par les appareils sont retravaillés par l’électronique du boîtier), or aujourd’hui ces formats RAW sont tous plus ou moins propriétaires et s’il est possible de les traiter c’est souvent grâce à l’intervention de quelques individus particulièrement géniaux, passionnés et/ou dévoués comme Dave Coffin et sa libraire en C cdraw.c qui est utilisée à peu près par tout le monde.

Qu’en serait-il dans 50 ans ????
Il me paraît indispensable si le numérique veut devenir adulte que les fabricants publient à chaque fois qu’ils sortent un nouveau format RAW, les spécifications de ce format, une vraie documentation plus un librairie écrite dans un langage qui a de bonnes chances de traverser les années (le C est bien pour ça) qui permette de donner une piste de départ pour le décodage de ces fichiers, le tout étant géré par une association indépendante des dits fabricants.

Dans le même ordre d’idées, Dave Coffin recommande de photographier une zone blanche pour accompagner toutes les séries de photos importantes à stocker si on veut conserver un espoir de pouvoir les décoder correctement dans une vingtaine d’années.

Dans l’état actuel, rien ne garantit que les images faites aujourd’hui soient lisibles dans quelques années.. ça file des frissons non ?

Boule de cristal, 300D et glace sans tain

Boule de cristal parce que Tom Hogan vient de publier ses prédiction pour 2004. Rien que du très prévisible dedans sauf le f(u)ameux Nikon F6 qui apparaît de temps à autres sur les sites US d’infos sur la photo numérique.

Le Nikon F6 (qui donc n’existe pas mais que tout le monde prédit qu’il va finir par exister) est en gros l’idée du moyen format modulaire appliqué au petit format. A noter que Rollei avait sorti il y a très longtemps un 24×36 complètement modulaire et conçu comme un moyen format, cela avait été un foirage total (pour cause de tarif délirant, sans compter que la fiabilité était très aléatoire, les contacts électriques ayant tendance à être en RTT lorsqu’on avait besoin d’eux). Et surtout, en 24×36 ça avait un intérêt modéré.
Avec le numérique, de l’intérêt ça en a et beaucoup.
Le premier serait de pouvoir changer de capteur. Imaginez que le dos de votre appareil soit interchangeable, un nouveau capteur apparait ? .. il suffit de changer le dos. D’autre part pour les usages particuliers l’appareil pourrait être équipé de capteurs différents pour des situations spécifiques (un capteur très haute sensibilité, un capteur a faible résolution mais avec de très grands photosites, un capteur pour les hautes cadences de prise de vue, un capteur très haute résolution etc….)

Bref ça serait pas mal (enfin si on excepte le tarif prévisible de ce genre d’engin, tarif qui entre autres invaliderait toute idée de faire des économies en changeant de dos au lieu de changer d’appareil), mais à titre personnel, je ferais une autre prédiction (qui hélas ne se réalisera sans doute pas) : un jour un fabricant de boîtier proposera un reflex avec un miroir semi transparent.
Plusieurs l’ont fait en 24×36, j’ai par exemple à la maison un Canon RT qui est comme ça. Un reflex à miroir semi transparent à donc le miroir semi transparent (étonnant non ?) ce qui fait que la photo est prise à travers le miroir . le miroir ne se déplace donc plus comme sur un reflex classique ce qui a l’avantage d’avoir à la fois la manipulation et la visée d’un reflex et d’autre part une absence totale de vibration (on peut descendre très bas en temps de pose avec un RT).

En numérique cela aurait un autre avantage, celui de permettre à la fois un affichage permanent sur l’écran LCD et donc d’avoir un écran LCD articulé comme sur les compacts. Cela dit il est peut-être possible d’obtenir ce prélèvement de l’image autrement qu’avec un mirroir semi transparent, en ayant un deuxième capteur de visée quelque part dans le prisme.

Je rejoins là la « 300D » du titre de cette note. Je viens de passer quelque temps avec un 300 D, une fois qu’on s’est habitué à son design très Fisher Price, c’est un bon petit reflex, mais qui est très loin d’avoir le côté sympa du G5 (je sais en disant ça je vais passer pour le dernier des ahuris mais j’assume).
Ce que j’ai beaucoup aimé avec le G5 c’est cet écran articulé avec lequel j’ai retrouvé un peu les sensations que j’avais lorsque je portraiturais des gens avec un vieux Rolleiflex. Ne pas tenir l’appareil à hauteur d’œil comme une arme ça change complètement la relation et ça fait une grosse différence.

Il serait très cool de pouvoir disposer de cette possibilité avec un reflex numérique… sauf que dans l’état actuel de la sitiuation, ce n’est pas possible puisque pendant la visée le capteur ne « voit » pas l’image (et donc ne peut pas alimenter l’écran LCD).

Digilux 2 : Leica sort les griffes

Si vous êtes un lecteur attentif (et si vous ne l’êtes pas vous devriez avoir honte) vous avez déjà suivi la saga du pistage du Panasonic LC1, un appareil développé conjointement par Panasonic et Leica
Je présentais que Leica allait nous refaire le coup qu’il avaient fait avec Minolta à l’époque des Leica CL/Minolta CLE.. ça se confirme et bien plus rapidement que prévu.

Le Leica Digilux 2 devrait atteindre les revendeurs en début 2004 et surprise à un tarif très raisonnable (2000 euros environ).
Si 2000 euros vous paraissent chers, gardez à l’ésprit que c’est largement moins que ce que vaudrait le zoom Leica seul aux tarifs habituels du fabricant.
En gros le Digilux 2 c’est un zoom entièrement manuel 28-90 mm (équivalence 35mm) ouvert de 2 à 2,4 fourni avec un boîtier.

Le boîtier en question n’est pas inintéressant loin de là puisqu’il est équipé d’un capteur de 5 MP mais de 2/3 de pouce et non du minuscule 1/1.8 des G5, 5400, C5050 etc….
Conclusion ce capteur devrait être bien meilleur que les autres 5 MP notamment en basse lumière (because moins de bruit).. terrain de chasse classique des Leica.

  • Côté sensibilité le Digilux 2 propose 100, 200, 400 ISO (que les grincheux qui regrettent le manque de 800 , 1600 gardent à l’esprit que l’objectif est ouvert à 2 /2,4)
  • Sur le plan de l’exposition un automatisme Programme,les classiques priorité diaph et priorité temps de pose et le fonctionnement manuel( miam)
  • Trois systèmes de mesure, sélective spot et intégrale, mémorisation par appui à mi-course sur le déclencheur, bracketing, 2,7 vues /s sur 4 vues en rafale, balance des blancs réglable.
  • L’appareil à également un flash (bon ok il est peu probable que le proprio type de ce genre d’engin ne s’en serve jamais mais bon) et une griffe flash
  • Si vous reteniez votre souffle jusque là, lâchez vous.. non le Digilux n’a pas de télémètre mais un viseur électronique.
  • Particularité héritée de Panasonic, le boîtier utilise des Cartes SD/MMC alors qu’on se serait attendu à trouver du CompactFlash sur un appareil clairement destiné au marché du reportage professionnel.

Bref, à titre perso j’en salive d’avance. Ce boîtier est particulièrement judicieux parce que s’il est évident qu’il y a de la place pour un compact professionnel dans l’esprit des M, jusque là les japonais n’ont pas réussi à le produire. Nikon a raté le 5400, le G5 est très bien, mais avec un capteur trop petit , un objectif qui n’est pas du calibre de celui du Digilux et surtout c’est un appareil tout automatique.

Bravo Leica donc.