Questionnement : le Web 2.0 est-il un truc de vieux ?
Ok , ok le titre est un brin provocateur.Mais pas tant que ça, et puis il a le mérite d’avoir l’air solidement affirmatif, alors qu’en fait j’aurais du titrer cette note « bouille a base de petits écrans, de fumet de Bulle Internet v2.0 et de mouvement ».. mais bon, ça faisait un titre encore pire.
Cette semaine il m’est arrivé deux choses, badines, qui m’ont amené à me poser cette question fondamentale : le web 2.0 ne serait-il pas un truc de vieux ( je ne suis pas trop débordé en ce moment, d’où ces questions de fond qui me hantent).
Les deux choses badines qui me sont arrivées cette semaine sont d’une part la réception d‘un iPhone (sur lequel je me suis exagérément répandu ici) et d’autre part un petit saut fait hier soir à une soirée introductive à la grand-messe du Web 3 qui doit commencer aujourd’hui.
D’un côté un petit bidule qui dessine à traits encore grossiers, mais très convaincants que ce pourrait être mon rapport à Internet demain, de l’autre une assemblé de jeunes gens présentant bien, et fleurant bon les premières places de sortie d’école de commerce.
Outre le fait que l’iPhone offre un accès facilité à internet et donc aux systèmes mis en place par les jeunes gens suscités, ce qui relie les deux c’est également une petite réflexion sur les dérives du design que m’a inspiré l’iPhone.
J’en étais à ce moment de ma séance de gamberge, me demandant comment tout ça s’articulait, lorsque Florian® m’a fait passer un lien sur une brillante prestation de Philippe Stark [http://www.ted.com/index.php/talks/view/id/197] (si vous vous foutez du design mais flippez à cause de votre accent anglais, cette prestation peut également servir).
Quel rapport entre Philippe Stark , le Web 2.0 et l’iPhone ? Peut-être une question de classification.
En rentrant chez moi hier soir, j’ai regardé ce que font ces fantastiques jeunes gens et deux remarques me sont venues à l’esprit. La première c’est qu’ils font des interfaces, la seconde c’est que je n’ai pas trouvé à quoi sert ce qu’ils font, ou plus exactement à quoi cela sert pour moi, quidam lambda, consommateur présumé de leurs productions. Ce à quoi ça leur sert à eux est évident.
L’iPhone relève de ce que Stark appelle le « design cynique», qui repose sur un postulat simple : le laid se vend mal.
Le Web 2.0 relève de ce que Stark appelle le « design narcissique » : des designers fantastiques qui designent seulement pour d’autres designers fantastiques.
Derrière ces interfaces Web2.0 très jolies avec des designs élégants, il y a une proposition qui ne me concerne pas. L’intérêt de ces systèmes est de justifier l’existence de l’écosystème dans lequel ils évoluent (ce qui en soi n’est pas rien).
Ce qui leur manque c’est une véritable proposition de service qui me concerne.
C’est pour ça que j’aime bien Google. Google ne fait pas d’interface, fait assez peu de mousse, mais me propose divers services qui me concernent. En un sens Google est très Web 1.0 le web du départ qui était censé servir à on ne savait pas trop quoi, mais avant tout servir à tout le monde, alors que le Web 2.0 sert surtout à ceux qui font du Web 2.0 …D’où l’analogique avec la classification de Stark.. . lequel Starck a en outre l’intérêt de figurer dans la liste des intervenants de la manifestation Web3, comme quoi la vie est ironique.
Je me demandais donc si le Web 2.0 n’était pas un truc de vieux, et en regardant la liste des boîtes invitées à cette manifestation Web3, je vois FaceBook que je pratique depuis quelque temps et dont je ne vois pas l’intérêt si ce n’est d’être la plus gigantesque machine à spam ayant jamais réussi à se donner une allure socialement correcte.
Je reçois deux ou trois mails par jour de FaceBook, envoyé par quelqu’un qui « m’a expédié une boule de neige », m’invite à faire partie du groupe des défenseurs des chaussettes dépareillées, m’a « fait cadeau d’une plante virtuelle » ou d’un « hug ».. sans compter que je ne connais pas tous les gens qui sont mes « amis » (et sans doute réciproquement).
Facebook me semble un bel exemple de « design narcissique » a tous les sens du terme, son principal avantage étant d’avoir beaucoup enrichi son astucieux créateur.
Même remarque pour le non moins inévitable Netvibes dont je dois être le seul de la planète à n’avoir toujours pas trouvé l’intérêt (mis à part celui d’enrichir son astucieux créateur, etc…)
Bon tout ça fait un peu flingage en règle pas trop bien argumenté et ne répond pas à mon interrogation initiale, le Web 2.0 n’est-il pas un truc de vieux ? Eh bien ce qui m’a fait penser ça en fait c’est l’iPhone.
Tous ces systèmes Web 2.0 proposent dans l’ensemble des services (ou plutôt une absence de) qui reposent sur le bon vieux PC, lequel, grâce à ses capacités graphiques, confère une importance primordiale à l’interface, masquant la relative vacuité de la proposition de service.
Problème, dans un monde ou le réseau prend de l’importance (je suis sans doute hypertrophié de ce côté, j’en conviens) l’accastillage électronique à partir duquel je me connecte au réseau n’a pas d’importance, du coup l’interface n’a pas d’importance, seul reste le service.
Ce point est amplifié par l’exiguïté des nouveaux écrans (pour moi c’est l’iPhone, mon fiston pour sa part brandirait plutôt sa PSP (à 13 ans une PSP c’est plus une prothèse qu’une console de jeux..). Faire de l’esbroufe sur un grand écran de PC c’est simple, sur un petit écran d’iPhone ça l’est moins.
Ça l’est d’autant moins qu’un iPhone, comme tous les petits écrans connectés, ça bouge, et lorsqu’on bouge on fait autre chose en parallèle de la consultation de l’écran et donc on est moins sensible à l’interface.
Bref tous ces systèmes Web 2.0 qui s’adressent à un public fixe, sédentaire, immobile devant l’engin le moins ergonomique de tout l’univers électronique grand public (l’ordinateur), me semblent d’un intérêt assez modéré lorsque je suis dans la rue, dans ma voiture, dans une salle d’attente, etc… bref, lorsque je suis connecté à internet.
C’est pour ça que je me demande si le Web 2.0 n’est pas au fond, un truc de vieux… je me demande.. je ne suis pas sur d’avoir raison.
Pour faire de l’humour bête, je pense même qu’a vouloir faire du « réseau social », terme que je trouve totalement ridicule, cela dit l’étiquette est la mode, nous sommes entrés dans l’ère de l’Uniforme 2.0, entre les « blogueurs » les « débats participatifs » (celui-là est excellent, avant 2007 un débat non participatif ça s’appelait un monologue) etc…a force donc, de faire du « réseau social » une fois que le bidule électronique portable sera la norme, on va finir par réinventer le téléphone, parce que franchement pour entrer en contact avec mes « amis » le téléphone c’est mieux (ça m’évite de leur pomper l’air avec des « pillow fights ») .
Cela dit ça tombe bien, l’iPhone téléphone aussi (mal, mais il le fait). Il est visionnaire cet engin au fond.
Je regarde la liste des participants à la manifestation LeWeb3, et j’y lis des choses qui dépotent comme « Bringing social to software: Radical change is coming. Are we ready ? » (yeah…) mais je ne vois pas un seul opérateur de télécom.
C’est peut-être ça qui me gêne.
Pour illustrer ce que je perçois du Web 2.0 une très vieille anecdote me vient à l’esprit.
Ça remonte à une bonne dizaine d’années, je travaillais à l’époque pour un hebdo informatique très sérieux et défunt depuis (Le Monde Informatique) et j’assistais à une présentation/conférence autour de systèmes travaillant sur l’analyse de données.
Le conférencier, un type passionnant parle pendant des heures de problématiques de haute volée sur le « data mining » les petits cubes et autres rigolades du genre, puis à la fin de la demi-journée, s’assied, épuisé après la séance de question réponses.
S’en suit une discussion plus informelle, et à la fin, au moment ou la réunion commençait à tourner à la séance de déconnade (du type de celle qui fait du bien après une demi-journée dense) il laisse glisser avec un sourire : » et puis les gars, ne perdez pas de vue de tout ce bazar ça sert à savoir si la mousse à raser se vend bien en même temps que la bière par packs de 12 dans les supérettes des environs de Lille ».
En gros c’est ça, c’est même exactement ça, « Bringing social to software: Radical change is coming. Are we ready ? » ça vise quand même tout bêtement à savoir si vous préférez les frites surgelées aux hamburgers lyophilisés.
C’est indispensable, ça fait vivre plein de gens, mais de là à en faire des concepts péri-philosophiques il y a un peu de marge, et par-dessus tout, de là à me faire croire que ça me sert à quelque chose à moi… là il ne faut quand même pas pousser.
Ça sert aux marchands oui, et il n’y a pas de mal à être marchand, j’ai besoin des marchands.
Ce qui me gène, par delà l’absence de service rendu, c’est qu’on essaie de m’expliquer que ça me sert à moi, avec une terminologie un rien excessive (« social » par exemple, parce que c’est sur qu’en terme de « social aggregator » une galerie marchande d’Auchan ça ridiculise n’importe quelle startup, mais Auchan a le bon goût de ne pas essayer de me faire croire que sa galerie marchande joue un rôle social qui va apporter un « radical change » pour lequel je dois être « ready » enfin pas moi tout seul, mes « amis » aussi hein).
Ceci étant, cet objectif légitime l’emphase sur l’interface, puisque c’est elle qui est censée m’attirer puis me pister, m’inciter à me livrer etc… sous certains aspects (sous certains aspects seulement) le Web 2.0 c’est du marketing en plus hypocrite, un marketing plus sirupeux, enrobés de grand sentiments, parsemé de promesses de monde meilleur (le marketing c’est pas nouveau, et c’est utile, le marketing qui vous trouve des « amis » c’est certes nouveau, mais d’une utilité discutable, d’autant qu’il peut se retourner contre son initiateur…)..
On en revient à la question de départ, ce bazar n’est il pas un truc de vieux dans la mesure ou ces interfaces hein.. j’ai bien l’impression que si on doit dans le futur (dans certains cas, dès à présent) utiliser internet sur des petits objets mobiles, on va en venir à passer outre, d’autant que ces petits objets mobiles ramènent la consultation d’un site à la substantifique moelle d’un besoin concret ce qui élude pas mal de fioritures….
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De l’utilité sociale du CRS
Précision introductive, ce qui suit ne relève en aucun cas de la théorie du complot, il est évident que tout cela relève plus d’un imbroglio de stratégies administratives archaïques ayant des conséquences intéressantes sur un plan politique, que d’une manœuvre concertée.
Ceci précisé… je regardais ce matin une sorte de compte rendu de Villiers-le-Bel lorsque me revint en mémoire la phrase d’un ancien camarade de « mouvement » (dans ma jeunesse je militais dans des mouvements non-violents et assimilés, je doute fort que je re-signerais si on me le présentait, tout ce que j’ai glapi à l’époque…).
Ce « camarade », professait un intérêt particulier pour le CRS (à l’époque le CRS était clairement l’ennemi de prédilection, nous sortions juste du « CRS-S-S de main 68) au titre que le susnommé avait une évidente utilité sociale et politique et que le juger comme une simple machine à taper était une approche à très courte vue.
Sa théorie pouvait se résumer de la façon suivante : lorsque les jeunes paysans (à l’époque le problème était plutôt dans les campagnes, les jeunes paysans écrasés de dettes et avec un avenir.. déjà.. pour le moins bouché .. manifestaient assez violement à date régulière) pêtent un câble, il y a deux options.
La première c’est d’avoir une politique agricole qui leur sauve la mise, ce qui est à peu près impossible tant les divers intérêts sont contradictoires, la seconde est de leur envoyer quelques compagnies de CRS.
Ces jeunes paysans pleins de santé et manquant d’exercice, vont balancer les fourgons de CRS dans les champs, distribuer généreusement quelques gnons puis soulagés, rentrer dans leurs fermes , jusqu’au prochain coup de colère ou on va leur envoyer quelques compagnies de CRS etc etc….
Globalement l’histoire lui a plutôt donné raison, et, pendant des décennies, le CRS a été un élément important de la politique agricole.
Ceci me ramène à Villiers-le-Bel et plus largement à la dimension tactique du traitement policier des « émeutes en banlieue ».
Je n’ai pas lu grand monde s’étonner de l’incurie des services répressifs face à aux « débordements ».
La première fois qu’une « émeute en banlieue » (quand était-ce ?) s’est produite, que la technique « en ligne » traditionnelle (un alignement de CRS pour faire face à un alignement de manifestants) soit défaite était normal, et prévisible.
Le souci est que depuis, des « émeutes en banlieue » il y en a eu pas mal, or à chaque fois j’entends le récurent « oui mais on a été pris par surprise, ce sont des petits groupes mobiles etc etc.. on a du mal à faire face etc etc… », bref il semble que la stratégie anti-émeute des services chargés de ramener le calme ait plutôt régressé depuis 68 (ou côté mobilité le moins que l’on puisse dire c’est que les choses allaient pas trop mal en témoignent les tristement fameux « voltigeurs » en moto) .
Il ne s’agit pas seulement de digression sur la stratégie CRSienne, car l’évidente incapacité de ces derniers à faire face à ce qui est médiatiquement présenté comme une forme moderne de guérilla urbaine, a pour effet de laisser s’exprimer la dite « guérilla » voire de l’inciter à se développer, avec comme contre coup de centrer le discours a propos des banlieues sur les exactions de leurs extrémités.
Si j’étais mauvaise langue, je dirais qu’écraser dans l’œuf ce type de débordement obligerait à re-re-regarder en face le « problème des banlieues », alors que laisser la sensation que la « guérilla urbaine » peut gagner, permet de laisser s’amplifier les moyens de cette supposée « guérilla ». Nous sommes ainsi passés de « ces gens désespérés brûlent des voitures » (2005) à « ils tirent avec des armes à feu sur nos forces de police, la république ne peut tolérer ça » (aujourd’hui)
À lire un article intéressant du Monde, ou comment éviter soigneusement les bonnes questions (le traitement est le même que pour le compte rendu d’une soirée de la Star Ac’).
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3224,36-982827,0.html
Je n’ai pas trouvé de référence de journaux ayant travaillé la question de la stratégie anti-émeute (ou plutôt l’absence de) de nos forces de police et son impact sur les politiques (ou l’absence de) de la ville….
Tout cela pourrait passer à tort pour de l’ironie facile (c’est une réaction très « médiatique »).
Je reprécise donc :
- La critique sévère des exactions commises ne souffre de ma part d’aucun doute, aucune restriction, aucune limitation. Ce qui se produit lors de chaque « émeute en banlieue » est inacceptable dans une démocratie. L’agression des forces de polices est inacceptable dans une démocratie
- Je ne pense pas une seconde que les forces de police ont simulé leurs blessures ou se les sont fait occasionner délibérément.
Une fois ces portes ouvertes dûment enfoncées, nous pouvons en revenir à ce que je disais, et qui peut se formuler autrement :
Plutôt que de se poser la question (nécessaire) du « pourquoi ces gens font ils ça ? », il me paraîtrait intéressant que les médias se posent la question préliminaire « pourquoi peuvent ils le faire ? »
La légitime condamnation ne dispense pas (ne devrait pas dispenser) d’un minimum d’analyse au-delà des effets de manche faciles.
J’ai cité le papier du Monde parce qu’il me semble constituer un excellent exemple de traitement de ces « événements » . Pas une seule fois les journalistes ne semblent s’être posé la question de savoir pourquoi ce que eux voyaient, les forces de police n’étaient pas en mesure de la voir.
La « société du spectacle » semble avoir été inventée à Villiers-le-bel.
Pour faire court, je pense qu’une partie de la réponse à « pourquoi ces gens font-ils ça ? » est « parce qu’ils peuvent le faire ».. et ce point pose question.
Ou du moins peu, ou du moins devrait poser question. Pourquoi alors qu’on ne peut invoquer ni le manque d’expérience après 2005, ni l’effet de surprise ( il ne se passe pas un jour sans qu’on évoque le risque « que ça recommence »), pourquoi donc est ce que cela est possible ?
Si on regarde en arrière, les choses sont généralement laissées à l’état de « possible » dans les cas ou l’on a pas de solution alternative, c’est pour cela que j’ai cité l’exemple très représentatif (quoique certes situé dans un contexte autant social que politique, très différent de celui des banlieues) des paysans il y a quelques décennies..
Je ne pense pas le moins du monde que N. Sarkozy ait jamais décrété que rien ne serait fait pour les banlieues, je ne pense pas une seconde que N. Sarkozy instrumentalise la police pour stigmatiser les banlieues, je me pose en revanche (et j’aimerais que parfois les médias donnent l’impression de se la poser) la question de savoir si quelque chose est faisable pour ces banlieues (au-delà des pansements réguliers).
Si la réponse est « rien » alors la réponse à « pourquoi cela est-il possible ? » coule de source hélas, et on en revient à mon titre un brin (mais seulement un brin ) humoristique de « de l’utilité sociale des CRS ».
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Réfléxion sur Internet, les médias, et Yahoo à l’âge de pierre
L’actualité en ce moment sur le front d’Internet, c’est l’insolente succes story de Google.
En France Google représente 85,8 % des requêtes (contre 65 % au niveau mondial) Yahoo plafonnant à 3,8% (contre 5,3% en janvier) [1].
Google encore qui est sur les rangs pour le rachat de la plate-forme publicitaire historique en Europe DoubleClick et pour celui du très en vogue site pour jeunes FaceBook (rachat qui oppose Google et Microsoft)/.
Yahoo ancien roi de l’Internet se retrouve donc dans une situation délicate et se doit de multiplier les annonces.
Hier j’étais à une conférence de presse de Yahoo France qui devait annoncer quelques choses sur le plan publicitaire ainsi qu’une nouvelle politique en matière de vidéo.
Je suis en ce moment entrain de rédiger la partie image du guide multimédia de fin d’année de l’hebdo Le Point et j’avais avec moi une petite camera Panasonic.
Yahoo avait mis les petits plats dans les grands. La conférence de presse avait lieu au Mini Palais une zone du Grand Palais, elle commence par une déclaration filmée du patron de Yahoo, puis le dirigeant de Yahoo France monte à la tribune pour annoncer la nouvelle stratégie de l’entreprise.
Pensant que la contre attaque de Yahoo est peut-être un truc important, je commence à filmer .. et subitement une jeune femme scandalisée me tombe dessus m’expliquant qu’elle est de Yahoo France et qu’il est interdit de faire de la vidéo pendant les conférences de presse ou le patron de Yahoo France parle de vidéo.
Ces gens là ont manifestement tout compris des médias, de l’internet des rigolades afférentes.
Avec une culture de ce genre, m’est avis que Google a encore quelques belles années devant lui.
Pour le reste, le ridicule m’amuse lorsqu’il est drôle, là ce n’était même pas le cas, j’ai quitté la salle sans écouter la suite.
[1] Sources :
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Réflexions sur le dernier Harry Potter
Une question me turlupine : le responsable de lancement du bouquin qui a réussi à enrôler sans bourse trop délier la plupart des médias hexagonaux notamment dans leurs éditions de 20h d’ordinaire dévolues aux circonvolutions du monde (et j’imagine bien au delà, sans doute une partie des médias occidentaux ) au service du lancement de son bouquin aura t il la légion d’honneur ?
Si les exemples de ce type se multiplient au profit de l’industrie du divertissement anglo-saxonne (l’honnête polar mystique de plage de Dan Brown qui a fait des dos de kiosque sous l’étiquette des hebdos “d’informations” français sans parler des JT) ou américano-asiatique ( les consoles de jeux etc etc etc..) je ne connais pas d’exemple ou les journaux télévisés d’informations français, se soient mis à ce point au service de la promotion d’un produit ludique ou culturel hexagonal.
Que la presse anglaise se transforme en service commercial d’un de leurs auteurs a diffusion internationale.. soit.
Mais là franchement on pourrait presque appeler ça du “ménage” institutionnel…..
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Reflexions à propos de Libé et les « statistiques ethniques »
Je lis ce matin (en ligne) dans libé que « Libération publie une pétition qui s’élève contre l’apparition de «statistiques de la diversité» en France. »
S’en suit un texte qui commence par l’ésotérique « L cains riposte » je ne sais pas qui et ce « L Cains », mais je sais que décidément il faudrait arrêter de penser que publication en ligne et SR sont des concepts incompatibles.
Impossible de mettre la main sur la susnommée pétition d’ailleurs.
Je me suis arrêté sur ce papier parce que la notion de statistique ethnique m’a fait sourire.
Sur le principe je serais plutôt pour, dans la vraie vie (et le papier de Libé n’en tient nul compte) je ne vois pas trop comment ça pourrait être possible (enfin sauf à aller comptabiliser uniquement les 100% maliens, chinois de pur souche et autres non mélangés qui ne doivent pas être légion).
Il me semble que le problème de la « divers citées » c’est le métissage (abomination pour les uns, chance pour les autres deux conceptions aussi grotesques l’une que l’autre, je crois que je préfère la première qui à la mérite d’être moins hypocrite).
Je serais curieux de savoir comment on va mettre en chiffres les mélanges.
Moi qui vous parle par exemple, je suis à moitié noir à moitié stéphanois, quelle est la moitié prégnante… je serais bien en peine de répondre. Sur le plan de la religion je suis catholique mais sur le plan de la colorimétrie je suis douteux, bref, le sondeur qui viendrait me mettre en chiffres à intérêt à aimer la bière, parce que l’échange risque de durer un brin.
Ceci étant cette approche qui n’ose pas dire son nom,(parce que si Libé parle de « statistique ethnique » il s’agit en fait et Libé le sait parfaitement, de statistiques touchant à la couleur, à la religion ou à la différence culturelle, les notions ethniques n’ayant pas grand chose à voir là dedans), constitue en creux une bonne photographie du ravin qui sépare l’idéal républicain (tous pareils) de la réalité des choses (« Amehd, immigré de quatre vingt douzième génération…. ») .
Il est un peu navrant de voir un quotidien qui se veut moderne, se vautrer dans la propagation de ces représentations éculées.
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Reflexions sur la déontologie « low cost »
Après Béatrice Schönberg et Marie Druker écartées de leurs JT respectifs pour cause de relation amoureuse avec un politique (la première écartée de force, la seconde s’étant écartée toute seule pour éviter que la question ne se pose) c’est au tour d’Alain Duhamel ( qui collabore à France 2, Libération et RTL) de se voir remiser au placard par France 2 et s’est du coup retiré temporairement de sa fonction d’éditorialiste sur RTL pendant la période électorale, pour avoir déclaré qu’il voterait Bayrou [1].
J’avais déjà trouvé que les mises à l’écart de mesdames Schönberg et Druker constituaient un spectacle désolant et que l’espèce d’obsession de la sphère journalistique à se donner une image en creux assez pitoyable.
Le message me semble être qu’il est tout à fait acceptable pour un journaliste politique bossant pour un média à forte exposition de ne pas très bien faire son boulot dans la mesure ou il/elle ne couche pas, ce qui est vraiment d’un niveau cour de lycée.
Cette obsession normativo-morale a des contours étonnants. On peut par exemple dans le même temps défendre que deux personnes qui couchent ensemble sont forcément sur la même ligne de pensée et d’intérêt et défendre avec la même vigueur que le couple Royal/Hollande discorde a qui mieux mieux sans que jamais l’incohérence de ces deux postulats ne saute à l’esprit.
Ces différents avatars mi- people, mi-médiatiques ont été abondamment couverts.
Il me semble manquer un élément important dans cette affligeante saga qui part des mésaventures de mesdames Schönberg et Druker pour trouver un épilogue temporaire dans la pantalonnade Duhamel, cet élément important est l’absence totale de contrôle de ce qui est publié, dit, montré dans la presse.
On peut dire absolument n’importe quoi dans un média et très rares sont les retours en arrière, les rectifications, les mea culpa. Le dernier qui me vient à l’esprit est le courageux et pédagogique exercice de France 3, qui, s’étant laissé conter fleurette par les sirènes du journalisme citoyen avait diffusé dans son 19/20 une vidéo de chasseurs américains du Wyoming s’ébattant gaiement dans la nature en révolvérisant à qui mieux mieux des lapins, en la présentant comme des images des images tournées par les soldats américains lors de combats contre les talibans en Afghanistan. La séquence était censée avoir été réalisée par un tireur d’élite américain filmant ses cibles avant de les abattre…
Non seulement la chaîne a rectifié mais en démontant ce qui s’était passé, chapeau.
Chapeau d’autant plus que c’est rarissime.
Il n’y a pas non plus de travail journalistique revenant sur ce qui a été dit écrit publié, tout d’abord parce que probablement le flux est tel que ce serait mission impossible et également parce que donnant dans un travers très hexagonal, les quelques émissions qui s‘y attachent, donnent dans l’anecdote, la pirouette parisianiste et autres amuse gueule.
Ces gamineries marketing qui veulent que désormais un journaliste ne doit pas avoir de vie sexuelle, et s’abstenir de toute opinion personnelle, me semblent relever d’un rattrapage « low cost » de cette carence de contrôle : on peut dire n’importe quoi dans un média, vérifions au moins que cela ne soit pas dit par n’importe qui.
Après tout pourquoi pas, en tous cas cet exercice de déontologie a bas coût me semble cohérent avec l’état de la presse d’information chez nous.
Si nous avions une presse d’informations rigoureuse et humble, alors cette chasse aux sorcières nouvelle vague pourrait passer pour un simple excès de zèle bien pardonnable, le problème c’est que dans l’état, elle sert de substitut à la rigueur, ce qui forcément, est moins bien.
[1] Le même Alain Duhamel qui s’était attiré les foudres de France 2 en 2002 pour avoir publié un livre d’entretiens avec Lionel Jospin : « Le temps de répondre ».
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Reflexions à propos de la fixation sur le noeud
Petite réflexion pré-cafféine en écoutant les news ce matin : Iran/Royal même combat, et ça me navre.
Ce qui me navre c’est moins la vacuité du débat politique que celle de la couverture qui en est faite.
L’exemple des sous-marins me semble caricatural.
Qu’une candidate ignore le nombre de sous-marins nucléaires que la France possède mérite de monopoliser les médias, le fait que personne n’ait la moindre idée de ce qu’elle entend proposer à quelques mois des élections, ça, ça relève de l’anecdote.
Je n’en ai personnellement rien à faire qu’une candidate ignore le nombre de sous-marins nucléaire de notre arsenal. Je participe à payer de mes impôts des bataillons de généraux pour s’occuper de ce genre de choses et vu la fréquence d’utilisation de ces engins je subodore qu’elle aura le temps de se mettre au courant de leur comptabilité en cas de besoin.
J’aimerais en revanche que les médias me parlent de programme, de politique, d’impact d’icelle sur le futur, de la vraie vie quoi.
Quel rapport avec l’Iran ? et bien j’en vois un énorme de rapport, c’est celui de la fixation sur le nœud du ruban du paquet en lieu et place du contenu du paquet.
J’ai lu/entendu/.vu partout mes confrères se gausser de la « gaffe » de Chirac, je n’ai lu/vu/entendu personne investiguer sur une question toute bête : a t il raison ou tort ?
Mise à jour : Un confrère me dit que Bernard Guetta sur France Inter ce matin a fait sa chronique sur le thème : Chirac n’avait pas tort quand il disait que plus inquiétant que la dotation de l’arme nucléaire par l’Iran était la prolifération de cet armement dans la région.
Qu’il soit loué pour cette tentative de remonter un peu le niveau.
Elle est pourtant pas bête cette question si on pense que les US sont passés à deux doigts d’un remake de War in the Gulf II à Téhéran qui n’est d’ailleurs toujours pas exclu (lire à ce sujet l’intéressant papier/interview de Laurent Zecchini publiée le 25 janvier dans le Monde sous le titre « Y a-t-il une “guerre secrète” entre l’Iran et les Etats-Unis ? »)
Elle est encore moins bête si on prend en compte la situation des réserves pétrolières dont les mauvaises langues finiront par dire qu’elle n’est pas étrangère à l’agitation autour des puits de pétrole… pardon c’est un lapsus.. autour du Moyen Orient (rappel, même chez Total on commence à répéter que les réserve de pétrole sont de l’ordre de 50 ans au rythme de conso actuel).
Je m’étonne donc que la focalisation sur le nœud du paquet, le côté « people » de l’affaire « rooooh.. le vieux Chirac aurait dit une bêtise qui défrise les Américains » empêche de regarder dans la boîte.
Parce que s’il a tort Chirac, alors oui c’est une bourde ridicule.
Si en revanche il a raison, alors là les choses deviennent très intéressantes et offrent une clé de lecture originale aux agitations pétro..moyen orientales.
Désolé.. bon je vais aller me prendre mon café, après ça ira mieux et en me concentrant très fort, je finirais par trouver la bravitude passionnante.
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Réflexions sur « l’esthétique du flou » nouveau label de l’authentique
Big brother is … you
Les weblogs trouvent leur prolongement dans les sites de vidéos, qui proposent la sensation d’une loft story étendue à la totalité de la vie
Tout événement est susceptible d’être filmé et diffusé. l’intérêt ne vient plus de l’événement, mais de son exposition. Chaque “citoyen” devient une caméra de vidéo surveillance en puissance, or une caméra de surveillance donne des images floues et granuleuses….
Primauté de la forme sur le fond: nouveaux codes
La caractéristique de ces médias personnels est l’exécrable qualité technique (ce n’est pas péjoratif, juste descriptif) qui tranche avec le côté policé à l’extrême des médias traditionnels.
Cette qualité exécrable n’est pas le fruit du hasard ou d’un manque de moyens, mais s’inscrit dans la conformité à une nouvelle esthétique : le flou et le granuleux [1].
Le succès de ces médias personnels semble lié justement à cette mauvaise qualité qui dans les codes classiques de déchiffrage des médias est associée à la notion de vérité.
Exemple caricatural, pendant des années la presse people a usé et abusé de photos floues et granuleuses pour donner la sensation qu’elles étaient volées, même si ce n’était pas toujours le cas.
En ce sens, la désormais célèbre vidéo de Ségolène Royal parlant des professeurs est intéressante. Cette vidéo est floue, de qualité médiocre (et donc fleure bon le document) alors que la réunion est publique. Aucune réaction particulière n’a suivi cette réunion et les propos de Ségolène Royal. Il aura fallu sa diffusion sur le web pour que ce film, jugé jusque là complètement banal prenne valeur de « document » précieux.
Cette esthétique du flou vient de passer au stade supérieur avec la présentation des vœux des deux bretteurs officiels, Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal.
La vidéo de Nicolas Sarkozy est d’un austère absolu, le cadrage pour le moins étrange et les réalisateurs ont poussé la sophistication jusqu’à ajouter du vignettage [2] sur l’affichage du panneau final qui donne les coordonnées.
Pour apprécier à sa juste valeur l’apparent manque de moyen vidéo de l’UMP il faut se remémorer la confession d’un journaliste de France 3 publiée par le journal le Monde le 7 novembre 2006 : « 80% des images montées dans mon sujet proviennent de l’UMP » . L’UMP dispose d’une cellule dédiée, ETC (Études, techniques et communication) qui depuis l’automne 2005 suit le Ministre dans tous ses meetings et est dans de nombreux cas la seule habilitée à filmer ses entrées en scène.
La vidéo des vœux de Ségolène Royal est encore plus marquante (si j’étais médisant, ce que heureusement je ne suis pas, je dirais « encore pire »). Non seulement elle est floue, mais le cadre bouge de façon erratique comme si c’était un enfant qui a filmé la scène. Le décor est un chef-d’œuvre de kitsch familial. Je n’ai pas d’information sur les moyens vidéo du Parti Socialiste mais je subodore qu’ils doivent être au moins au niveau de ceux de l’UMP.
Il est à noter que ces partis politiques ont une telle force de frappe en matière de moyens vidéo leur permettant non seulement de réaliser des captations du niveau de celle des chaînes de télévisions, mais qui leur permettent de s’y substituer (en interdisant parfois l’accès à certaines zones) que récemment le syndicat SNJ-CGT de France Télévision à demandé «aux cadres et aux journalistes de terrain de refuser d’intégrer à nos sujets ces images de propagande. Il appelle les journalistes qui se verraient refuser de travailler librement par les organisateurs de meetings à quitter les lieux et à saisir les syndicats, afin que nous puissions poursuivre devant les tribunaux pour atteinte à la liberté de la presse.»
Il est donc tout à fait étonnant (ou au choix, savoureux, effrayant…) de voir les services de communication de ces partis épouser les codes des médias personnels pour quelque chose d’aussi anodin que des voeux. A n’en pas douter l’année 2007 et la campagne qui se profile, vont être intéressantes.
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[1] Il y a des cas ou il est intéressant de marier média personnel (et donc « authentique ») et image de qualité correcte. Pour cela, la mouvance du média personnel trouvé des outils parfaits dans la dernière vague des téléphones portables. Les Nokia N91 et N93 sont ainsi devenus les icônes de la vague du média personnel, il présentent l’avantage de fournir une image de qualité fort honnête et une apparence de téléphone « juste sorti de la poche pour saisir l’évènement sur le vif ». Il est intéressant de noter que ces nouveaux outils (dont mon propos n’est pas de les critiquer, j’en suis un partisan convaincu, je me suis déjà trouvé en situation de diffuser à la télé des portions de vidéo tournées avec un N93), valent le prix d’un caméscope. Leur usage systématique ne relève donc pas d’une absence de moyens, mais bien de la volonté de s’inscrire dans ce courant du « low cost pictural », garant d’une authenticité que n’auraient pas les médias traditionnels utilisant des moyens adaptés.
[2] Terme photographique qui désigne l’assombrissement des coins de l’image. Le vignettage est la marque d’un objectif de mauvaise qualité qui forme un cercle image d’un diamètre inférieur à la taille de l’image.
Quelques liens
- Voeux de Ségolène Royal (Dailymotion)
- Voeux de Ségolène Royal sur Désirs d’Avenir (hébergé par Dailymotion)
- Voeux de Nicolas Sarkozy (Dailymotion)
- Voeux de Nocolas Sarkozy (site de l’UMP - lien direct vers le fichier)

