Questionnement : le Web 2.0 est-il un truc de vieux ?
Ok , ok le titre est un brin provocateur.Mais pas tant que ça, et puis il a le mérite d’avoir l’air solidement affirmatif, alors qu’en fait j’aurais du titrer cette note « bouille a base de petits écrans, de fumet de Bulle Internet v2.0 et de mouvement ».. mais bon, ça faisait un titre encore pire.
Cette semaine il m’est arrivé deux choses, badines, qui m’ont amené à me poser cette question fondamentale : le web 2.0 ne serait-il pas un truc de vieux ( je ne suis pas trop débordé en ce moment, d’où ces questions de fond qui me hantent).
Les deux choses badines qui me sont arrivées cette semaine sont d’une part la réception d‘un iPhone (sur lequel je me suis exagérément répandu ici) et d’autre part un petit saut fait hier soir à une soirée introductive à la grand-messe du Web 3 qui doit commencer aujourd’hui.
D’un côté un petit bidule qui dessine à traits encore grossiers, mais très convaincants que ce pourrait être mon rapport à Internet demain, de l’autre une assemblé de jeunes gens présentant bien, et fleurant bon les premières places de sortie d’école de commerce.
Outre le fait que l’iPhone offre un accès facilité à internet et donc aux systèmes mis en place par les jeunes gens suscités, ce qui relie les deux c’est également une petite réflexion sur les dérives du design que m’a inspiré l’iPhone.
J’en étais à ce moment de ma séance de gamberge, me demandant comment tout ça s’articulait, lorsque Florian® m’a fait passer un lien sur une brillante prestation de Philippe Stark [http://www.ted.com/index.php/talks/view/id/197] (si vous vous foutez du design mais flippez à cause de votre accent anglais, cette prestation peut également servir).
Quel rapport entre Philippe Stark , le Web 2.0 et l’iPhone ? Peut-être une question de classification.
En rentrant chez moi hier soir, j’ai regardé ce que font ces fantastiques jeunes gens et deux remarques me sont venues à l’esprit. La première c’est qu’ils font des interfaces, la seconde c’est que je n’ai pas trouvé à quoi sert ce qu’ils font, ou plus exactement à quoi cela sert pour moi, quidam lambda, consommateur présumé de leurs productions. Ce à quoi ça leur sert à eux est évident.
L’iPhone relève de ce que Stark appelle le « design cynique», qui repose sur un postulat simple : le laid se vend mal.
Le Web 2.0 relève de ce que Stark appelle le « design narcissique » : des designers fantastiques qui designent seulement pour d’autres designers fantastiques.
Derrière ces interfaces Web2.0 très jolies avec des designs élégants, il y a une proposition qui ne me concerne pas. L’intérêt de ces systèmes est de justifier l’existence de l’écosystème dans lequel ils évoluent (ce qui en soi n’est pas rien).
Ce qui leur manque c’est une véritable proposition de service qui me concerne.
C’est pour ça que j’aime bien Google. Google ne fait pas d’interface, fait assez peu de mousse, mais me propose divers services qui me concernent. En un sens Google est très Web 1.0 le web du départ qui était censé servir à on ne savait pas trop quoi, mais avant tout servir à tout le monde, alors que le Web 2.0 sert surtout à ceux qui font du Web 2.0 …D’où l’analogique avec la classification de Stark.. . lequel Starck a en outre l’intérêt de figurer dans la liste des intervenants de la manifestation Web3, comme quoi la vie est ironique.
Je me demandais donc si le Web 2.0 n’était pas un truc de vieux, et en regardant la liste des boîtes invitées à cette manifestation Web3, je vois FaceBook que je pratique depuis quelque temps et dont je ne vois pas l’intérêt si ce n’est d’être la plus gigantesque machine à spam ayant jamais réussi à se donner une allure socialement correcte.
Je reçois deux ou trois mails par jour de FaceBook, envoyé par quelqu’un qui « m’a expédié une boule de neige », m’invite à faire partie du groupe des défenseurs des chaussettes dépareillées, m’a « fait cadeau d’une plante virtuelle » ou d’un « hug ».. sans compter que je ne connais pas tous les gens qui sont mes « amis » (et sans doute réciproquement).
Facebook me semble un bel exemple de « design narcissique » a tous les sens du terme, son principal avantage étant d’avoir beaucoup enrichi son astucieux créateur.
Même remarque pour le non moins inévitable Netvibes dont je dois être le seul de la planète à n’avoir toujours pas trouvé l’intérêt (mis à part celui d’enrichir son astucieux créateur, etc…)
Bon tout ça fait un peu flingage en règle pas trop bien argumenté et ne répond pas à mon interrogation initiale, le Web 2.0 n’est-il pas un truc de vieux ? Eh bien ce qui m’a fait penser ça en fait c’est l’iPhone.
Tous ces systèmes Web 2.0 proposent dans l’ensemble des services (ou plutôt une absence de) qui reposent sur le bon vieux PC, lequel, grâce à ses capacités graphiques, confère une importance primordiale à l’interface, masquant la relative vacuité de la proposition de service.
Problème, dans un monde ou le réseau prend de l’importance (je suis sans doute hypertrophié de ce côté, j’en conviens) l’accastillage électronique à partir duquel je me connecte au réseau n’a pas d’importance, du coup l’interface n’a pas d’importance, seul reste le service.
Ce point est amplifié par l’exiguïté des nouveaux écrans (pour moi c’est l’iPhone, mon fiston pour sa part brandirait plutôt sa PSP (à 13 ans une PSP c’est plus une prothèse qu’une console de jeux..). Faire de l’esbroufe sur un grand écran de PC c’est simple, sur un petit écran d’iPhone ça l’est moins.
Ça l’est d’autant moins qu’un iPhone, comme tous les petits écrans connectés, ça bouge, et lorsqu’on bouge on fait autre chose en parallèle de la consultation de l’écran et donc on est moins sensible à l’interface.
Bref tous ces systèmes Web 2.0 qui s’adressent à un public fixe, sédentaire, immobile devant l’engin le moins ergonomique de tout l’univers électronique grand public (l’ordinateur), me semblent d’un intérêt assez modéré lorsque je suis dans la rue, dans ma voiture, dans une salle d’attente, etc… bref, lorsque je suis connecté à internet.
C’est pour ça que je me demande si le Web 2.0 n’est pas au fond, un truc de vieux… je me demande.. je ne suis pas sur d’avoir raison.
Pour faire de l’humour bête, je pense même qu’a vouloir faire du « réseau social », terme que je trouve totalement ridicule, cela dit l’étiquette est la mode, nous sommes entrés dans l’ère de l’Uniforme 2.0, entre les « blogueurs » les « débats participatifs » (celui-là est excellent, avant 2007 un débat non participatif ça s’appelait un monologue) etc…a force donc, de faire du « réseau social » une fois que le bidule électronique portable sera la norme, on va finir par réinventer le téléphone, parce que franchement pour entrer en contact avec mes « amis » le téléphone c’est mieux (ça m’évite de leur pomper l’air avec des « pillow fights ») .
Cela dit ça tombe bien, l’iPhone téléphone aussi (mal, mais il le fait). Il est visionnaire cet engin au fond.
Je regarde la liste des participants à la manifestation LeWeb3, et j’y lis des choses qui dépotent comme « Bringing social to software: Radical change is coming. Are we ready ? » (yeah…) mais je ne vois pas un seul opérateur de télécom.
C’est peut-être ça qui me gêne.
Pour illustrer ce que je perçois du Web 2.0 une très vieille anecdote me vient à l’esprit.
Ça remonte à une bonne dizaine d’années, je travaillais à l’époque pour un hebdo informatique très sérieux et défunt depuis (Le Monde Informatique) et j’assistais à une présentation/conférence autour de systèmes travaillant sur l’analyse de données.
Le conférencier, un type passionnant parle pendant des heures de problématiques de haute volée sur le « data mining » les petits cubes et autres rigolades du genre, puis à la fin de la demi-journée, s’assied, épuisé après la séance de question réponses.
S’en suit une discussion plus informelle, et à la fin, au moment ou la réunion commençait à tourner à la séance de déconnade (du type de celle qui fait du bien après une demi-journée dense) il laisse glisser avec un sourire : » et puis les gars, ne perdez pas de vue de tout ce bazar ça sert à savoir si la mousse à raser se vend bien en même temps que la bière par packs de 12 dans les supérettes des environs de Lille ».
En gros c’est ça, c’est même exactement ça, « Bringing social to software: Radical change is coming. Are we ready ? » ça vise quand même tout bêtement à savoir si vous préférez les frites surgelées aux hamburgers lyophilisés.
C’est indispensable, ça fait vivre plein de gens, mais de là à en faire des concepts péri-philosophiques il y a un peu de marge, et par-dessus tout, de là à me faire croire que ça me sert à quelque chose à moi… là il ne faut quand même pas pousser.
Ça sert aux marchands oui, et il n’y a pas de mal à être marchand, j’ai besoin des marchands.
Ce qui me gène, par delà l’absence de service rendu, c’est qu’on essaie de m’expliquer que ça me sert à moi, avec une terminologie un rien excessive (« social » par exemple, parce que c’est sur qu’en terme de « social aggregator » une galerie marchande d’Auchan ça ridiculise n’importe quelle startup, mais Auchan a le bon goût de ne pas essayer de me faire croire que sa galerie marchande joue un rôle social qui va apporter un « radical change » pour lequel je dois être « ready » enfin pas moi tout seul, mes « amis » aussi hein).
Ceci étant, cet objectif légitime l’emphase sur l’interface, puisque c’est elle qui est censée m’attirer puis me pister, m’inciter à me livrer etc… sous certains aspects (sous certains aspects seulement) le Web 2.0 c’est du marketing en plus hypocrite, un marketing plus sirupeux, enrobés de grand sentiments, parsemé de promesses de monde meilleur (le marketing c’est pas nouveau, et c’est utile, le marketing qui vous trouve des « amis » c’est certes nouveau, mais d’une utilité discutable, d’autant qu’il peut se retourner contre son initiateur…)..
On en revient à la question de départ, ce bazar n’est il pas un truc de vieux dans la mesure ou ces interfaces hein.. j’ai bien l’impression que si on doit dans le futur (dans certains cas, dès à présent) utiliser internet sur des petits objets mobiles, on va en venir à passer outre, d’autant que ces petits objets mobiles ramènent la consultation d’un site à la substantifique moelle d’un besoin concret ce qui élude pas mal de fioritures….
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Une question me turlupine : le responsable de lancement du bouquin qui a réussi à enrôler sans bourse trop délier la plupart des médias hexagonaux notamment dans leurs éditions de 20h d’ordinaire dévolues aux circonvolutions du monde (et j’imagine bien au delà, sans doute une partie des médias occidentaux ) au service du lancement de son bouquin aura t il la légion d’honneur ?
Si les exemples de ce type se multiplient au profit de l’industrie du divertissement anglo-saxonne (l’honnête polar mystique de plage de Dan Brown qui a fait des dos de kiosque sous l’étiquette des hebdos “d’informations” français sans parler des JT) ou américano-asiatique ( les consoles de jeux etc etc etc..) je ne connais pas d’exemple ou les journaux télévisés d’informations français, se soient mis à ce point au service de la promotion d’un produit ludique ou culturel hexagonal.
Que la presse anglaise se transforme en service commercial d’un de leurs auteurs a diffusion internationale.. soit.
Mais là franchement on pourrait presque appeler ça du “ménage” institutionnel…..
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Dans le même style futile/utile, LG a transformé un bar (l’Ile Enchantée) en bar/laverie auomatique, en s’associant avec un bar branché du 19ème arrondissement parisien près de la place du Colonel Fabien et du Canal Saint-Martin.
C’est une façon intelligente de se faire de la pub, les clients peuvent laver leur linge en buvant un coup tout en regardant les écrans plats et autres de LG.
Comme je ne suis pas sur d’avoir le temps d’en parler ce matin je mets une petite vidéo de l’inauguration en ligne
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- Réserve d’énergie sur le port USB: Gear4 PocketPower
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La télé dans les taxis
Le créateur de la société info Ecran [ Accès direct ] a eu cette idée à la fois simple, évidente et originale en discutant avec un chauffeur de taxi. ce dernier déplorait d ne pouvoir proposer aucun loisir vidéo à ses clients pour les faire patienter pendant les trajets… aussitôt dit , aussitôt fait.
Info Ecran installe dans des taxis des écrans vidéo qui diffusent gratuitement des programmes (le financement est assuré par la pub). Originalité technique, la mise à jour des systèmes embraqués se fait en wi-fi. Une fois par semaine, ils se rendent dans l’un des points de rechargement installés ans certaines stations-service BP de la capitale et, sans aucune manipulation de la part des chauffeurs, de nouveaux programmes vidéo sont transférés dans la voiture. Info-Ecrans en profite par la même occasion pour récupérer des infos statistiques sur la consultation des programmes et des pubs.
