Mauvaise humeur : Le fond de l’air est noir…


© soulcié

Mise à jour lundi 17 mars : Le mur du çon vient d’être perforé par un conseiller municipal, député de la 10e circonscription de Paris et vice-président de l’Assemblée Nationale

baupin

Il y a du Shadock dans cet homme : Ça l’air de marcher donc il est urgent de tout arrêter….

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L’épisode de pollution aiguë que nous traversons à de quoi énerver/désespérer.
Désespérer tellement il est prévisible, normal, tellement tout à été fait pour qu’il survienne.
Je suis un grand fan du vélo, je ne m’en cache pas, et je trouve surréaliste qu’on se déplace autrement en milieu urbain. Pour autant je ne suis pas contre la voiture en tant que telle, à la campagne par exemple, elle est indispensable, et envisager les déplacements inter-cités uniquement en transports en commun n’est pas réaliste.
En revanche utiliser des bagnoles à pétrole en ville c’est hallucinant en 2014. A priori la circulation automobile entre pour 18/20% dans la pollution actuelle qui donne à Paris un air assez pékinois.

Dans la segmentation marketing des bagnoles il existe la catégorie « citadines » , c’est à dire des turbines à mazout expressément prévues pour saloper les villes…magique.
Il est interdit de faire de la pub pour le tabac ou le pinard, en revanche entre deux volutes de particules fines les paysages urbains sont tapissés de pubs de bagnole…tout est normal.

Cette génuflexion devant la sainte bagnole échappe à toute approche rationnelle, même l’argument économique ne tient pas.

L’industrie de la bagnole licencie à tours de bras, il a déjà été démontré que l’industrie culturelle ( pourtant un truc anecdotique puisqu’on essaie à date régulière d’éradiquer ses intermittents ) rapportait 6 ou 7 fois plus que l’industrie automobile.
Merci de ne pas dégainer le « made in France » , appliqué à la sainte bagnole il est risible. Peugeot est en train de se vendre à des chinois, Renault vit en vendant des bagnoles roumaines, les groupes allemands ( Volkswagen…) appartiennent pour part au Quatar etc..et dans ces turbines à mazout on déverse des seaux de pétrole qui servent à enrichir les monarchies du Golfe ( finançant au passage quelques barbus) le tout géré par Total qui ne paie pas d’impôts en France…

La sainte bagnole à ce pouvoir de déconnecter les cerveaux et de faire qu’un bon père de famille peut sans rougir de honte se retourner vers sa marmaille bien installée dans sa grosse berline, leur dire qu’il les aime, puis leur fignoler un joli petit cancer d’un grand coup d’accélérateur .
Elle a aussi le pouvoir de déconnecter le cerveau de nos gouvernants qui ont le culot de demander aux personnes fragiles de rester chez elles ces jours-ci sans qu’une connexion synaptique élémentaire ne les conduise à penser qu’arrêter la circulation ne serait pas une mauvaise idée ( un peu comme si pour diminuer les accidents de chasse dans les jardins publics le gouvernement recommandait aux promeneurs de se baisser un peu pour éviter la chevrotine).

Lorsqu’il s’agit de la sainte bagnole la réalité enterre la fiction la plus hallucinée….

L’automobile en ville pose un problème d’hygiène de base, l’auto c’est sale pour les poumons, pour les yeux pour les oreilles. Il est intéressant d’ailleurs de voir que là encore la bagnole déconnecte les comportements usuels. Le sens de la propreté augmente ( pour des raisons de moyens, pas de prédétermination) avec la CSP…pas lorsqu’il s’agit de bagnole ou les CSP + urbains sont des porcs au même titre ( voir plutôt plus) que les catégories du dessous.

Ces jours-ci le fond de l’air est noir, l’air est dégueulasse, pue, tue. D’ordinaire on peut faire semblant de ne pas savoir tant que le vent disperse cette merde, mais la ça devient compliqué de jouer les aveugles….

Il est urgent de continuer à circuler en auto en ville

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Une études du cabinet CEBR (Centre for Economics and Business Research) , basé à Londres, et d’Inrix, une société d’infotrafic américaine, publiée le 17 décembre et reprise par tous les canards économiques ou quotidiens vient de chiffrer le coût des embouteillages pour la France : 6 milliards.. pas mal
Cela représente par exemple :
– 677 euros par foyer
– 568 millions d’euros perdus dans le « carburant gaspillé »
– 3,5 milliards d’euros perdus dans le temps passé dans les embouteillages
– plus intéressant encore : 1,8 milliard est répercuté sur les prix à la consommation.

Cette étude comme toutes celles qui touchent au grand tabou des poubelles à mazout automobiles, ne traite qu’une partie du problème. Les coûts annoncés ne semblent pas prendre en compte les coûts de santé liés à la pollution, la détérioration des édifices publics (j’aimerai savoir combien coûte par an et par parisien, les ravalements réguliers des façades de monuments noires de fumée) etc etc.. mais ces chiffres sont suffisamment importants pour donner à réfléchir.
677 euros par an c’est le prix d’un bon vélo de ville, gratuit tous les ans…

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Le vélo, transport le moins exposé à la pollution urbaine

Tordre le cou aux idées préconçues soulage.
Soulageons nous donc..
TerraEco vient de publier sous le titre « Faut-il arréter de respirer quand on prend le métro ? «  un très intéressant article qui peut se résumer par le tableau suivant, représentant l’exposition à la pollution à Paris en fonction des modes de transport

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Cet article part d’un constat surprenant « A Paris, l’air du métro est plus pollué que celui du périphérique. »

Les résultats de l’étude sont sans appel :

Le meilleur, c’est le vélo. C’est en selle que vous êtes le moins exposé aux particules fines. Et l’exposition au dioxyde d’azote – qui est facteur de troubles respiratoires – est anecdotique. « L’exposition à la pollution peut être ponctuellement importante mais sans phénomène d’accumulation », note l’Oramip. En clair, avoir le nez dans un tuyau d’échappement au feu rouge n’est pas bon mais reste peu dangereux puisque l’exposition reste brève, ouf.
En métro, vous êtes fortement exposé aux particules fines, on l’a vu plus haut. Mais vous êtes plutôt épargné pour le dioxyde d’azote (c’est à peine moins bien qu’à vélo). De même pour les – très toxiques – benzène et monoxyde de carbone.
En voiture, vous êtes très exposé au dioxyde d’azote, au monoxyde de carbone et au benzène. En effet, l’habitacle fermé de la voiture entraîne une accumulation de la pollution. En revanche, on est moins exposé aux particules fines que dans le métro. Mais bien plus qu’à vélo ! Encore une bonne raison de vous mettre à la pédale.
En bus, c’est l’inverse du métro. Plutôt mieux que les autres pour les particules en suspension (même si la moyenne d’exposition est deux fois plus élevée qu’à vélo !), plutôt moins bien pour les autres polluants là aussi à cause de l’habitacle fermé du véhicule.

C’est à lire ici