De l’utilité sociale du CRS

novembre 29, 2007 · Filed Under Réflexions · Comment 

Précision introductive, ce qui suit ne relève en aucun cas de la théorie du complot, il est évident que tout cela relève plus d’un imbroglio de stratégies administratives archaïques ayant des conséquences intéressantes sur un plan politique, que d’une manœuvre concertée.

Ceci précisé… je regardais ce matin une sorte de compte rendu de Villiers-le-Bel lorsque me revint en mémoire la phrase d’un ancien camarade de « mouvement » (dans ma jeunesse je militais dans des mouvements non-violents et assimilés, je doute fort que je re-signerais si on me le présentait, tout ce que j’ai glapi à l’époque…).

Ce « camarade », professait un intérêt particulier pour le CRS (à l’époque le CRS était clairement l’ennemi de prédilection, nous sortions juste du « CRS-S-S de main 68) au titre que le susnommé avait une évidente utilité sociale et politique et que le juger comme une simple machine à taper était une approche à très courte vue.

Sa théorie pouvait se résumer de la façon suivante : lorsque les jeunes paysans (à l’époque le problème était plutôt dans les campagnes, les jeunes paysans écrasés de dettes et avec un avenir.. déjà.. pour le moins bouché .. manifestaient assez violement à date régulière) pêtent un câble, il y a deux options.
La première c’est d’avoir une politique agricole qui leur sauve la mise, ce qui est à peu près impossible tant les divers intérêts sont contradictoires, la seconde est de leur envoyer quelques compagnies de CRS.
Ces jeunes paysans pleins de santé et manquant d’exercice, vont balancer les fourgons de CRS dans les champs, distribuer généreusement quelques gnons puis soulagés, rentrer dans leurs fermes , jusqu’au prochain coup de colère ou on va leur envoyer quelques compagnies de CRS etc etc….

Globalement l’histoire lui a plutôt donné raison, et, pendant des décennies, le CRS a été un élément important de la politique agricole.

Ceci me ramène à Villiers-le-Bel et plus largement à la dimension tactique du traitement policier des « émeutes en banlieue ».
Je n’ai pas lu grand monde s’étonner de l’incurie des services répressifs face à aux « débordements ».

La première fois qu’une « émeute en banlieue » (quand était-ce ?) s’est produite, que la technique « en ligne » traditionnelle (un alignement de CRS pour faire face à un alignement de manifestants) soit défaite était normal, et prévisible.

Le souci est que depuis, des « émeutes en banlieue » il y en a eu pas mal, or à chaque fois j’entends le récurent « oui mais on a été pris par surprise, ce sont des petits groupes mobiles etc etc.. on a du mal à faire face etc etc… », bref il semble que la stratégie anti-émeute des services chargés de ramener le calme ait plutôt régressé depuis 68 (ou côté mobilité le moins que l’on puisse dire c’est que les choses allaient pas trop mal en témoignent les tristement fameux « voltigeurs » en moto) .

Il ne s’agit pas seulement de digression sur la stratégie CRSienne, car l’évidente incapacité de ces derniers à faire face à ce qui est médiatiquement présenté comme une forme moderne de guérilla urbaine, a pour effet de laisser s’exprimer la dite « guérilla » voire de l’inciter à se développer, avec comme contre coup de centrer le discours a propos des banlieues sur les exactions de leurs extrémités.

Si j’étais mauvaise langue, je dirais qu’écraser dans l’œuf ce type de débordement obligerait à re-re-regarder en face le « problème des banlieues », alors que laisser la sensation que la « guérilla urbaine » peut gagner, permet de laisser s’amplifier les moyens de cette supposée « guérilla ». Nous sommes ainsi passés de « ces gens désespérés brûlent des voitures » (2005) à « ils tirent avec des armes à feu sur nos forces de police, la république ne peut tolérer ça » (aujourd’hui)

À lire un article intéressant du Monde, ou comment éviter soigneusement les bonnes questions (le traitement est le même que pour le compte rendu d’une soirée de la Star Ac’).
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3224,36-982827,0.html

Je n’ai pas trouvé de référence de journaux ayant travaillé la question de la stratégie anti-émeute (ou plutôt l’absence de) de nos forces de police et son impact sur les politiques (ou l’absence de) de la ville….

Tout cela pourrait passer à tort pour de l’ironie facile (c’est une réaction très « médiatique »).
Je reprécise donc :
- La critique sévère des exactions commises ne souffre de ma part d’aucun doute, aucune restriction, aucune limitation. Ce qui se produit lors de chaque « émeute en banlieue » est inacceptable dans une démocratie. L’agression des forces de polices est inacceptable dans une démocratie
- Je ne pense pas une seconde que les forces de police ont simulé leurs blessures ou se les sont fait occasionner délibérément.

Une fois ces portes ouvertes dûment enfoncées, nous pouvons en revenir à ce que je disais, et qui peut se formuler autrement :

Plutôt que de se poser la question (nécessaire) du « pourquoi ces gens font ils ça ? », il me paraîtrait intéressant que les médias se posent la question préliminaire « pourquoi peuvent ils le faire ? »

La légitime condamnation ne dispense pas (ne devrait pas dispenser) d’un minimum d’analyse au-delà des effets de manche faciles.

J’ai cité le papier du Monde parce qu’il me semble constituer un excellent exemple de traitement de ces « événements » . Pas une seule fois les journalistes ne semblent s’être posé la question de savoir pourquoi ce que eux voyaient, les forces de police n’étaient pas en mesure de la voir.
La « société du spectacle » semble avoir été inventée à Villiers-le-bel.

Pour faire court, je pense qu’une partie de la réponse à « pourquoi ces gens font-ils ça ? » est « parce qu’ils peuvent le faire ».. et ce point pose question.

Ou du moins peu, ou du moins devrait poser question. Pourquoi alors qu’on ne peut invoquer ni le manque d’expérience après 2005, ni l’effet de surprise ( il ne se passe pas un jour sans qu’on évoque le risque « que ça recommence »), pourquoi donc est ce que cela est possible ?

Si on regarde en arrière, les choses sont généralement laissées à l’état de « possible » dans les cas ou l’on a pas de solution alternative, c’est pour cela que j’ai cité l’exemple très représentatif (quoique certes situé dans un contexte autant social que politique, très différent de celui des banlieues) des paysans il y a quelques décennies..

Je ne pense pas le moins du monde que N. Sarkozy ait jamais décrété que rien ne serait fait pour les banlieues, je ne pense pas une seconde que N. Sarkozy instrumentalise la police pour stigmatiser les banlieues, je me pose en revanche (et j’aimerais que parfois les médias donnent l’impression de se la poser) la question de savoir si quelque chose est faisable pour ces banlieues (au-delà des pansements réguliers).

Si la réponse est « rien » alors la réponse à « pourquoi cela est-il possible ? » coule de source hélas, et on en revient à mon titre un brin (mais seulement un brin ) humoristique de « de l’utilité sociale des CRS ».

 

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Manif de droite

mai 8, 2007 · Filed Under Réflexions · Comment 

La politique est à la mode, voici un concept génialissime qui a failli me faire mourir de rire (méfiez-vous ce truc est dangereux)

C’est ici (tant qu’à faire tapez vous direct la version longue)

Le concept déjà ancien à été remis au goût du jour cette année ici

 

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Reflexions sur la déontologie « low cost »

février 18, 2007 · Filed Under Réflexions · Comment 

Après Béatrice Schönberg et Marie Druker écartées de leurs JT respectifs pour cause de relation amoureuse avec un politique (la première écartée de force, la seconde s’étant écartée toute seule pour éviter que la question ne se pose) c’est au tour d’Alain Duhamel ( qui collabore à France 2, Libération et RTL) de se voir remiser au placard par France 2 et s’est du coup retiré temporairement de sa fonction d’éditorialiste sur RTL pendant la période électorale, pour avoir déclaré qu’il voterait Bayrou [1].

J’avais déjà trouvé que les mises à l’écart de mesdames Schönberg et Druker constituaient un spectacle désolant et que l’espèce d’obsession de la sphère journalistique à se donner une image en creux assez pitoyable.

Le message me semble être qu’il est tout à fait acceptable pour un journaliste politique bossant pour un média à forte exposition de ne pas très bien faire son boulot dans la mesure ou il/elle ne couche pas, ce qui est vraiment d’un niveau cour de lycée.

Cette obsession normativo-morale a des contours étonnants. On peut par exemple dans le même temps défendre que deux personnes qui couchent ensemble sont forcément sur la même ligne de pensée et d’intérêt et défendre avec la même vigueur que le couple Royal/Hollande discorde a qui mieux mieux sans que jamais l’incohérence de ces deux postulats ne saute à l’esprit.

Ces différents avatars mi- people, mi-médiatiques ont été abondamment couverts.

Il me semble manquer un élément important dans cette affligeante saga qui part des mésaventures de mesdames Schönberg et Druker pour trouver un épilogue temporaire dans la pantalonnade Duhamel, cet élément important est l’absence totale de contrôle de ce qui est publié, dit, montré dans la presse.

On peut dire absolument n’importe quoi dans un média et très rares sont les retours en arrière, les rectifications, les mea culpa. Le dernier qui me vient à l’esprit est le courageux et pédagogique exercice de France 3, qui, s’étant laissé conter fleurette par les sirènes du journalisme citoyen avait diffusé dans son 19/20 une vidéo de chasseurs américains du Wyoming s’ébattant gaiement dans la nature en révolvérisant à qui mieux mieux des lapins, en la présentant comme des images des images tournées par les soldats américains lors de combats contre les talibans en Afghanistan. La séquence était censée avoir été réalisée par un tireur d’élite américain filmant ses cibles avant de les abattre…
Non seulement la chaîne a rectifié mais en démontant ce qui s’était passé, chapeau.
Chapeau d’autant plus que c’est rarissime.
Il n’y a pas non plus de travail journalistique revenant sur ce qui a été dit écrit publié, tout d’abord parce que probablement le flux est tel que ce serait mission impossible et également parce que donnant dans un travers très hexagonal, les quelques émissions qui s‘y attachent, donnent dans l’anecdote, la pirouette parisianiste et autres amuse gueule.

Ces gamineries marketing qui veulent que désormais un journaliste ne doit pas avoir de vie sexuelle, et s’abstenir de toute opinion personnelle, me semblent relever d’un rattrapage « low cost » de cette carence de contrôle : on peut dire n’importe quoi dans un média, vérifions au moins que cela ne soit pas dit par n’importe qui.

Après tout pourquoi pas, en tous cas cet exercice de déontologie a bas coût me semble cohérent avec l’état de la presse d’information chez nous.

Si nous avions une presse d’informations rigoureuse et humble, alors cette chasse aux sorcières nouvelle vague pourrait passer pour un simple excès de zèle bien pardonnable, le problème c’est que dans l’état, elle sert de substitut à la rigueur, ce qui forcément, est moins bien.

[1] Le même Alain Duhamel qui s’était attiré les foudres de France 2 en 2002 pour avoir publié un livre d’entretiens avec Lionel Jospin : « Le temps de répondre ».

 

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Reflexions à propos de la fixation sur le noeud

février 2, 2007 · Filed Under Réflexions · Comment 

Petite réflexion pré-cafféine en écoutant les news ce matin : Iran/Royal même combat, et ça me navre.

Ce qui me navre c’est moins la vacuité du débat politique que celle de la couverture qui en est faite.
L’exemple des sous-marins me semble caricatural.
Qu’une candidate ignore le nombre de sous-marins nucléaires que la France possède mérite de monopoliser les médias, le fait que personne n’ait la moindre idée de ce qu’elle entend proposer à quelques mois des élections, ça, ça relève de l’anecdote.

Je n’en ai personnellement rien à faire qu’une candidate ignore le nombre de sous-marins nucléaire de notre arsenal. Je participe à payer de mes impôts des bataillons de généraux pour s’occuper de ce genre de choses et vu la fréquence d’utilisation de ces engins je subodore qu’elle aura le temps de se mettre au courant de leur comptabilité en cas de besoin.
J’aimerais en revanche que les médias me parlent de programme, de politique, d’impact d’icelle sur le futur, de la vraie vie quoi.

Quel rapport avec l’Iran ? et bien j’en vois un énorme de rapport, c’est celui de la fixation sur le nœud du ruban du paquet en lieu et place du contenu du paquet.

J’ai lu/entendu/.vu partout mes confrères se gausser de la « gaffe » de Chirac, je n’ai lu/vu/entendu personne investiguer sur une question toute bête : a t il raison ou tort ?

Mise à jour : Un confrère me dit que Bernard Guetta sur France Inter ce matin a fait sa chronique sur le thème : Chirac n’avait pas tort quand il disait que plus inquiétant que la dotation de l’arme nucléaire par l’Iran était la prolifération de cet armement dans la région.
Qu’il soit loué pour cette tentative de remonter un peu le niveau.

Elle est pourtant pas bête cette question si on pense que les US sont passés à deux doigts d’un remake de War in the Gulf II à Téhéran qui n’est d’ailleurs toujours pas exclu (lire à ce sujet l’intéressant papier/interview de Laurent Zecchini publiée le 25 janvier dans le Monde sous le titre « Y a-t-il une “guerre secrète” entre l’Iran et les Etats-Unis ? »)

Elle est encore moins bête si on prend en compte la situation des réserves pétrolières dont les mauvaises langues finiront par dire qu’elle n’est pas étrangère à l’agitation autour des puits de pétrole… pardon c’est un lapsus.. autour du Moyen Orient (rappel, même chez Total on commence à répéter que les réserve de pétrole sont de l’ordre de 50 ans au rythme de conso actuel).

Je m’étonne donc que la focalisation sur le nœud du paquet, le côté « people » de l’affaire « rooooh.. le vieux Chirac aurait dit une bêtise qui défrise les Américains » empêche de regarder dans la boîte.
Parce que s’il a tort Chirac, alors oui c’est une bourde ridicule.
Si en revanche il a raison, alors là les choses deviennent très intéressantes et offrent une clé de lecture originale aux agitations pétro..moyen orientales.

Désolé.. bon je vais aller me prendre mon café, après ça ira mieux et en me concentrant très fort, je finirais par trouver la bravitude passionnante.

 

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Réflexions sur « l’esthétique du flou » nouveau label de l’authentique

janvier 4, 2007 · Filed Under Réflexions · 1 Comment 

Big brother is … you
Les weblogs trouvent leur prolongement dans les sites de vidéos, qui proposent la sensation d’une loft story étendue à la totalité de la vie
Tout événement est susceptible d’être filmé et diffusé. l’intérêt ne vient plus de l’événement, mais de son exposition. Chaque “citoyen” devient une caméra de vidéo surveillance en puissance, or une caméra de surveillance donne des images floues et granuleuses….

Primauté de la forme sur le fond: nouveaux codes
La caractéristique de ces médias personnels est l’exécrable qualité technique (ce n’est pas péjoratif, juste descriptif) qui tranche avec le côté policé à l’extrême des médias traditionnels.
Cette qualité exécrable n’est pas le fruit du hasard ou d’un manque de moyens, mais s’inscrit dans la conformité à une nouvelle esthétique : le flou et le granuleux [1].

Le succès de ces médias personnels semble lié justement à cette mauvaise qualité qui dans les codes classiques de déchiffrage des médias est associée à la notion de vérité.

Exemple caricatural, pendant des années la presse people a usé et abusé de photos floues et granuleuses pour donner la sensation qu’elles étaient volées, même si ce n’était pas toujours le cas.

En ce sens, la désormais célèbre vidéo de Ségolène Royal parlant des professeurs est intéressante. Cette vidéo est floue, de qualité médiocre (et donc fleure bon le document) alors que la réunion est publique. Aucune réaction particulière n’a suivi cette réunion et les propos de Ségolène Royal. Il aura fallu sa diffusion sur le web pour que ce film, jugé jusque là complètement banal prenne valeur de « document » précieux.

Cette esthétique du flou vient de passer au stade supérieur avec la présentation des vœux des deux bretteurs officiels, Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal.

La vidéo de Nicolas Sarkozy est d’un austère absolu, le cadrage pour le moins étrange et les réalisateurs ont poussé la sophistication jusqu’à ajouter du vignettage [2] sur l’affichage du panneau final qui donne les coordonnées.

L'esthétique du flou

Pour apprécier à sa juste valeur l’apparent manque de moyen vidéo de l’UMP il faut se remémorer la confession d’un journaliste de France 3 publiée par le journal le Monde le 7 novembre 2006 : « 80% des images montées dans mon sujet proviennent de l’UMP » . L’UMP dispose d’une cellule dédiée, ETC (Études, techniques et communication) qui depuis l’automne 2005 suit le Ministre dans tous ses meetings et est dans de nombreux cas la seule habilitée à filmer ses entrées en scène.

La vidéo des vœux de Ségolène Royal est encore plus marquante (si j’étais médisant, ce que heureusement je ne suis pas, je dirais « encore pire »). Non seulement elle est floue, mais le cadre bouge de façon erratique comme si c’était un enfant qui a filmé la scène. Le décor est un chef-d’œuvre de kitsch familial. Je n’ai pas d’information sur les moyens vidéo du Parti Socialiste mais je subodore qu’ils doivent être au moins au niveau de ceux de l’UMP.

Il est à noter que ces partis politiques ont une telle force de frappe en matière de moyens vidéo leur permettant non seulement de réaliser des captations du niveau de celle des chaînes de télévisions, mais qui leur permettent de s’y substituer (en interdisant parfois l’accès à certaines zones) que récemment le syndicat SNJ-CGT de France Télévision à demandé «aux cadres et aux journalistes de terrain de refuser d’intégrer à nos sujets ces images de propagande. Il appelle les journalistes qui se verraient refuser de travailler librement par les organisateurs de meetings à quitter les lieux et à saisir les syndicats, afin que nous puissions poursuivre devant les tribunaux pour atteinte à la liberté de la presse.»

Il est donc tout à fait étonnant (ou au choix, savoureux, effrayant…) de voir les services de communication de ces partis épouser les codes des médias personnels pour quelque chose d’aussi anodin que des voeux. A n’en pas douter l’année 2007 et la campagne qui se profile, vont être intéressantes.

——

[1] Il y a des cas ou il est intéressant de marier média personnel (et donc « authentique ») et image de qualité correcte. Pour cela, la mouvance du média personnel trouvé des outils parfaits dans la dernière vague des téléphones portables. Les Nokia N91 et N93 sont ainsi devenus les icônes de la vague du média personnel, il présentent l’avantage de fournir une image de qualité fort honnête et une apparence de téléphone « juste sorti de la poche pour saisir l’évènement sur le vif ». Il est intéressant de noter que ces nouveaux outils (dont mon propos n’est pas de les critiquer, j’en suis un partisan convaincu, je me suis déjà trouvé en situation de diffuser à la télé des portions de vidéo tournées avec un N93), valent le prix d’un caméscope. Leur usage systématique ne relève donc pas d’une absence de moyens, mais bien de la volonté de s’inscrire dans ce courant du « low cost pictural », garant d’une authenticité que n’auraient pas les médias traditionnels utilisant des moyens adaptés.

[2] Terme photographique qui désigne l’assombrissement des coins de l’image. Le vignettage est la marque d’un objectif de mauvaise qualité qui forme un cercle image d’un diamètre inférieur à la taille de l’image.

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Reflexions sur le syndrome Hulot

décembre 17, 2006 · Filed Under Réflexions · Comment 

Le syndrome Hulot me gène un peu aux entournures et mêmes si ce n’est pas très « politically correct » en ce moment j’ai le plus grand mal à adhérer à ce que je ressens comme une gigantesque campagne marketing.
Première chose qui me gêne, le « signez mon pacte ou je me présente aux élections » qui franchement est au choix d’une naïveté confondante ou d’un cynisme rare.
Lorsqu’on est au zénith de la popularité dans les sondages, lorsqu’on surfe sur une vague très tendance (l’écologie), imaginer qu’un politique va refuser de sauter dans ce wagon porteur peut faire sourire. D’autre part « ou je me présente » suppose que si jamais les politiques signent, Nicolas Hulot ne se présentera pas, or la conviction sans l’engagement politique , jusqu’à plus ample informée, c’est juste.. de la conviction.

Résultat prévisible, Nicolas Sarkozy et François Bayrou (entre autres) ont signé ce pacte.. qui ne les engage à peu près à rien, Ségolène Royal ne l’a pas encore fait mais gageons que cela viendra. Le seul chiffre qui figure dans les « 10 propositions » est une date : 2050 quant aux « 5 propositions » elles sont tellement vagues que le moins écologique des candidats pourra les mettre en œuvre sans que cela ne l’engage à grand-chose.
La plus représentative est la « taxe carbone », en France, la part des taxes représente environ 67% pour l’essence, et 60% pour le gasoil, je doute fort que rajouter quelques pour cent pour la « taxe carbone » ait quelque effet sur la consommation (au-delà de la pénalisation des ménages les plus pauvres). Cela ressemble très fort à la CSG, sauveuse pressentie de la Sécu en banqueroute ou mieux encore à la célébrissime vignette auto, dont chacun sait à quel point elle a enrichi les personnes âgées.

En résumé le « syndrome Hulot » me fait fortement penser à la rubrique « développement durable » qui fait si chic dans les rapports annuels de grandes sociétés ou encore au « sciences de la vie » qui désormais sert à désigner l’industrie chimique dans les campagnes publicitaires.

J’ai la sensation que cette opération va à l’exact encontre de son intention affichée (sans doute sincère). Au lieu d’infléchir la démarche des candidats, elle revient à décerner un brevet de « bonne conscience écologique » à tout candidat qui en fait la demande. Lecture ironique du pacte ? un simple exemple : ce pacte ne prévoit aucun rendez-vous pour le contrôle, la mesure et la vérification de la bonne mise en oeuvre concrète de ces résolutions.

L’écologie c’est exactement comme le « partage des richesses », ou la « paix entre les peuples ». Tout le monde est pour, tant que ça n’engage à rien. Le problème c’est que la mise en œuvre de ces excellentes résolutions se heurte à la réalité économique, point à partir duquel les motivations se délitent, mais lorsqu’on en arrive là, l’heure des slogans électoraux est tellement loin derrière que plus personne n’y songe.

Pendant ce temps la sphère médiatique fait de Nicolas Hulot une idole, tout d’abord sans doute parce qu’il est issu de son sein et ensuite surtout parce qu’avoir un regard critique sur quelque chose qui porte l’étiquette « écologie « en ce moment, il est vrai que ça n’est pas très dans l’air du temps (sauf s’il s’agit des Verts, mais ils sont tellement doués pour se couler tous seuls que les bousculer relèverait du mitraillage d’ambulance).

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Réflexions sur la façon de nommer les politiques

décembre 13, 2006 · Filed Under Réflexions · 1 Comment 

Les relations entre presse et patronymes des politiques ne sont pas nouvelles, mais l’irruption de femmes à un haut niveau de la politique européenne leur donne une résonance telle que j’aimerais bien au fond avoir le point de vue d’un psychanalyste (ou d’un sociologue) sur la question.

Cet aspect me semble caricatural dans la campagne qui se profile (version officielle), qui fait rage (version réaliste).
J’ignore si c’est le fruit du hasard ou de l’inconscient médiatique/collectif, mais les patronymes utilisés pour désigner les candidats collent assez à l’image qu’ils véhiculent, à tel point qu’on peut se demander si consciemment ou inconsciemment les politiques ne fournissent pas aux médias l’ébauche d’une image qui est ensuite maturée par ces médias pour être diffusée dans le public. Une fois diffusée, cette image relèverait alors de l’inconscient collectif et est reprise dans le langage courant jusqu’à devenir une des clés de lecture des actes et parole de ces politiques.

“Sarkozy” est un mot qui claque, ça ferait joli nom de policier de série qui colle bien à l’image de « super flic » que cultive le Ministre de l’Intérieur, (alors que son patronyme complet “Sarközy de Nagy-Bocsa” a un côté éminemment notable).
De son côté, “Ségolène” colle bien avec une image “maternelle/rassurante/ mais ferme” (”Royal” serait tout à fait détonnant dans ce contexte, et son véritable prénom, “Marie-Ségolène” sonne un peu trop “jeune femme de bonne famille”).

De la même façon “Sego” n’a de sens que par rapport à “Sarko”, consonnance qui colle bien avec l’image bicéphale diffusée par les médias pour la campagne qui se profile, alors qu’il serait euphémique de dire que la liste des candidats est naturellement bien plus longue (liste que l’on peine à trouver sur les sites des différents médias).

Je ne pense pas que “Ségolène” soit uniquement lié à une question de chromosomes, parce qu’on ne parle pas de “Marine” mais de “Marine Le Pen”. Marine est un prénom assez doux, Le Pen a une consonance assez dure et une connotation qui l’est encore plus. En utilisant systématiquement son patronyme complet, les médias la renvoient systématiquement à l’image du FN et suggèrent une certaine distance qui les dédouane de toute accusation de complaisance.

On ne parle pas de “Hulot” mais de “Nicolas Hulot” qui entre en résonance avec le prénom de “Sarko” qui lutte contre “Ségo”.

De son côté, François Bayrou qui n’a pas vraiment d’image si ce n’est une image en creux a toujours été appelé “François Bayrou” un peu comme si l’absence de pseudonyme marquait la différence ressentie avec les “vraies ” vedettes de la politique.

Ce petit jeu sur les patronymes serait simplement curieux s’il ne risquait pas d’installer les politiques dans une sphère de représentation tout à fait similaire à celle des gens du show biz, ce qui ne participe sans doute pas vraiment à la valorisation de la chose politique.

 

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Réflexions à propos des déclarations de Georges Frêche

novembre 17, 2006 · Filed Under Réflexions · Comment 

Discussion ce matin avec des confrères autour de la dernière saillie de Georges Frêche, membre du Parti socialiste, ancien député de l’Hérault et ancien maire de Montpellier (1977-2004), président du conseil régional de Languedoc-Roussillon et président de la communauté d’agglomération de Montpellier depuis mars 2004.

Hier, lors du Conseil d’agglomération de Montpellier il aurait déclaré à propos de l’équipe de France de foot : «Dans cette équipe, il y a neuf blacks sur onze. La normalité serait qu’il y en ait trois ou quatre. Ce serait le reflet de la société. Mais, là, s’il y en a autant, c’est parce que les blancs sont nuls. J’ai honte pour ce pays. Bientôt, il y aura onze blacks.»
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