Je suis un gros menteur
J’ai l’habitude de dire qu’il y a plusieurs catégories de camescopes, d’un côté les modèles à carte mémoire ou à disque dur étant plutôt destinés au montage, et à l’inverse, les modèles enregistrant sur DVD destinés à ceux qui ne montent pas.
Un utilisateur niçois me fait joliment mentir avec un reportage réalisé sur l’inauguration du Tramway de Nice, tourné avec un camescope Panasonic HDC-DX1 (haute définition sur DVD)
Le fichier est également lisble en meilleure définition sur le site de l’auteur :
Le montage a été réalisé sur Mac avec Final Cut Express.
A lire également
A la découverte des nouvaux formats audio de la HD
Cet article fait partie d'une série sur le thème : Les technos de la télé HD
- A la découverte du xvYCC
- A la découverte du « Deep Color »
- Le Blu-ray l’emporte.. enfin
- A la découverte des nouvaux formats audio de la HD
Note : ce texte est en cours de rédaction
Dans la Haute Définition, il y a trois aspects. Le premier est la qualité d’image, le second qui est indissociable du premier est l’accroissement sensible de la taille des écrans (je reviendrai là-dessus) le troisième est le son.
Ce troisième point est le parent pauvre.. en terme de communication, et c’est dommage parce qu’il contribue largement autant que la qualité de l’image à l’ « expérience Haute Définition ».
Voici donc un petit point sur ces formats nouveaux au noms barbares. Ce n’est pas un texte pour spécialiste et pour qu’il reste compréhensible j’ai pas mal simplifié les choses, mais les grands principes sont respectés.
Deux entreprises monopolisent le marché de la compression sonore (et du multiplexage pour faire tenir plusieurs voies sur une seul piste) : Dolby et DTS
Au départ Dolby faisait un système dédié à la réduction du bruit, et il a été étendu.
Les DVD standards utilisent deux formats pour les pistes audio : le Dolby Digital (appelé aussi AC-3) ou le DTS
Tous les deux peuvent gérer des pistes audio depuis le mono (bien sur ça n’existe pas, mais ce serait possible) jusqu’à du 5.1. DTS a même des options pour faire du 6.1
En fait, la spécification DVD prévoit qu’un lecteur doit être capable obligatoirement de décoder du son encodé au format Dolby Digital ou PCM.
Le PCM c’est du son non compressé.
Le DTS est optionnel, mais on a tendance (à tord ou à raison c’est un débat sans fin parce que ça dépend de trop de facteurs pour être catégorique) que le DTS serait un poil meilleur.
Le Dolby et le DTS sont des formats dit « lossy » c’est-à-dire qu’ils sont compressés « avec perte » (loss = perte). En pratique donc un fichier encodé en Dolby ne restitue pas la totalité de ce qui avait été enregistré au départ.
Ces formats sont sympas, de qualité honnête, mais avec la Haute Définition on a besoin d’un son qui soit plus proche du son d’origine, un son de bien meilleure qualité.
On considère que le son entre pour 50% dans la perception globale.
A titre personnel, j’irais même plus loin. Lorsqu’on a une image moyenne et un son top, pas grand monde ne réagit, en revanche face à une super image et un mauvais son, la plupart des gens ont une réaction de rejet.
Cette histoire d’audio est donc fondamentale pour la Haute Définition.
En haute définition c’est toujours Dolby et DTS qui font la loi
Les formats de la haute Définition
1er niveau
Dolby Digital + et DTS-HD HR (High Resolution)
Le Dolby Digital + est une version améliorée du Dolby Digital des DVD. Il peut aller jusqu’au 7.1
Le support du DD+ est optionnel, les lecteurs BR peuvent ne pas le reconnaître auquel cas la bande est lue comme du Dolby Digital classique
Le DTS-HD HR est au DTS ce que le Dolby Digital + est au Dolby Digital. C’est donc une version légèrement améliorée du DTS. Comme pour le Dolby Digital + le support de ce format est optionnel et donc, si le lecteur ne le reconnait pas, la piste son sera lue comme du DTS classique.
On grimpe d’un cran en qualité
PCM
Le PCM est une version exacte du son original, la qualité est donc top.. l’encombrement sur le disque aussi. En pratique, le PCM n’est par définition pas compressé mais pour éviter d’occuper une place trop importante, les studios le resamplent à un débit plus bas ce qui au fond revient au même que la compression.
Tous les lecteurs BR sont obligés de reconnaitre le PCM
En haut de l’échelle : Les formats spécifiques de la HD
Dolby TrueHD et DTS-HD MA (Master Audio)
Ces deux formats très similaires sont dits « lossless » (ce qui veut dire « sans perte » dans la langue de Paul Auster)
Tous deux sont optionnels et tous deux sont prévus de telle sorte que si le lecteur ne les reconnait pas ils peuvent être lus comme du Dolby Digital classique pour le Dolby TrueHD ou du DTS de base pour le DTS-HD Master Audio
A noter : comme je viens de le noter les deux formats typiques de la HD, True HD chez Dolby et HD Master Audio chez DTS sont conçus de telle façon que si le lecteur BR ne sait pas les lire (rappel leur support est optionnel), le téléspectateur ait au minimal un son Dolby ou DTS habituel. Dans le pire des cas, le son d’un film BR est comme celui d’un DVD, dans le meilleur des cas il est infiniment supérieur.
La segmentation par l’audio
Il existe donc trois familles de lecteurs Blu ray
- La première a des capacités sonores limitées, elle lit par exemple le Dolby Digital + et le DTS-HD HR mais ne sait pas gérer les deux nouveaux formats HD (Dolby TrueHD et DTS-HD MA (Master Audio)). En résumant on peut dire qu’on a de l’image HD certes, mais du son de DVD
- La seconde lit tous les formats mais ne sait décoder que les Dolby et DTS de base. Les autres formats en revanche sont copiés « bit à bit » sur la sortie HDMI (pour faire chic on dit qu’elle les transmet en « bitstream »). Utilisé seul un lecteur de ce type donne donc un son de DVD mais si on lui adjoint un ampli Home Cinéma HD (parmi les modèles populaires il y a les Onkyo TX-SR605 et TX-SR875, et le Yamaha RX-V3800) alors on a une salle de cinoche à la maison.
- La troisième, la plus évoluée sait au choix, lire ces nouveaux formats ou les faire suivre en bitstream sur la sortie HDMI
A lire également
Ah cours plus vite Charlie…
Hier course effrénée… presque au même moment rendez vous chez France 2 pour présenter rapidement le nouveau (il sort le mois prochain) lecteur de salon Blu ray/DVD /CD Panasonic BD30 (il est passé aujourd’hui dans Télématin dans la rubrique Nouveau de Yann Lavoix)
et avec Nathalie pour lui parler du FX35 pour le magazine Prisma, le tout au risque de faire prendre une crise cardiaque à Philippe …
A lire également
Cuisine interne : la petite histoire du Blu-Ray
Depuis déjà pas mal de temps, les ténors de l’électronique grand public se crêpent le chignon pour savoir quel va être le format de stockage sur disque de demain et surtout le successeur du DVD.
Les CES se suivent et ne se ressemblent pas. L’édition 2008 semble annoncer l’enterrement du format HD-DVD, alors que l’édition 2006 laissait entrevoir sa victoire.
Paramount Pictures, Universal Studios, HBO Video, New Line Entertainment et Warner Home Video associés à Toshiba (Toshiba est le père du HD-DVD) avaient annoncé que leurs fonds de films seraient dispo en HD-DVD. Ces 5 studios représentaient la moitié des films jamais produits. En Europe, le Studio Canal rejoingnait le groupe HD-DVD.
Le vent à tourné et l’industrie a presque tranché : le vainqueur sera le Blu-Ray.
C’est l’occasion de jeter un oeil en arrière….si vous avez aimé Dallas, vous allez adorer l’histoire du DVD haute définition. En voici une histoire condensée (il y aurait de quoi écrire un livre).
Le CD est un truc pas tout jeune, Philips l’a lancé en 79 en partenariat avec Sony (les premiers « laser discs » datent de 69..). Par la suite les projets de successeur du CD se sont multipliés (MultiMedia Compact Disc, Super Density Disc.. sans compter les variantes dédiées comme le CD Photo de Kodak), toutes ont fait un flop.
Mais de ce flop il est resté deux camps, avec d’un côté Philips et Sony et de l’autre Hitachi, Panasonic, Mitsubishi, Pioneer, Thomson.
Sous la houlette du boss d’IBM qui trouvait que ça commençait à bien faire, tous ces gentlemen se sont mis d’accord quelques années plus tard sur un nouveau format de disque de plus grande capacité, le DVD.
Mais si tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes en fait Sony et Philips se sont plus ou moins sentis grugés par cet accord (une sombre histoire de royalties) et se sont mis à bosser sur le successeur du DVD basé sur un système de lecture optique que Sony avait développé dans son coin et qui a commencé sous le nom de Professional Disc for DATA (acronyme ProDATA), pour devenir le Blu Ray.
Toshiba de son côté s’est mis à plancher sur son système propre qui a vu le jour tout d’abord sous le nom de Advanced Optical Disc, pour finir par s’appeler HD DVD. Nec est venu rejoindre Toshiba par la suite
Si les deux systèmes reposent sur des principes identiques, ils sont incompatibles et surtout ils sont l’objet d’une lutte sans merci à l’intérieur du DVD Forum où un groupe de travail très opposé au projet Blu Ray de Sony/Philips s’est mis à bosser sur un nouveau format HD-DVD. Problème, au duo de départ Sony/Philips, le Blu Ray s’est rapidement vu ajouter un groupe de supporters de taille : Hitachi, Panasonic, Sharp et Samsung. Bref du client sérieux et ça s’est mis à fritter sévère.
Un des arguments du camp HD-DVD est que la différence entre le Blu Ray et le HD-DVD touche à la compatibilité des systèmes. Le format HD-DVD est compatible avec le DVD (un lecteur HD-DVD pourra lire un DVD) alors que le Blu Ray fait table rase du passé, sa technologie est différente de celle des DVD.
Cet argument ne se vérifie pas en pratique car s’il est exact en ce qui concerne la technologie Blu-Ray, il est tout à fait possible de concevoir un lecteur Blu-Ray multiformata, le a, le Panasonic DMP-BD30 par exemple lit tous les disques, Blu-Ray, DVD (de toutes obédiences) CD, et même les cartes mémoire SD.
Si les spécifications techniques et surtout les guerres commerciales et d’influence vous intéressent vous trouverez le détail des différences dans un texte de 2003 de CDRInfo, et lorsque vous aurez fini, un article monumental de CDRFreek, redétaille les specs et les différences.
Sur le plan des capacités, les deux formats utilisent des galettes de 12 cm de diamètre en simple ou double couche :
Blu Ray (capacité maximale théorique 200 Go) : Rom Simple couche: 25Go, Rom double couche: 50Go, RW simple couche : 25 Go, RW double couche : 50 Go.
HD-DVD (capacité maximale théorique 60 Go) : Simple couche : 15 Go, Double couche : 30 Go.
Sur 25 Go on fait tenir 13 heures de vidéo standard et 2 heures de Haute Définition non compressée.
- C’est également le cas avec les lecteurs DVD. Le DVD et le CD utilisent la même technologie sur un plan théorique mais deux mises en œuvre différentes, les lecteurs DVD ont donc deux têtes [↩]
A lire également
iTélé : Lundi 12 février
La musique fait l’évènement
L’actualité des nouvelles technos cette semaine a été dominée par la musique.
Musique en ligne
Actualité également sur le front de la musique en ligne et plus exactement sur celui des verrous numériques, les DRM associés aux fichiers que l’on peut acheter légalement.
Au Midem en début d’année, la FNAC et Virgin avaient annoncé lancer des offres de fichiers musicaux en MP3 sans DRM et cette fois c’est Steve Jobs, le charismatique patron d’Apple qui s’est fendu d’une longue lettre sur le site de la firme ou il reconnait explicitement que « les DRM ça ne marche pas, que ça ne marchera pas et que cela n’arrêtera pas le piratage. »
Il était temps et lorsqu’on songe que nos députés ont été mobilisés pendant des semaines pour voter une loi destinée principalement à encadrer juridiquement la protection de ces DRM.. ça laisse rêveur
Matériel
Côté matériel Sony Ericsson lance avec le W880i un nouveau téléphone Walkman ultra plat (Nokia de son côté a depuis pas mal de temps des modèles spécifiquement dédiés à la musique) et Samsung lance avec le T9 un baladeur original équipé d’une connexion bluetooth.
Le Sony Ericsson W880 qui a été présenté dans les historiques studios d’enregistrement de la Porte Maillot à Paris s’inscrit dans le cadre de la reconquête par Sony du marché de la musique, marché ou la firme a été mise à mal d’un côté par Apple avec ses iPod et pris de court de l’autre par Nokia qui a très tôt investi ce champ. Non seulement Nokia vends des téléphones dédiés à la musique mais la firme finlandaise a acquis l’année dernière la plateforme de téléchargement OD2 créé par Peter Gabriel, ce qui fait qu’en France si vous achetez un morceau de musique par le biais du site de MTV, de M6, de MSN etc.. en fait vous l’achetez par le biais de Nokia.
Ce W880 est donc un téléphone baladeur avancé dont la particularité est de faire quelques millimètres d’épaisseur, en clair, il n’est pas plus gros qu’un iPod Nano mais en plus il téléphone.
Sur le plan des baladeurs, Samsung continue de faire le forcing avec un T9 qui synthétise les tendances du moment. Le T9 est un baladeur qui reçoit également la radio FM et surtout est capable de se connecter sans fil à un casque bluetooth stéréo (ou tout autre appareil bluetooth stéréo comme un téléphone ou un autoradio).
De son côté Hyndai a lancé la platine DVD Hy 220 qui a la particularité de pouvoir encoder en MP3 sans passer par un PC les CD audio qui lui sont confiés. Il suffit de brancher une clé USB en façade et le contenu du CD est transféré sur la clé sous forme de fichiers MP3.
Quelques liens
- EMI serait en train de se préparer à la vente de fichiers MP3 sans DRM [anglais]
- Steve Jobs : Thoughts on music [anglais]
- Sony Ericsson W880I : téléphone Walkman ultra plat
- Samsung T9 : baladeur bluetooth
- 01Net.com : Platine Hyundai Hy 2200
- OD2 : la plate-forme de téléchargement de Nokia
- Nokia achète Loudeye (OD2)
- Ecrans (Libé) : Fnac et Virgin lancent une offre de téléchargement sans DRM
A lire également
iTele : Lundi 8 janvier
Rétrospective : mon hit parade des bon points et des bonnets d’âne pour l’année 2006
Les bons points
1 Le GPS
Non pas pour la technologie elle-même, mais pour la démarche intelligente qui a présidé à sa commercialisation : une technologie à la base très obscure, scientifique (un satellite qui envoie des données de latitude et longitude à un récepteur terrestre) traduite dans des appareils ne demandant aucun savoir scientifique. Dans un deuxième temps la recherche d’une killer app qui lui garanti d’accéder au rang d’« indispensable » (le positionnement des radars), puis dans un troisième temps une diversification (piéton, nature/evadeo, marine/magellan), le tout en moins d’un an.
Un résumé de la situation par le cabinet GFK (qui effectue des analyses de marché pour l’industrie) : GfK analysts revise their forecasts for 2006 to 950.000/1.000.000 units. This would bring the development of portable navigation to a faster pace than mp3 devices or digital still cameras, which reached 1.000.000 units per year after 5/6 years of activity, versus 3 years only for this market.
2 Le baladeur
On a annoncé sa disparition à plusieurs reprises menacé qu’il était par l’avancée d’appareils multi usages proposant également des fonctions de baladeurs (les téléphones entre autres) et pourtant le baladeur a parfaitement résisté et reste une valeur sure en dépit d’un environnement dont le moins que l’on puisse dire est qu’il est peu ergonomique (voir par exemple l’ergonomie exécrable des sites de vente en ligne) et d’une réglementation qui a tout fait pour l’étouffer.
Avec les félicitations du jury : La télé
J’aurais pu la mettre en première position. Elle a subit moult changements en 2006 le tout sans la moindre rupture
- Mode de diffusion : passage de l’analogique au numérique, diffusion hertzienne puis diffusion en plus sur l’ADSL, les Box, la TNT, le podcast etc
- Format : elle est passé du traditionnel écran de taille respectable à des formats variés, elle est désormais accessible sur des écrans de petite taille (portables, baladeurs vidéos)
- Technologie des récepteurs : elle est passée de l’écran cathodique entrelacé aux écrans numériques LCD et plasma sur des écrans LCD et plasma au lieu de cathodique,
…Et aussi
L’ordinateur portable
Prix en baisse et performances en hausse, le tout sur fond de design en net progrès, le portable a le vent en poupe. Selon GFK, à Noël, les ventes d’ordinateurs portables devraient supplanter celles des modèles de bureau. Toujours selon GFK il se sera vendu 2,4 millions de portables en 2006 contre 2,1 millions de PC de bureau.
Bonnet d’âne
1 La HD
Que la Haute Définition remplace à terme la télé classique n’est pas douteux, c’est prévu comme ça. Ceci étant, alors que l’avènement de la HD devrait être sur des rails sereins et cohérents, la commercialisation des produits afférents s’est déroulée en 2006 dans une cacophonie rare.
- TV : Trois technologies d’écran en lice, Plasma, LCD et SED dont l’une a été repoussée aux calanques grecques. Les deux autres se tirant une bourre à la limite du risible de la part même des constructeurs qui produisent et vendent des téléviseurs dans les deux technologies. Des vendeurs formés à la va-vite et qui délivrent bien souvent une information… créative disons.
- Programmes : Sur le plan des programmes, ça n’est guère mieux. Alors que le grand débarquement était annoncé à la suite de la coupe du monde, la progression de la HD se fait à pas lents, ce qui est contrariant pour ceux qui ont craqué pour une TV HD, car les émissions classiques (en SD) vues sur un écran HD de qualité moyenne sont plus moches qu’elles ne l’étaient sur la télé cathodique.
- DVD : Dans le domaine du DVD HD c’est encore pire. Les deux technologies en lice HD-DVD et Blu Ray ne sont toujours pas parvenues à se départager et le doute plane tellement qu’aucun constructeur ne s’est encore risqué à annoncer un produit mixe. Aujourd’hui il n’existe sur la marché que des lecteurs hors de prix, els seuls proposés à des tarifs acceptables sont .. les consoles de jeu. L’offre en DVD HD frise le scandale, il n’existe pratiquement pas de film vendu sous l’étiquette HD et méritant réellement ce qualificatif haute définition.
2 Internet
Bizarre de décerner un bonnet d’âne à Internet, en fait il s’agit moins d’Internet en lui-même, que des vertus magiques dont on l’a paré pour au final un résultat assez pitoyable.
Quelques exemples :
Internet et la musique : Internet devait permettre à des artistes d’émerger en dehors du circuit des maisons de disques. En 2006 on a guère vu que le coup de boule d’une petite agence de pub et tout récemment le Marly Gaumont de Kamini. Récemment un papier de Libération fait le point avec plusieurs responsables de maisons de disques sur le réel impact de systèmes comme Myspace et le résultat est clair : s’il peut servir à promouvoir des artistes existants, pour ce qui est de découvrir de nouveaux talents, la cacophonie actuelle ne le permet pas vraiment
Dans le même domaine, en agitant Internet comme un masque démoniaque l’industrie du disque a réussi a faire voter des lois qui frisent le liberticide, et moins d’un an plus tard fait machine arrière toute. Après avoir pourfendu la licence globale les marchands en ligne viennent tous petit à petit au concept de forfait (qui est tout à fait similaire) et après avoir fait voter la loi DADVSI dont l’axe majeur est la légalisation des systèmes logiciels de protection des droits numériques (les DRM), les majors sont en train de renoncer à ces DRM en réalisant ce qui tout le monde leur explique depuis un an, à savoir que cela bloque totalement la vente en ligne de musique.
Il y a un an, 35% des baladeurs numériques vendus pouvaient lire des fichiers protégés par les systèmes d’Apple (AAC Fairplay), Sony (Atrac 3 protégé) ou Microsoft (Windows Media protégé). En 2006, ce chiffre atteint 45% soit moins d’un appareil sur deux (chiffres GFK).
Internet et le journalisme citoyen : ce concept assez amusant (pour le moins) qui veut que tout le monde ait des choses intéressantes à dire, a oublié au passage deux menus détails : d’une par ceux qui avaient des choses intéressantes à dire ont toujours eu la possibilité de le dire grâce à Internet, et ce, bien avant que des marketeurs américains inventent le concept de « journalisme citoyen » et d’autre part Internet n’est pas un vaste réseau mondial, mais un agrégat de micro communautés. L’influence des « blogs » eux aussi parés de toutes les vertus n’est toujours pas démontrée. Le magazine Médias publie un bon article sur ce sujet. Ce journalisme citoyen est en matière de marketing Internet remplacé en ce moment par un autre concept fumeux, celui de contenu « généré par l’utilisateur », lui également adaptation d’un concept américain (« user generated content ») dont le principe est simple est simple : vous fournissez gratuitement du contenu à une société qui gagne de l’argent avec grâce à la pub, sans vous en reverser la moindre part, en contrepartie de quoi elle vous promet que ses membres viendront voir ce que « vous » avez créé.
Quelques liens
- Article du New York Times sur les comparatifs plasma/LCD
- Libération: Le mange disque MySpace
- “Ras-le-bol de la Netpolitique” un bon article du magazine Médias
- Un article de Ratiatum sur le rennoncement aux DRM
- Article de ZDNet résumant la situation des baladeurs numériques pour Noël 2006
A lire également
iTele : Lundi 20 novembre
Le plateau
PlayStation 3
Dernier opus de la lignée des consoles de jeux Sony, moins coûteux des lecteurs Blu-Ray,
Derrière la guerre des consoles de jeux haute définition, se joue en fait la désignation du format qui remplacera le DVD d’aujourd’hui.
Deux concurrents sont en lice, le HD-DVD et le Blu Ray.
Les consoles XBox 360 (HD-DVD) et Sony PS3 (Blu Ray) sont avant tout les premiers lecteurs de DVD haute définition et donc pèseront lourd en faveur de l’un ou l’autre de ces formats.
Depuis déjà pas mal de temps, les ténors de l’électronique grand public se crêpent le chignon pour savoir quel va être le format de stockage sur disque de demain.
Le CD est un truc pas tout jeune, Philips l’a lancé en 79 en partenariat avec Sony (les premiers « laser discs » datent de 69..). Par la suite les projets de successeur du CD se sont multipliés (MultiMedia Compact Disc, Super Density Disc.. sans compter les variantes dédiées comme le CD Photo de Kodak), toutes ont fait un flop.
Mais de ce flop il est resté deux camps, avec d’un côté Philips et Sony et de l’autre Hitachi, Panasonic, Mitsubishi, Pioneer, Thomson.
Sous la houlette du boss d’IBM qui trouvait que ça commençait à bien faire, tous ces gentlemen se sont mis d’accord quelques années plus tard sur un nouveau format de disque de plus grande capacité, le DVD.
Mais si tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes en fait Sony et Philips se sont plus ou moins sentis grugés par cet accord (une sombre histoire de royalties) et se sont mis à bosser sur le successeur du DVD basé sur un système de lecture optique que Sony avait développé dans son coin et qui a commencé sous le nom de Professional Disc for DATA (acronyme ProDATA), pour devenir le Blu Ray. Toshiba de son côté s’est mis à plancher sur son système propre qui a vu le jour tout d’abord sous le nom de Advanced Optical Disc, pour finir par s’appeler HD DVD. Nec est venu rejoindre Toshiba par la suite
Si les deux systèmes reposent sur des principes identiques, ils sont incompatibles et surtout ils sont l’objet d’une lutte sans merci à l’intérieur du DVD Forum où un groupe de travail très opposé au projet Blu Ray de Sony/Philips s’est mis à bosser sur un nouveau format HD-DVD. Problème, au duo de départ Sony/Philips, le Blu Ray s’est rapidement vu ajouter un groupe de supporters de taille : Hitachi, Sharp et Samsung. Bref du client sérieux et ça s’est mis à fritter sévère.
Si on excepte l’enjeu de pouvoir et commercial, la différence entre le groupe Blu Ray et le groupe DVD touche à la compatibilité des systèmes. Le format HD-DVD est compatible avec le DVD (un lecteur HD-DVD pourra lire un DVD) alors que le Blu Ray fait table rase du passé (le raisonnement de Sony est que vu le prix des lecteurs ça n’est pas forcément un drame).
On s’acheminait lentement vers une victoire du Blu Ray lorsque coup de théâtre, en janvier 2006, au CES de Las Vegas, l’industrie du cinéma américain, à tranché.. pour le HD-DVD
Paramount Pictures, Universal Studios, HBO Video, New Line Entertainment et Warner Home Video associés à Toshiba (rappel : Toshiba est le père du HD-DVD) viennent d’annoncer que leurs fonds de films seraient dispo en HD-DVD. Ces 5 studios représenteraient la moitié des films jamais produits, ce qui forcément verticalise la balance.
Même en Europe on se rallie, le Studio Canal vient de rejoindre le groupe HD-DVD
De son côté Toshiba trop content de faire un pied de nez à Sony annonce la sortie de lecteurs HD-DVD, bref l’affaire semble pliée.
Tout le monde il est content notamment parce que le HD-DVD est bon pour le business. Comme les formats sont compatibles, les clients qui achèteront des lecteurs HD-DVD pourront les utiliser pour le lire leurs DVD, mieux encore, il sera possible d’avoir des disques avec un DVD sur une face et du HD-DVD sur l’autre.
Sentant le vent venir, Microsoft et Intel se sont dépêchés de se rallier à ce format HD-DVD.
Pour autant, même dans un scénrio catastrophe, le Blu Ray ne risque pas grand chose et restera comme un des formats importants du DVD haute définiion. Lui aussi commence à voir des acteurs importants se rallier comme, HP , un poids lourd du PC et membre du groupe HD-DVD qui a d’ores et déjà annoncé qu’il supportera les deux formats.
Il risque d’autant moins que même s’il perd la guerre du super-DVD pour le cinéma (et rien n’est moins sur) , le Blu Ray a un supporter de taille : Sony.
Sony n’a jamais reculé devant le fait qu’un de ses formats peine à s’imposer, on peut même dire que c’est un spécialiste du truc. Le MiniDisc ne s’est jamais imposé ? (alors que la techno était excellente) qu’importe Sony l’a continué. Tout le monde se rallie à la carte au format SD ? Sony continue contre vent et marrées à utiliser son MemoryStick sur tous ses produits. La PSP (PlayStation portable) utilise un format de disque UMD (Universal Media Disc).. connu uniquement chez Sony, etc..
Comme la PS3 doit utiliser le Blu Ray, même dans l’option ou le HD-DVD serait bien le grand gagnant de cette gueguerre technologique, le Blu Ray que Sony utilise jusque dans ses matériels broadcast continuera sa petite vie tranquille.
Si les spécifications techniques et surtout les guerres commerciales et d’influence vous intéressent vous trouverez le détail des différences dans un texte de 2003 de CDRInfo, et lorsque vous aurez fini, un article monumental de CDRFreek, redétaille les specs et les différences.
Sur le plan des capacités, les deux formats utilisent des galettes de 12 cm de diamètre en simple ou double couche :
Blu Ray (capacité maximale théorique 200 Go) : Rom Simple couche: 25Go, Rom double couche: 50Go, RW simple couche : 25 Go, RW double couche : 50 Go.
HD-DVD (capacité maximale théorique 60 Go) : Simple couche : 15 Go, Double couche : 30 Go.
Sur 25 Go on fait tenir 13 heures de vidéo standard et 2 heures de Haute Définition non compressée.
Quelques Liens
- Sony Playstation 3 [US]
- Wikipedia : Playsation 3
- Wikipedia : Blu-Ray
- Association Blu-Ray Disc [anglais]
- Blu-Ray Vs HD-DVD: The next generation DVD [anglais]
- Comparaison technique Blu Tay / HD DVD [anglais]
