PenelopeGate : un problème de lune et de doigt


Je n’ai plus de café ce matin, alors je traine un peu sur les sites d’actu (elle est tristement rigolote en ce moment,  avec ce match France-Etats-unis pour savoir lequel sera le plus indigne. La campagne électorale s’annonce épatante, et mon petit doigt me dit qu’on devrait se retenir de trop se foutre de la gueule des américains).

Courrier International (l’exxxxxcellent Courrier International) publie un article du magazine américain Foreign Policy qui résume assez bien la situation de l’élection hexagonale (il est vrai que vu de l’étranger la France doit ressembler de plus en plus à une république bananière).

Ce que je trouve intéressant dans cet article, c’est son angle global.
Le vrai sandale, avec le PenelopeGate, il est bien plus entre les lignes, que dans les faits eux-mêmes, qui sont anecdotiques (la majorité du dessus du panier de notre classe politique serait soit en taule, soit inéligible dans la majorité des pays du Nord).

La crucifixion de la femme de F. Fillon permet d’éviter de faire de façon claire le procès du système élitocratioque-monachique français dont l’affaire Fillon n’est qu’un épisode somme toute assez banal.
Le vrai scandale c’est qu’au fond, là où Fillon a péché, c’est que sa femme n’a pas effectivement travaillé. Eut-elle effectivement fait acte de présence à l’Assemblée, qu’il aurait été tout à fait normal que le couple puisse empocher pratiquement un million d’euros d’argent public (de notre argent donc).

Le pire, c’est la ligne de défense de certains de ses supporters (voire de certains de ses adversaires sans doute pas très relax sur ce sujet) avec comme argument des choses hallucinantes du genre « il est courant d’employer quelqu’un de sa famille, les chefs d’entreprise le font, les artisans le font etc… »… cette défense qui relève du lapsus, montre bien la confusion totale entre argent public et argent privé de la part de nos élites, à qui nous avons donné un blanc-seing pour taper dans la caisse.
Le boulanger qui emploie son fils le fait avec son pognon pas avec le mien. Dans le cas des politiques c’est de notre pognon dont il est question.

L’affaire Fillon c’est vraiment un mini bosquet qui masque super bien le véritable scandale qu’est notre organisation politique, à base de professionnels de la profession, totalement déconnectés de la vie du citoyen de base et que l’on laisse se voter carte blanche pour tout ce qui concerne leur caste, organisation  indiscutablement républicaine, mais dont l’aspect démocratique se discute éminemment.

Bon c’est pas tout ça, faut que j’aille acheter du café….

Ah oui a propos, je me plaignais hier des journalistes qui ne vérifient jamais ce qu’on leur raconte lorsqu’il s’agit de politique.. mea culpa, je viens de voir ça. Au delà du contenu, la démarche est à saluer, c’est la première fois que je vois ça

Panama Papers vus de ma (petite) fenêtre

montecristi-panama-hat

J’étais pas là, j’étais loin et donc je découvre cette histoire avec un poil de retard…. d’où la naïveté indéniable de ce qui suit, et dont je m’excuse par avance.

– Coté show on avait pas vu ça depuis longtemps et on apprend plein de trucs invraisemblables (Balkany serait un escroc, Platini un mec louche etc.) dans des émissions d’infotainement avec grand renfort d’effets de manche (il manque des dinosaures volants mais ça coûte cher).

– Il s’avère que le leak aurait pu être un poil téléguidé … énorme surprise, parce qu’il paraissait évident jusque là que le gus, après être allé recopier les secrets de Poutine, est sorti de son bureau avec une clé USB de 2,6 To dans la pocket pour aller tranquilou voir des jeunes journalistes allemands.

– les Journaux invités à la table ne pouvaient décemment pas communiquer les sources des docs au bon peuple trop con pour les comprendre, d’autant que si espionner le bon peuple est parfaitement normal et légitime, si tenter de lui pondre à date régulière des lois péri-liberticides sur le contrôle de ses communications est tout à fait normal, que ce même bon peuple aille fouiner dans ces 2,6 To pour s’apercevoir que le prince X a un bouton sur le nez et couche avec l’intendant du banquier Y, ça c’est complètement insupportable….. ah si finalement comme ça grogne, magie , ça sera partiellement possible en mai à priori.

– Maintenant que le Panama a bien fait vendre du Paper, on peut aller se coucher, et on évitera de se poser trop de questions, par exemple pourquoi parmi les noms cités on trouve Salman Al-Saoud, roi d’Arabie saoudite , un type qui a priori n’a pas trop à se soucier des lois, fiscales ou pas, de son pays (c’est lui qui les fait) et incidemment donc, à quoi/qui sert le pognon manifestement habilement planqué (à moins que ce soit pour financer les billets d’avions lors des week-ends shopping (légion d’honneur en France, pudding à Londres etc..)

– Maintenant qu’on sait que les méchants sont très méchants, que les escrocs sont malhonnêtes et que les riches et puissants ont méchamment tendance à se tirer avec la caisse, il faut quand même voir les bons côtés de la chose : #PanamaPapers, c’est bon pour le business

 

À suivre peut-être..ou pas.

Photomaton ennuyeux mais intéressant du Qatar et de son pognon

51+KrmNRMSL._ Publié en mars dernier Qatar les secrets du coffre-fort est un livre fort bien titré. En 333 pages à la foi immensément ennuyeuses et d’un intérêt salvateur, les auteurs dressent un portrait ultra précis (ce qui contribue à l’ennui mortel qui saisi par moment à la lecture d’un livre qui ravira l’étudiant ou le journaliste, mais provoque immanquablement des bâillements au quidam lambda que je suis… trop de précision tue l’intérêt) de ce minuscule pays dont on peut avoir l’impression (à tort selon les auteurs) qu’il est en train de racheter l’hexagone.

Il n’est certes pas simple de transformer un état des lieux a vélléité exhaustive en roman trépidant, mais les auteurs auraient pu faire un petit effort de style, parce que là franchement…

Si le livre est ennuyeux (mais donc nécessaire) sa lecture est par moments vitaminée par les chapitres sur les relations entre la France et les qatariens, ou l’on voit que les coulisses de la politique et de nos politiciens sentent parfois franchement encore plus mauvais que ce que l’on pouvait soupçonner (sur ce plan, Rachida Dati en prend pour son grade, mais elle n’est pas la seule..).

Bref un pas mauvais livre de vacances qui se lit en deux ou trois jours.