Mon appareil idéal

Une discussion sur un newsgroup me fait penser que l’appareil que j’aimerais bien avoir n’existe toujours pas et que pour l’instant ça n’en prend guère le chemin.
Ce que je voudrais au fond c’est un M4 numérique. Ca peut semble idiot mais le numérique a toutes les caractéristiques pour mettre en valeur les avantages d’un M.
Par exemple, je trouve complètement surréaliste que pour avoir un appareil de qualité il faille acheter un reflex hors de prix.. alors qu’avec le numérique, précisément la visée reflex n’est plus la seule option.
Tous les APN affichent sur leur écran ce qui passe à travers l’objectif. Il n’y a donc aucune raison pour ne pas avoir un appareil haut de gamme (en performances) qui ne soit pas reflex avec les avantages de compacité et de stabilité que cela suppose ….un M quoi). Pour compléter le tableau on lui ajoute une assistance à la mise au point (et pas un autofocus) une petite gamme de cailloux fixes, une mesure spot/centrale avec un mode priorité diaph, et on a un petit engin de reportage idéal.
Comme ça ne viendra pas de Leica (ne rêvons pas) il ne reste plus qu’à croiser les doigts pour que Contax ou mieux Konica réalise ça.
Un Hexar RF à objectifs interchangeables (un 20, un 35, un 90 et un 180/200 en équivalent 35mm) avec assistance de mise au point (pas autofocus), une mesure spot + une centrale, un fonctionnement manuel + priorité diaph et avec un capteur de qualité ça aurait vraiment de la gueule.

Requiem pour l’exposition

Dans la série débordements onanistes et activités connexes, je me demande si l’exposition est promise à un avenir radieux dans le monde numérique.

L’exposition en argentique c’est quoi au fond, le duo de la mort temps de pose/diaphragme plus un ensemble d’incertitudes liées au film.
Le système d’exposition ne connaît pas le film et donc essaie de composer avec ces incertitudes. A tout ça on peut ajouter l’étape chimique qui dans certains cas vient se rajouter au bazar. Au total ça donne un ensemble avec pas mal d’inconnues.
La même expo appliquée à deux films différents voire à deux films identiques mais traités différemment va donner des résultats différents.

Dans le numérique, les caractéristiques de la surface sensible, le système les connaît ou disons peut les connaître. Au fond la seule inconnue est : est-ce que la surface sensible peut reproduire l’étendue des valeurs d’éclairage de la scène. Et même ça le système peut le savoir (le calculer disons).

Je ne serais pas surpris si dans quelques temps les quarante douze mille zone laissaient la place à un dispositif mesurant les plus hautes et les plus basses lumières (en auto pour les modes auto ou avec un truc style spot pour les mode manuels), le tout étant ensuite représenté par un histogramme que l’utilisateur décalera éventuellement s’il le souhaite.

Ca fait drôle, mais l’exposition est déjà dès aujourd’hui moins fondamentale, j’ai essayé quelques temps un D100 avec mes vieux AI-S. dans cette configuration le D100 est incapable de faire une mesure (ce qui est une co..rie assez nulle de la part de Nikon), et bien une fois passée la surprise du départ, cette absence de mesure n’est pas outre mesure gênante. Un numérique au fond c’est un argentique avec un polaroid intégré.

Si on considère qu’à priori on en pourra pas avec les capteurs jouer sur les caractéristiques sensitométriques comme c’était le cas avec les films et leur développement, l’exposition risque fort de devenir une discipline fort ennuyeuse destinée à disparaître petit à petit. D’un côté c’est normal, de l’autre ce côté froid et mathématique risque de faire perdre une partie de son charme à la photo. Au fond un bon photographe en argentique c’est aussi (pas surtout, mais aussi) quelqu’un qui arrive à jongler habilement avec la douloureuse incertitude de l’exposition.

Parkinson génération

Je regardais hier des images faites avec un Canon G5 et elles corroborent tout à fait ce qui ressort des premières images que j’avais vues : outre une aberration chromatique plutôt impressionnante dans les contre-jours, la définition est vraiment très moyenne. Je ne pense pas que ce problème de définition provienne de l’appareil, par ailleurs j’ai vu des images très nettes faites avec un G5 , je crois en revanche que ce problème de définition provient d’un bête problème de bougé.

Les nouvelles générations d’APN vont bientôt mériter qu’on leur appose un sticker « Parkinson enabled ».

Au chapitre des carences du numérique, mis à part la disparition de la mémorisation de l’exposition, je crois que le plus gros manque est la disparition des viseurs. Equipés de viseurs indigents qui relèvent plus de l’alibi que de la fonction utile, les APN sont foncièrement conçus pour être utilisés en regardant l’écran LCD situé au dos.

Après tout pourquoi pas, d’ailleurs, le dépoli des moyen-format les rend plutôt agréables à utiliser.
Là ou le bas blesse c’est que les moyen-format sont ergonomiquement dessinés en fonction de leur spécificité de visée, tandis que les APN reprennent fidèlement l’ergonomie des appareils 24×36 tout en proposant un mode de visée totalement différent. Résultat des courses, il suffit de regarder autour de soi, la plupart des utilisateurs tiennent leur appareil à bout de bras pour regarder l’écran LCD, lorsque ça n’est pas au bout d’un bras.

Le résultat est évident : aucune stabilité et des images toutes moins piquées les unes que les autres.
Et on en arrive à ce constat abscons, à l’heure ou la manipulation de l’image (au sens premier du terme) n’a jamais été aussi facile, à l’heure ou on peut en faire absolument ce que l’on veut sans réelle limite.. la visée disparaît pour laisser place à un affichage approximatif.
Les mots ont un sens, le mot de visée dégage quelque chose d’actif, de volontaire, on vise une cible. L’affichage est un terme passif, détaché de la vision qui reflète bien ce qui se passe aujourd’hui.

Ce malaise sur la tenue en main des APN se retrouve (consciemment/inconsciemment ?) sur les sites des fabricants. Il est très difficile de trouver une image représentant quelqu’un utilisant un APN, tous les sites ont d’un côté des photos de gens, de l’autre des photos d’appareil….mais des utilisateurs.. Y a pas… et ce, y compris chez Nikon qui pourtant avec ses design rotatifs est sans doute la marque qui se pose le plus de question sur ce fichu point de l’ergonomie

Bref, messieurs les ergonomes.. au boulot !!!!