Silence ! le bruit est passé de mode

Si le grain a largement acquis ses lettres de noblesses dans le monde argentique, le moins que l’on puisse dire est que ce n’est pas le cas du « bruit » électronique des appareils numériques.
Petit rappel ce « bruit » (qui n’a rien à voir avec un son) est du à une amplification excessive du signal produit par le capteur et qui se traduit par une détérioration de ce signal. Le bruit électronique donne à la photo un aspect granuleux.

Le notable de la catégorie est Neat Image, ( www.neatimage.com ) un outil qui existe en deux formes, logiciel autonome et plug in pour Phosothop.
NeatImage vaut 29$ pour la version perso et 60 / 75 pour les version Pro et Pro +
Luminous Landscape (propose un test de Neat Image et trouve que c’est super ( http://www.luminous-landscape.com ) c’est aussi ce que j’ai pu constater à titre perso.
Il n’est dispo que pour Windows

Kodak vient de racheter un éditeur texan (ASF) qui produit lui aussi un plug in pour Photoshop Digital GEM Plug In. Il vaut 80$ et est dispo sous Windows et MacOS 8 / 9 / X

Et désormais PictureCode, vient de sortir Noise Ninja qui lui aussi veut réduire les capteurs au silence.
Outback Photo qui est aux logiciels ce que DPReview est au matériel en pense le plus grand bien ici ( www.outbackphoto.com )
PictureCode (www.picturecode.com ) vaut 29$ pour la version perso et 69$ pour la version professionnelle pour Windows.

La morale incidente de cette histoire c’est que si vous voulez pouvoir crier « Plus un bruit » sous MacOS, il n’y a pour l’instant que le plug in de Kodak.
Par ailleurs, Fred Miranda a une action pour Photoshop dédiée à la réduction du bruit. Je ne l’ai pas essayée (en outre je n’ai pas très bien compris si elle était ou non spécifiquement et uniquement destinée à l’EOS 10D) mais en général les soft de Miranda sont plutôt de qualité.

Tout cela est bel et bon (et en plus ça marche vraiment). Cela dit je me demande si le numérique ne fait pas prendre à la photo une drôle de voie ou le but ultime serait l’image techniquement parfaite au prix de l’émotion.
D’un côté un matériel de plus en plus frustre avec notamment la quasi disparition de ce qui jusque là faisait de l’appareil un prolongement naturel de l’œil, le viseur.
De l’autre une armada impressionnante de logiciels qui visent à gommer toute aspérité.

Petit détail, si on passait à la loupe toutes les photos qui ont fait l’histoire avec un H majuscule de la photo, en les jugeant sur le plan de la perfection technique, je doute que beaucoup obtiennent la moyenne.
Michael Almond, un photographe anglo-saxon vient de publier un gigantesque comparatif de 18 outils de réduction du bruit
www.michaelalmond.com (en anglais)

Pixel et pain de son

La scène se produit il y a quelques années sur la place du marché une petite ville du midi ou j’étais en vacances. Une vieille dame s’arrête devant l’étal d’un marchand de pain artisanal et tandis qu’il me tend le mien lui lance :
« Bonjour monsieur , je voudrais du pain de son s’il vous plaît « .
Le type me fait un petit signe de la main, se tourne lentement vers la vieille dame et lui répond avec un grand sourire :
« Madame, le pain de son ça n’existe pas! »
« Mais si ça existe » s’indigne la cliente, « la preuve, j’en ai acheté avant hier j’en ai encore un bout à la maison »
Imperturbable, le vendeur lui assène :
« Madame, ce n’est pas parce que vous en avez acheté que ça existe »
J’ai continué mon chemin, laissant la vieille dame, la bouche bloquée grand ouverte par la stupeur et une insondable perplexité dans le regard.
Il y a des moments dans la vie ou les certitudes basculent.
Cette réflexion me vient en assistant, par newsgroup interposé, au lynchage d’un confrère journaliste qui, dans un papier grand public à essayé de simplifier la définition du pixel pour tenter d’en donner une représentation compréhensible.

Le problème avec le pixel, c’est que le pixel, ça n’existe pas plus que le pain de son, et ça, lorsqu’on est journaliste, et donc censé expliquer les choses de façon compréhensible, c’est un peu problématique.
La définition du pixel qui me vient à l’esprit c’est quelque chose du genre :

« le pixel est un concept purement théorique, c’est une valeur numérique issue du calcul visant à recréer une couleur à partir d’un nombre variable de photosites. En conséquence lorsqu’il s’agit de photo numérique le pixel varie en fonction de la technologie utilisée pour contourner la monochromie des capteurs et des algorithmes de traitement utilisés pour l’interpolation. A appareil égal ces algorithmes peuvent varier en fonction de l’utilisation de l’électronique embarquée ou de l’usage d’un logiciel externe. ».

L’envie de collectionner les définitions du pixel me titille, si vous en avez une encore plus alambiquée (mais tout aussi exacte) n’hésitez pas à me l’envoyer par mail.

Est-il possible de tester objectivement un appareil ?

Tout à l’heure, à la gare, je parcourais la presse photo en attendant un train. Deux tendances s’en dégagent : « je suis le premier à l’avoir annoncé » et « le nouvel x est mieux que le Y« ….
Ces deux tendances sont à la fois normales (le lecteur veut du scoop) et pas hyper originales, on les trouve dans tous les magazines « machines » qu’ils parlent de voitures, de planche à voile .. ou donc d’appareils photo.
C’est d’autant moins nouveau et original que cela s’est toujours fait.

Sauf que la question se pose : est-ce que ces principes sont vraiment adaptés au numérique ??

Prenons le premier : le scoop
Avec un appareil argentique, il n’y a que très peu de risques de voir des différences entre un appareil de présérie débusqué je ne sais ou et celui que vous pouviez acheter en magasin. Donc le scoop a du sens.
Avec un appareil numérique, la qualité de l’image (voir plus bas à ce sujet) tient énormément au traitement électronique du signal, et celui -ci peut varier beaucoup entre la présérie et le modèle final.
La même remarque s’applique aux fonctions qui désormais sont confiées à l’électronique et donc susceptibles d’être rectifiées en cours de route. L’Olympus E1 est un bon exemple de cette situation inédite. Cela va faire plusieurs mois que les sites US publient des essais puis des mises à jour de l’essai puis des mises à jour de la mise à jour.. qui fluctuent en fonction des versions des appareils en cours de développement que leur prête Olympus .

C’est un point que la presse ne me semble pas avoir encore complètement assimilé (à sa décharge, la prise en compte nécessitera une révision complète de l’approche des matériels nouveaux). La photo numérique a depuis pas mal de temps emprunté les mêmes chemins que ceux bien connus dans le logiciel, avec des versions bêtas qui précèdent la version finale..laquelle version finale n’a de final que le nom puisque des mises à jour du logiciel embarqué sont possibles après coup. Résultat, pour avoir du sens, les tests devront avoir des mises à jour eux aussi.

Deuxième point: x est meilleur que Y
Là ça devient encore plus sioux. Qu’est ce qu’on mesure ? la qualité du capteur ? Celle de l’objectif ? Celle du traitement du fichier ??
La qualité du capteur risque fort de ne pas être ultra discriminante, le Pentax *ist et le Nikon D100 ont le même, les Canon 10D et 300 D ont le même etc…..
Celle de l’objectif l’est, mais alors on ne compare plus des choses comparables
Quant à la qualité du traitement, plus l’appareil est haut de gamme moins elle constitue un critère décisif (notamment avec la démocratisation d’outils comme CaptureOne dont il existe désormais une version même pour le 300D) qui permettent d’organiser un workflow de traitement rapide et relativement automatisé.

Bref il y a encore du chemin à faire…..
La première chose serait de regarder du côté des magazines automobile qui analysent les véhicules en prenant leur client potentiel en ligne de compte. Si on compare une Twingo à une Ferrarri Modena il n’y a sans doute pas beaucoup de points sur lesquels la petite Renault va faire bonne figure.. sauf que même si toutes deux sont des voitures, elles ne s’adressent pas du tout à la même clientèle, ou à minima à la même utilisation.

Aujourd’hui il en va exactement de même d’un reflex numérique, surtout avec la possibilité d’enregistrer les fichier en RAW (sortie directe de capteur). Dire que tel reflex est meilleur que tel autre revient à juger les capacités respectives de leur électronique embarquée… laquelle n’est pratiquement pas utilisée si on traite soi-même les fichiers RAW.

J’en ai rêvé, Panasonic l’a (peut-être) fait

Panasonic LC1
Je l’ai déjà écrit ici, mon appareil numérique de rêve serait une sorte de Leica M numérique, associant les avantages de la photo « à l’ancienne » (entièrement manuelle) et ceux du numérique.
Je pensais le nouveau couple Minolta-Konica bien placé pour ça du fait des Hexar qui se prêteraient bien à ce genre de manipulation génétique. Apparemment c’est du côté de Leica-Panasonic que cela va venir.

Si le terme Leica-Panasonic vous surprend, il vient du fait que les allemands qui, pour l’instant, ne sont pas en bonne situation pour s’immiscer dans une bataille numérique ou l’arme numéro 1 est le prix, jouent très intelligemment leurs chances en s’associant à des asiatiques.
Ainsi Schneider dessine les zooms de Sony et Leica ceux de Panasonic.

Bref si l’on en croit le site néerlandais Letsgodigital, Panasonic sortirait au printemps 2004 un appareil numérique entièrement manuel, équipé d’un capteur 5 megapixels et d’un zoom Leica F2.0, 28-90 mm (oui oui, f:2.0, plus exactement f:2,0-2,4… miam..)

Cet appareil devrait être présenté au salon CEATEC JAPAN 2003 qui se tiendra du 7 au 11 octobre prochains

Un CL numérique ?
Panasonic LC1
Plus je regarde les caractéristiques de cet engin (qui a un look de Voigtlander Bessa R) , plus je me dis que Leica pourrait nous refaire avec Panasonic le coup du Leica CL/Minolta CLE et si c’est le cas (pas sur, voir plus bas le point d’interrogation sur le viseur),c’est une extraordinaire nouvelle. :

  • 5-Megapixel
  • Leica Vario-Summicron 7-22.5mm (28-90) ouvert de f: 2.0-2,4 à f: 11 (raaah lovely)
  • Zoom manuel
  • Mise au point manuelle (raah lovely bis)
  • Bague de diaphragme à la base de l’objectif (raah lovely ter)
  • Molette des temps de pose de 1/2 à 1/200 et 1 à 8 secondes accessible via les boutons au dos (vite mes sels !!..)
  • Griffe porte flash

Toujours pas convaincu(e) ?, regardez les photos de la bête

No news today…. ah si ! le film est mort

Ce n’est pas une surprise mais cette fois c’est officiel, Kodak, qui va mal, arrête (ou pour faire dans le pudique diminue fortement) les développements dans l’argentique. C’est dire que la pelloche file un très mauvais coton.
Lien vers le communiqué de presse (US)
Kodak va se consacrer (pour la partie grand public) aux EasyShare et aux imprimantes.
Pour cela ils ont débauché un ancien de Lexmark (Bernard Masson) et un ancien d’Olympus (Yusuke Kojima).

Cette annonce a tellement paniqué les investisseurs que Kodak a du se fendre d’un communiqué de presse expliquant que bien sur ils allaient continuer à produire et vendre du film (on s’en doutait un peu à vrai dire) notamment parce qu’en attendant que la conversion de la firme (et des consommateurs) au numérique soit complète « for some time to come,Kodak’s film and paper business will remain the company’s largest source of revenue and cash. » (c’est clair que s’il n’y a que les EasyShare pour faire rentrer des sous, dans l’immédiat…).

Pas trop de le temps d’écrire ici en ce moment parce que je passe pas mal de temps au salon de la moto à donner un coup de main à une association de copains qui ont un stand (et mine de rien ça demande du populo de tenir un stand dans un salon comme ça).

Sur ce je vais aller enfourner une bonne dose de W.O. larsen dans une vieille Brebbia histoire de ne pas me laisser abattre par la bien pensance ambiante (bois plus, fume pas, fais du sport.. avec leurs conneries tout ce qu’on va gagner c’est qu’on va mourir en bonne santé…).

L’adieu aux Caroussel
Première victime du mouvement vers le pixel, la gamme des projecteurs de diapos Kodak tire sa révérence
Lire le communiqué de presse (US)