Droits des femmes : la France en queue de peloton

A titre personnel, je pense le plus grand mal du féminisme, qui avait sans doute bien des qualités au départ et à qui les femmes doivent probablement* quelques avancées notables, mais qui aujourd’hui s’est mué en plus formidable machine à asseoir la suprématie masculine.

On pourra m’objecter que je suis a affreux macho qui ne comprend rien à rien (ce qui n’est probablement pas totalement faux) il n’empêche, les chiffres semblent bien aller dans mon sens. Une étude publiée par le Washington Post sous le titre Why French women have so little equality, a story in charts montre ce qui crève les yeux : la France est sans doute un des pires pays pour ce qui relève des droits des femmes, se classant au 57ème rang mondial derrière des pays comme la Mongolie ou l’Ouganda.

* probablement, mais rien ne me parait certain en la matière, car rien ne prouve que nombre de ces avancées n’auraient pas eu lieu au final naturellement, le mouvement féministe n’ayant dans ce cas fait qu’avancer les choses. Il parait, par exemple, assez invraisemblable qu’en 2012 les femmes ne puissent pas avoir le droit de vote

J’ai commencé par écrire que je pensais pis que pendre du féminisme, on trouvera un bon exemple de ce que je lui reproche dans cette note de blog récemment publiée sous le titre Barbie à L’Assemblée Nationale. Ce texte fort juste (si l’on s’en tient aux aspect descriptifs) et fort bien troussé, synthétise pourquoi je pense que le féminisme est la meilleure chose qui soit arrivée aux hommes pour conserver tranquillement leurs prérogatives.

L’intention est louable, l’indignation compréhensible mais je pense que l’auteure se trompe de combat.

L’amusante caricature initiale (il faut lire le texte pour comprendre, il consiste en un pastiche décrivant un homme politique en utilisant les mêmes références que celles utilisées pour décrire les femmes politiques) ne me choque pas du tout, qu’on se souvienne des photos de Sarkozy en maillot de bain ou de l’agité du bocal ambassadeur de Tunisie en tenue légère sur Facebook, ou encore de l’amaigrissement de Hollande etc etc…des hommes politiques ont déjà été traités de la sorte, peu d’entre eux, bien sur, car peu sont physiquement intéressants, mais bon, rien de particulier à noter dans ce texte bien tourné mais dont le côté pastiche tombe un peu à plat.

Ce que l’auteur fustige c’est le fait que les journalistes politiques sont globalement médiocres, c’est pas un scoop.

Enfin il y a derrière tout ça un relent d’ordre moral mâtiné de fixation unisexe qui me semble aussi malsain (involontairement) que ce combat dont la sincérité n’est pas en cause.
Suggestion (provocante sans doute mais pour autant sérieuse) : et si les féministes se trompaient ?
Si pour une femme (qui est n’en déplaise aux mauvais coucheurs non pas inférieure, non pas supérieure, non pas ci ou pas ça, mais en revanche différente d’un homme) l’ambition supérieure n’était pas d’être « traitée comme un homme » ?
Et si pour une fois elles (les féministes) demandaient l’inverse ?
Pourquoi ne voit-on pas plus de photo d’homme politique autrement que dans des tenues et posture symbolisant le pouvoir. Il serait par exemple intéressant de voir que ce pays qui passe son temps à obérer le monde dans lequel va vivre sa jeunesse est gouverné par une caste de vieux bedonnants chenus.

D’ailleurs les temps changent (parfois, ok pas assez souvent)

A défendre l’égalité des sexes (au lieu de l’égalité des droits) le féminisme a (je caricature mais pas tant que ça) beaucoup oeuvré pour que les femmes deviennent « des hommes comme les autres », même look (l’évolution de la mode est caricaturale en ce sens, l’unisexe qui fait rage est surtout une masculinisation , nos rues pullulent de femmes sapées comme des hommes, je n’ai jamais vu (hors cercles particuliers) d’hommes sapés comme des femmes)), même droit aux mêmes emmerdements etc… mais pas mêmes avantages (le fameux plafond de verre) faut quand même pas déconner.

Une des cibles de l’article Barbie à l’assemblée, est un papier de Libé présentant un portrait de la représentante écologiste Barbara Pompili posant dans une tenue avantageuse. Personnellement ça ne me gène pas que Barbara Pompili soit jolie.

Je ne trouve ni gênant, ni dommage  que Najat Valaud Belkacem soit jolie, ce qui me gène en revanche c’est que ses interventions radio (où on ne la voit pas) soit souvent nulles et que son obsession de « supprimer la prostitution » rappelle si fortement le « je suis pour la paix dans le monde » des Miss France (message perso, Najat si ça vous obsède tant que ça, commencez par vous intéresser à ce qui se passe en bas de chez vous, je traverse tous les soirs le bois de Boulogne et depuis quelques années les jeunes filles qui portent « importation de l’est » sur le front et sont tellement dures à trouver qu’elles occasionnent des bouchons à l’arrivée sur la Porte Maillot ne semblent pas avoir été sélectionnées sur la base du volontariat).

Je ne trouve ni gênant, ni dommage que fleur Pellerin soit jolie, ce qui me gène c’est qu’elle débite les mêmes poncifs au kilomètre que ces hommes bedonnants, chenus et cyniques que les bien pensantes aimeraient lui voir singer et surtout aimeraient utiliser comme grille de lecture de ce que fait cette jolie nana.
Dernière sortie en date (qui devrait réjouir les tenants de « la femme doit absolument être un homme ordinaire » )

.. ça au moins c’est une vraie déclaration d’homme politique (bravo Fleur) sauf que son job à Fleur Pellerin, ce n’est pas de faire dans le déclaratif cucul (moi je pense aussi qu’il faut garantir de la bouffe et de l’eau potable à tous et faire reculer les hémorroïdes qui risquent de me guetter un jour) mais d’expliquer ce qu’elle est en train concrètement de projeter pour que ça arrive, voire même si c’est réaliste (ce dont je doute, j’aimerais que Fleur Pellerin m’explique comment elle va a terme raisonnable apporter du haut débit en rase campagne alors que l’ADSL est parfois limite en périphérie des centres urbains).

Le souci c’est qu’à force de singer l’homme dans ce qu’il a de moins intéressant, la femme se retrouve victime de ses particularités :si elle est jolie c’est qu’elle doit être conne ou au mieux n’être « que » jolie. En inversant les genres, je n’ai jamais entendu prétendre que parce qu’il a un look de gendre parfait et une voix de crooner François Baroin est donc un âne…. cherchons l’erreur.

J’aime bien l’exemple de Libé parce qu’ils synthétise l’étau dans lequel les femmes se sont laissé coincer. Libé met en avant le physique de la politicienne, ce qui est une approche un peu curieuse, et de l’autre côté le féminisme réplique sur le thème « si on la montre jolie c’est qu’on veut montrer qu’elle est idiote ». Je doute fort que le photographe de Libé ait menacé Barbara Pompili. Elle est jolie n’en déplaise et au nom de quoi devrait elle cacher ça pour être crédible ? Voilà c’est un point de vue ultra sexiste !

On a incité les femmes à tuer la galanterie, dans quelques temps on leur demandera d’être visqueuses pour mieux ressembler aux hommes de pouvoir.

Ce qui nous manque c’est à la fois des journalistes dignes de ce nom (mais là c’est une cause quasi perdue) ET des femmes politiques dignes de ce nom (là c’est plus complexe parce qu’on pourra objecter que les hommes qui détiennent les clés du truc ont tout intérêt à promouvoir de jolies gourdes (ou facilement présentables comme telles) et peu d’intérêt à promouvoir de jolies femmes avec une cervelle aussi efficace que les formes).

Il tourne sur internet en ce moment une « saillie » (qualificatif ironiquement bien choisi) de la première ministre australienne au sujet d’une histoire de harcèlement. Julia Gillard règle son compte à un membre de l’opposition qui avait essayé de la prendre pour une conne… ça déménage.

Les quinze première secondes on se dit qu’elle est vraiment pas mal, les quinze premières secondes seulement, sa tirade dure 15 minutes et la tête de son opposant (fanfaron au départ) en dit long.

Bref en lisant des textes comme celui qui a suscité cette note, si j’étais une fille, je crois que j’aurais les boules.. ah merde, si j’étais une fille je n’aurais pas de boules.. mais bon on m’expliquerait qu’il serait bien que je feigne d’en avoir, donc tout irait quand même… enfin sauf les relevés chiffrés de l’avancée des droits des femmes, parce que sur ce plan….

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