Mio lance deux GPS vélo les Cyclo 300 et 305

L’avancée des smartphones oblige les constructeurs de GPS à se diversifier et à investir des niches au-dehors du classique GPS de voiture.
Après Garmin et ses Edge 200, 500 et 800, Mio arrive donc sur le marché du GPS de vélo avec deux modèles, les Cyclo 300 et Cyclo 305.
Tous deux sont grossomodo identiques à un détail (important le détail) près : le modèle 305 peut recevoir des capteurs au format Ant+.
Ant+ est un protocole de communication sans fil entre des capteurs et un appareil récepteur. Concrètement cela signifie qu’on pourra connecter au Cyclo 305 un capteur cardio, un capteur de vitesse, un capteur de cadence etc.. alors que le modèle 300 ne propose pas cette possibilité.

Ils ont 12 heures d’autonomie, peuvent embarquer de la cartographie et proposent une fonction « surprends moi » assez rigolote : on indique quelques paramètres (temps, distance..) et l’appareil propose un itinéraire. Pas idiot.

Lorsqu’ils arriveront en mars, nous vous proposerons naturellement un test de ces appareils, dans l’immédiat quelques remarques : En Europe et particulièrement en France, ils vont avoir la vie dure, coincés entre les Garmin Edge d’un côté et les smartphones de l’autre.

Sur le papier les avantages d’un appareil dédié par rapport à un smartphone sont minces : étanchéité (mis à part le futur Panasonic, et les Sony Ericsson Xperia Active, Samsung GT-S5690 Galaxy XCover et Motorola Defy (merci à un lecteur attentif) très peu de smartphones sont étanches), point qui est à pondérer par le fait qu’il existe des supports de guidon étanches pour smartphone, et surtout autonomie. Sur ce dernier point les Mio avec leurs 12h annoncées feront clairement la différence par rapport à un téléphone.

Dernier avantage pour les utilisateurs avancés : la connectivité.
Sur ce dernier point paradoxalement, les smartphones sont assez en retard si on les compare au produits dédiés. Pour éviter de causer des saignements de nez aux lecteurs rétifs à la technologie, les détails du pourquoi du comment sont plus bas.

Enfin, l’interface de ces Mio Cyclo semble simple et conviviale, plus conviviale que celle des Garmin, mais des logiciels pour smartphone comme Endomondo (Android, IOS, BlackBerry, Nokia..) le sont également.

On en revient aux choses indigestes…
Pour ceux que la technologie pure intéresse, pour fournir des données intéressantes (vitesse, distance parcourue, calories consommées, rythme cardiaque etc..) les appareils ont besoin de capteurs qui vont effectuer la mesure et envoyer sans fil les infos à l’unité centrale.
Le GPS replace dans la plupart des cas un capteur de vitesse (qui est placé prés de la roue et compte bêtement le nombre de tours de roue effectué par unité de temps), mais est parfois moins précis qu’un système mécanique simple. De la même façon les sportifs travaillent leur cadence de pédalage et pour ça un autre capteur compte les nombre de tours de pédale. Pour ce qui touche à la condition physique, un capteur placé sur une petite sangle qui entoure la poitrine permet d’avoir en temps réel le rythme cardiaque etc…
Tous ces capteurs doivent pouvoir communiquer sans fil avec l’unité centrale (appareil dédié ou smartphone). Certains fabricants utilisent des technologies sans fil propriétaires (c’est le cas du finlandais Polar pour qui tout ce qui est standard est LE mal), d’autre part il y a les solutions basées sur des standards. Il existe deux technologies « standard » pour interfacer sans fil un appareil (smartphone ou boitier dédié comme les Mio) et les capteurs qui servent à recueillir des données : Ant+ et Bluetooth.

La première s’appelle Ant+, elle est utilisée par certaines montres cardio et les appareils Garmin. Elle avait vocation à devenir le standard de communication entre un appareil récepteur quelconque et des capteurs, avec comme avantage qu’il devient possible d’utiliser n’importe quel capteur conforme à Ant+ avec n’importe quel appareil récepteur qui le soit également.
Pour une raison que j’ignore, Ant+ n’a pas réussi à s’installer dans le monde des smartphones, mis a par quelques modèles de Sony (dont Sony Ericsson Xperia Active déjà cité) presque aucun Smartphone ne propose de communication au format Ant+. Il existe un adaptateur Ant+ laid, gros et cher pour les iPhones.
Concrètement, un Garmin Edge (et donc sur le papier.. attendons de l’essayer) un Mio Cyclo, peut recevoir plusieurs capteurs pour un recueil sophistiqué des données. Capteur cardio, capteur de cadence, capteur de vitesse, pour les utilisateurs riches et/ou sportifs de haut niveau, capteur de puissance etc…
Pour faire la même chose avec un smartphone, il faut un iPhone (pas d’Android) et l’acastiller d’une façon qui risque au final de rendre l’achat d’un Garmin (ou donc d’un Mio) économique (j’exagère à peine).

L’autre technologie, plus classique et très répandue est le bluetooth. Très répandu surtout avec Android, le Bluetooth chez Apple étant une affaire compliquée.
Il existe quelques capteurs cardio Bluetooth pour les smartphones Android comme l’épatant capteur cardio de Zephyr Industries qui marche du feu de Zeus avec les applications principales, même Polar (pourtant très rétif à tout ce qui ressemble de près ou de loin à un truc standard) a un capteur cardio Bluetooth (moins bien que le Zephyr d’ailleurs). En revanche il n’existe pas d’autres capteurs (vitesse, cadence..) en Bluetooth.
Sur le papier donc, Bluetooth est le nirvana, il est absent des appareils dédiés (qui donc privilégient Ant+) mais très courant sur les smartphones. Ben non, c’est pas le nirvana, parce que il n’existe qu’un seul type de capteur Bluetooth : les capteurs cardio. Pas de capteur de cadence, de capteur de vitesse ou de puissance.

Bluetooth doit connaitre une évolution intéressante pour les applications sportives, avec un dérivé de Bluetooth version 4.0 qui porte le nom de BLE (Bluetooth Low Energy). BLE n’existe pour l’instant que sur un seul smartphone, mais pas n’importe lequel : l’iPhone 4S, plusieurs autres ont annoncé intégrer cette spécification dans le futur.
Dans une certaine mesure, BLE se pose en candidat crédible à la succession de Ant+ en tant que protocole standard de communication entre un appareil récepteur et des capteurs.

Sur un plan technique, il est intéressant de noter que Mio a fait le choix de Ant+ exclusivement, pas de Bluetooth 4.0 BLE prévu à priori.

La morale de tout ça est que si on veut un ensemble de mesure complet, les GPS vélo dédiés arrivent loin devant les smartphones en termes de possibilités. Si en revanche on se contente d’un ensemble de mesures plus raisonnable (vitesse, distance, cardio) alors les smartphones sont des concurrents redoutables, d’autant que sur le plan cartographie, grace à Google Maps il n’ont rien à envier aux GPS.

Denier point sur lequel Mio ne communique pas énormément : le Web.
Les appareils de mesure ne sont au fond que des collecteurs d’informations qui ensuit les envoient sur un site ou on peut les consulter dans de meilleures conditions. Garmin propose avec Garmin Connect un système très élaboré et les applications pour smartphones rivalisent de sophistication et d’ergonomie sur ce plan, d’autant que grâce aux formats d’échange (gpx, tcx..) il est possible d’enregistrer les données aux une application mais utiliser le site web d’une autre par ce qu’on le trouve plus sympa.

Bref on a hâte de mettre la main sur de ces petits jouets pour cycliste.

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