Mauvais (coup de) sang

Je trouve dommage l’exécution publique du « mademoiselle » (à force de confondre égalité et symétrie, tout ça va devenir d’un triste…)

Je rêve d’une organisation homme/femme ou les revendications féministes (dont la pertinence ou la légitimité ne sont pas discutables) soient compatibles avec la galanterie.

Etre égaux cela veut dire avoir les mêmes droits, les mêmes possibilités etc.. cela ne veut pas dire être pareils.

Il y a dans tout ça une forme d’aspiration à un hermaphrodisme chaste et bien pensant qui me super gonfle.

J’ai un peu l’impression que le combat (légitime) des féministes a fini par les aveugler et qu’elles n’ont pas réalisé que les hommes ont changé, que ceux contre qui elles sont persuadées de se battre ne sont plus forcément représentatifs des nouvelles générations.

Avant elles se battaient contre des faits et contre des bonhommes et il y avait confusion entre les deux, ils étaient indissociables.

Aujourd’hui les faits n’ont guère changé (hélas, les femmes sont toujours plus mal payées, il y en a toujours de moins en moins lorsqu’on monte les pyramides hiérarchiques, à l’exception des métiers en voie de disparition, journaliste par ex..), mais les hommes eux ont changé.

Il y a peut-être, sans doute, à réinventer un féminisme moderne qui prenne en compte les évolutions de l’homme et de la société au sens large. Le féminisme est né en tant que combat homme/femme, combat légitime et justifié, mais cette guerre des genres n’a pas vraiment de sens aujourd’hui me semble t-il, ou à minima, n’a plus le sens qu’elle avait au départ.

Le beauf n’est certes ni mort ni en voie de l’être, mais les femmes peuvent compter aujourd’hui sur le soutien d’une part non négligeable des hommes, et ces pantomimes infantiles comme le port au bûcher du « mademoiselle » ne me semblent pas aller dans ce sens.

Franchement je trouve ridicule de passer aujourd’hui pour un affreux machiste réac si je tiens la porte à une femme ou que je lui porte un sac (ce que je fais, parce que j’ai été élevé comme ça, ce qui n’a rien à voir avec la remise en cause de ses capacités physiques ou de son aptitude à ouvrir une porte..), et je trouve le mademoiselle joli lorsqu’utilisé avec doigté

4 réponses sur “Mauvais (coup de) sang”

  1. Comme d’habitude ce n’est pas la revendication féministe qui est exagérée, mais l’interprétation qui en est faite : supprimer cette *case* (la case, hein, pas le *mot* du dico) qui complique drôlement la vie administrative des femmes (et pas celle des hommes) ne vous empêche nullement de continuer à donner du Mademoiselle « avec doigté », m’enfin !

  2. « Gauvain reprit :
    – Et la femme ? qu’en faites-vous ?
    Cimourdain répondit :
    – Ce qu’elle est. La servante de l’homme.
    – Oui. A une condition.
    – Laquelle ?
    – C’est que l’homme sera le serviteur de la femme.
    – Y penses-tu ? s’écria Cimourdain, l’homme serviteur ! jamais. L’homme est maître. Je n’admets qu’une royauté, celle du foyer. L’homme chez lui est roi.
    – Oui. A une condition.
    – Laquelle ?
    – C’est que la femme y sera reine.
    – C’est-à-dire que tu veux pour l’homme et pour la femme…
    – L’égalité.
    – L’égalité ! y songes-tu ? les deux êtres sont divers.
    – J’ai dit l’égalité. Je n’ai pas dit l’identité. »

    Victor Hugo, Quatre-vingt-treize

  3. Comme l’a dit tetue, on ne remet pas en cause l’utilisation à l’oral du ‘mademoiselle’ adressé à une jeune femme, mais il faut le dissocier de sa signification première qui est ‘jeune fille pucelle’ et supprimer son utilisation par les institutions, qui est une intrusion dans la vie privée de la personne, et qui ne s’applique pas à l’homme. De plus seule la « madame » est l’équivalent du « monsieur », alors que la « mademoiselle » est une demi-personne, une enfant. Ce qui veut dire que tant que la femme n’appartient pas à un homme (en portant son nom hein!) elle n’est pas l’égale de l’homme. Et je trouve ça assez violent de me dire que je dois me caser si je veux devenir une personne entière.

    1. Bonjour,

      Pour être franc, je suis assez peu sensible à ce soudain intérêt pour l’étymologie qui voudrait que je pète un genou au premier qui dit que je suis un bon gars (qui jusqu’à plus ample informé est le masculin de garce), ou encore que je crie au secours à chaque fois que quelqu’un présuppose que je vais au travail, qui trouve sa racine dans le latin trépalium qui était un instrument de torture, plus exactement un instrument permettant de maintenir les esclaves pendant qu’on les corrigeait.
      Etant par une lignée alambiquée descendant d’esclaves, je vous serais reconnaissant de bien vouloir militer pour que je sois dispensé de bosser.

      Je ne pense pas que beaucoup d’institutions s’intéressent à la vie sexuelle de leurs administrées.

      Si l’on veut défendre la cause des femmes, des trucs à mordre il y en a.. et beaucoup.. je ne pense pas que celui ci soit dans les plus urgents.

      Un formulaire RH libellé madame n’empêche en aucun cas cette dame (qui donc si j’ai tout suivi n’est plus supposée être vierge) d’être payée moins que les monsieurs de qualification égale (fussent-ils puceaux), ça par exemple, c’est un scandale…

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