Un vrai moment de détente (et/ou de terreur)….

Un livre assez dingue publié en 2007 aux éditions de La Découverte, qui est un recueil de « Lettres de non-motivation » et des réponses qui leur ont été apportées.
Ce qui laisse clairement rêveur c’est que sur le lot, très peu de rédacteurs de lettre de réponse négative, n’ont pris la peine de lire la lettre de motivation à laquelle ils répondaient.
Parmi les perles, lire la lettre puis la réponse de La Croissanterie (page 67).
Au début ça fait rire, ensuite ça fout la pétoche…
Je suis tombé la dessus en lisant un message twitter de ..cadremploi.. qu’apparemment ça ne semble pas bouleverser outre mesure…
Note : Cliquez sur une page pour ouvrir le livre en grand

Le livre Lettres de non-motivation est vendu pour 9 euros 50.

Note de l’éditeur : Toutes les lettres que vous allez lire sont authentiques. Julien Prévieux est artiste. Il y a huit ans, après avoir vainement cherché un emploi, il s’est mis à les refuser tous. Il a décidé de prendre les devants : refuser l’emploi qui nous est de toute façon refusé. Depuis, il a rédigé et envoyé plus de 1 000 lettres de non-motivation en France et à l’étranger. Il a reçu environ 5 % de réponses, en majorité automatiques. Vous trouverez ici une sélection des meilleures lettres, regroupées en deux parties : celles avec les réponses des entreprises et celles restées sans réponse.
La lettre de motivation est un jeu social dont personne n’est dupe, un exercice obligatoire dans le rituel du recrutement. Julien Prévieux joue à ce petit jeu comme quelqu’un qui écrirait de vraies lettres, en réponse à des offres d’emploi qui lui auraient été personnellement adressées, et qui petit à petit, deviendrait fou, finissant lui aussi par envoyer des lettres automatiques, une machine écrivant à des machines. Son propos n’est pas celui du pastiche ou de la caricature (imiter, grossir le trait). C’est tout l’inverse : chacun des personnages qu’il incarne tour à tour fait apparaître, précisément son franc-parler, ce jeu social comme ce qu’il est un jeu factice, mensonger et, en définitive, d’une incroyable violence. On comprend que la plupart du temps cette lettre dans laquelle le candidat est censé se livrer, exprimer sa personnalité et ses désirs, n’aura même pas été lue avant d’atteindre la corbeille. En ce sens, la lettre de motivation apparaît comme la mise en scène de l’infériorité du demandeur et de la toute puissance de l’entreprise.
C’est cet exercice imposé de la fausseté, du mensonge en soi et de l’humiliation, que les lettres ici rassemblées, dans leurs formes variées, proliférantes, souvent dingues et toujours opiniâtres, font dysfonctionner.
À l’heure du « travailler plus » pour vivre moins, ces lettres de non-motivation nous réapprennent quelque chose de fondamental. Retrouver cette capacité, jouissive, libératrice, de répondre : non.

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