Test : vélo pliant Beixo Compact : un vélo vraiment urbain

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Ceci n’est pas un vélo pliant

Le Beixo Compact a une allure de vélo pliant, il est pliant (articulé en trois parties de façon classique) il serait donc logique d’en déduire qu’il s’agit d’un vélo pliant (euh tout le monde suit ?).. et sur ce coup, la logique se trompe.
Le Beixo Compact peut certes être replié, pour tenir sans problème dans un coffre de voiture par exemple ou être rangé dans un coin de bureau, mais le catégoriser comme vélo pliant serait passer à côté de l’essentiel.
C’est un vélo urbain (et un excellent) entièrement conçu pour quelqu’un qui a besoin d’un vélo au quotidien, mais aucune envie de se prendre la tête avec.
Il ne s’agit pas uniquement de jouer sur les mots. Si vous cherchez un vélo pliant, il en existe des dizaines et de meilleurs que ce Beixo, un peu lourd et relativement encombrant (pour un vélo pliant).
En revanche, si vous êtes en train d’évaluer les options disponibles en matière de vélo urbain, alors ce petit Beixo doit impérativement figurer dans votre liste de candidats possibles.
Cet un engin redoutablement efficace, joli, sans souci, propre, qui redonne ses lettres des noblesse à l’expression « un vélo utilitaire« .

No chain , no pain

La particularité du Bexio Compact est sa transmission : le vélo utilise un cardan à la place de la chaine habituelle. D’ordinaire on trouve des cardans sur les voitures, ou sur certaines motos (BMW..) et plus récemment sur une certain nombre de vélos en libre service comme les VCUB Bordelais ou les vélos en libre service de Vannes par exemple.

Si le cardan est peu répandu sur les vélos, ce n’est pas une invention récente. Le principe a été breveté en 1890 et 3 ans plus tard l’entreprise française Métropole lançait l’Acatane.

Le cardan a été rapidement remplacé par la chaine, parce que ses premières mises en œuvres présentaient des inconvénients contrariants. Des inconvénients doubles : tout d’abord un cardan c’est plus lourd, et ensuite cela demande une transmission sophistiquée. En effet, avec un cardan il est impossible d’utiliser un dérailleur, les premiers vélos à cardans étaient d’ailleurs mono-vitesse.

Pour le premier point (c’est lourd) le Beixo n’est pas spectaculairement plus lourd que la majorité des autres vélos pliants.. 14kg…tous trop lourds pour tenir leurs promesses d’intermodalité.

Sauf à être haltérophile, ou à habiter et travailler au rez de chaussée, si vous voulez réellement un vélo pliant pour le trimbaler partout avec vous (métro train etc..) il n’y a guère d’alternative au Brompton (aux alentours de 10 kg soit entre 3 et 5 de moins que les confrères).

Pour le second point (la transmission), depuis les débuts un rien rustiques du vélo à cardan, par la grâce de m’sieurs Shimano, Rohloff, Sturmey Archer et SRAM, les choses ont beaucoup changé. Aujourd’hui on dispose de boites de vitesse pour vélo d’excellent niveau.

Le Beixo utilise donc une boite shimano Nexus en 3 ou 7 vitesses.
Notre modèle d’essai est équipé d’une 7 vitesses, et à l’usage, cette boite constitue un duo parfait avec le cardan.

Côté robustesse, le cardan utilisé par Beixo est le même que celui qu’utilise le danois Biomega, il est donné pour 30000 kms de durée de vie et garanti 10 ans par Beixo.

L’autre reproche qui est fait au cardan est une moins bonne transmission de la puissance. En pratique, ce reproche ne tient pas pour un vélo. Tout d’abord si on compare sur un banc de puissance une transmission à chaine neuve et son équivalent a cardan, il est possible que la chaine neuve affiche une meilleure transmission de la puissance.
Dans la vraie vie une chaine en usage urbain ( et donc avec un entretien qui va osciller entre « approximatif » et « absent ») a peu de probabilité d’être meilleure qu’un cardan, d’autant que cette différence de transmission de la puissance se manifeste surtout à haute puissance et vitesse de rotation.
En usage urbain; le cycliste travaille sur le couple à des vitesses de rotations très basses.
Bref l’argument du moindre rendement ne tient pas, ce qui se vérifie aisément à l’usage, d’autant que rien ne permet de ressentir qu’on est sur un vélo à cardan. La sensation est exactement la même qu’avec une chaine.

Sur le plan des avantages, le cardan propose une solution à la fois propre et fiable, infiniment plus propre et plus fiable que la chaine. Finis les réglages, envolée la crainte de mettre de la graisse sur un costard ou de salir le bas d’une robe avec la chaine, terminé la peur de coincer quoique ce soit dans la chaine.

En usage urbain, cet aspect seul pourrait beaucoup plaire au femmes. Le Beixo est un vélo non salissant, ce qui est quand même rare.

Les côtes ? même pas peur !

Si donc au premier regard ce qui caractérise le Beixo c’est son cardan, en pratique c’est l’ensemble de sa transmission cardan + boite qui fait son caractère (et son intérêt).

En version courte, ce vélo passe partout, sans avoir à se préoccuper de quoi que ce soit, y compris dans des côtes plutôt raides (pour vérifier la chose une partie de l’essai a été conduite à Montmartre ou ça grimpe…. beaucoup).

Le vélo se sort de toutes les situations absolument sans problème. Ce côté passe-partout est dû principalement à l’excellente boite Nexus qui se commande d’une rotation de la poignée (on peu même passer les vitesses à l’arrêt contrairement à un système à dérailleur). Les vitesses s’enclenchent parfaitement, même s’il y a quelques « clac » au pédalage lorsque ça force.

Le vélo ne fait pas de bruit de chaîne, mais en revanche produit un léger sifflement lié au cardan (très très léger) et qui s’accroit lorsque l’on force en côte. C’est le seul point qui distingue le Beixo d’un vélo classique à chaine, pour le reste le cardan est strictement indiscernable.

Le seul reproche serait à adresser à l’étagement de la boite que j’ai parfois trouvé un peu spécial (notamment entre quatrième et cinquième), en revanche sont fonctionnement est absolument parfait.

Equipement : oui mais…

Le cadre en alu est top, solide, peu flexible (pour un vélo pliant) confortable et logeable (je mesure 1m85). J’ai déjà écrit tout le bien que je pense de cette transmission cardan + boite en usage urbain.
Le reste de l’accastillage en revanche est un peu plus léger; l’éclairage fourni est.. gentil, les patins de freins font ce qu’ils peuvent, les pneus Kenda d’origine ne m’inspirent pas plus confiance que ça.
Rien de grave tous ces éléments sont des consommables, mais il me parait judicieux lors de l’achat de demander le remplacement des Kenda par des Schwalbe ou similaire, et les patins de frein par des vrais (Shimano, Tektro ..).

Du design à la mobilité urbaine

L’utilisation du même cardan que les danois de Biomega, n’est pas complètement le fruit du hasard, les deux entreprises (Beixo en Hollande et Biomega au Danemark) ont un peu les mêmes gènes : des étudiants en design essayant de jeter sur papier l’outil de mobilité urbaine de demain, faisant table rase des concepts classiques, puis créant une boite pour commercialiser le truc. D’ailleurs si le conception du Beixo est hollandaise, l’industrialisation elle, est taïwannaise (comme chez à peu près tout le monde).

A l’usage ce n’est pas un aspect anodin, non seulement la transmission du Beixo Compact fonctionne très bien, mais surtout elle se fait totalement oublier. C’en est déroutant au début. Se mettre au vélo c’est accéder à un tas de chose très sympa, (liberté, rapidité de déplacement, meilleure santé, plus de cotisation inutile chez les pétroliers, les parkings etc..) et un petit nombre de servitude (sensibilité à la météo…) le tout avec un petit nombre d’éléments de culture à intégrer : une chaine ça se graisse et ça salit, un dérailleur, ça se dérègle etc etc..
Avec le Beixo ce dernier aspect disparait, c’est un peu une… voiture à pédale. Les habitués du vélos seront dépaysés au début, ceux qui arrivent au vélo seront enthousiasmés par cette facilité. Comme je l’ai indiqué en introduction, C’est un excellent vélo urbain, conçu pour quelqu’un qui a besoin d’un vélo au quotidien, mais aucune envie de se prendre la tête avec.

Quelques liens

6 réponses sur “Test : vélo pliant Beixo Compact : un vélo vraiment urbain”

  1. Il m’avait bien plu chez velectris, mais n’était disponible qu’en 3 vitesses, un peu trop peu pour ma femme a qui j’ai offert un dahon en roue de 20 pouces, à peine plus pliable, et encore plus urbain avec son parechaine, son enjambement bas, ses 8 vitesses moyeu et son panier avant fixé sur le cadre et non le guidon.

    Important le panier avant, tout comme la robustesse du porte baggage pour les déplacements urbains quand on est pas adepte du sac à dos.

    Cela dit le beixo me donne des idées. je cherche une solution compatible avec mes genoux pour désherber des rang de carottes et poireaux (à la main en bio) sur des longueurs en centaines de mètres.
    à défaut d’investir dans un vélo couché permettant de raser le sol, le beixo me parait coupable en deux partie pour installer un siège couché entre les deux parties.
    raser le sol

  2. Sur le passage des vitesses en charge, ça marche à la montée comme au rétrogradage ?
    Ma seule expérience des moyeux Nexus, c’est le trois rapports des Vélib’, et si ça passe bien en pédalant de 1 en 2 et de 2 en 3, le rétrogradage impose une coupure d’appui d’une bonne demi-seconde. Quand on est dans une montée, qu’on a essayé de prolonger l’élan en 2 et qu’on veut revenir en 1 à la volée, ça revient quasiment à s’arrêter et repartir…
    Vu que c’est pour l’instant le seul reproche que j’ai à faire à ces transmissions (y’a aussi le manque de fiabilité, mais là je présume que le bourrinage des utilisateurs de Velib’ n’est pas innocent… et que c’est pas du haut de gamme !), si on peut rétrograder en charge, faudra que je l’envisage si jamais je change de vélo — NB : VTT, donc vraiment hors de question de pas pouvoir rétrograder sans arrêter de pédaler.

    1. j’ai quelques milliers de km d’expérience chacun sur nexus 3, 7 et 8 sur 4 vélos différents, et si c’est bien réglé, ça passe si on fait le changement sans forcer, sinon un léger coup de pédale en arrière.
      Ceci dit j’ai pas d’utilisation vtt (et le beixo je l’y voit mal).

  3. Un vélo inter modal ? le meilleur pour moi un strida !!!!!!
    j’utilise tout les jours excellent vélo et entre 2 transport en commun rien de tel 🙂

    1. je l’ai testé, mais j’ai 19 km à effectuer après l’arrêt du RER A de boissy saint léger et je n’ai pas eu l’impression qu’il ferais l’affaire pour moi et mes petites n’affaires sur un bord de nationales (autre option chemins vicinaux plus ou moins défoncés)

  4. Hé ho !

    Les patins de frein Shimano ou Tektro, c’est loinnnnn d’être les plus mieux hein ! particulièrement les Shimano qui laissent une généreuse poudre abrasive sur les jantes, une vraie cata ! A proscrire si on ne veut pas changer de jante trop souvent.

    Le top du top c’est les KoolStop saumon pour la pluie et l’hiver en général. ÇA, ça freine !

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