La R850R premier bilan

Un mois et demi et 2000kms plus tard.

Comme j’ai écrit plein de choses qui peuvent sembler négatives dans mon message sur ma première impression, voici la suite.

Tout ce que j’avais écrit au départ sur ma R850R reste d’actualité, ce qui l’est nettement moins c’est le jugement que je porte sur cette moto.

La R850R est une petite moto épatante, assez enthousiasmante et qui colle parfaitement à mes besoins/envies actuels.

Bon « mes » besoins/envies, sont ceux d’un type qui frise dangereusement les 50 balais, avec blonde, mômes, responsabilités professionnelles, facultés de cicatrisation fortement diminuées etc….

J’ai la nette impression que ma BM (et sans doute les autres à en juger par leur tarifs) est conçues pour les gens comme moi.

Ca n’est clairement pas une moto de d’jeuns, en revanche c’est une pétoire impeccable pour un motard qui a de l’expérience, que le grisonnage talonne, qui n’a pas pour autant envie d’arrêter la moto, qui s’est dans sa jeunesse arsouillé comme un goret, qui a coché depuis longtemps la case « adrénaline : fait », qui n’a pour autant aucune envie de ranger le casque, et qui cherche une machine avec un niveau de sécurité tant passive qu’active élevé, sans pour autant renoncer complètement à un petit plaisir de temps à autre.

Dans ce rôle la R850R est parfaite.

Le moteur est d’un ennui absolu, son seul avantage est d’être relativement souple, surtout pour un twin.

En revanche la partie cycle est une pure merveille. Même en brutalisant un brin la machine, le cadre reste absolument imperturbable, tout comme le confort (l’arsouille au roadster serait sans doute un truc assez joussif avec un moulin plus démonstratif).

Bref, ce que le moteur ne fait pas, la partie cycle le fait les doigts dans le nez et paradoxalement, la conséquence est que si la moto n’est pas un avion sur le papier, en pratique on peut rouler assez vite avec. La qualité de la partie cycle fait que par exemple les passages en courbes sont plus rapides (enfin dans mon cas) qu’avec une machine nettement plus puissante.

Le freinage est au petit poil (une fois assimilé le comportement de l’avant qui ne plonge pas.. la première fois ça fait drôle), le contre de gravité très bas permet de la balancer d’un léger coup de cul, l’éclairage est top et j’arrive même petit à petit à me faire aux comodos (tout en restant persuadé que l’on devrait pendre le gars qui les a conçu , non sans l’avoir préalablement ébouillanté juste après avoir, avec soin, extrait ses viscères à l’aide d’une petite cuillère rouillée).

J’ai cherché pendant quelques temps d’où provenait cette impression étrange et paradoxale que j’éprouvais sur la R850R et je crois que j’ai trouvé. D’ordinaire (c’est la règle chez les nippons) on a le choix entre une partie cycle d’entrée de gamme et un petit moteur, ou une partie cycle haut de gamme et un gros moteur.

La R850R c’est une partie cycle superlative avec un moulin qui côté perfs doit se situer dans la zones des twins 500 japonais, ou de machine comme la Seven Fifty de Honda.

La différence c’est que s’il faut hausser le ton et surtout s’il y a du virolet à l’horizon, la R850 doit pouvoir sans aucun souci pourrir la susnommée SevenFifty grâce à sa partie cycle parfaite. Il est fort probable que lorsque le pilote de la nippone sera à l’agonie entrain d‘essayer de contenir ses guidonnages, le pilote de la BM sera entrain de se demander comment bailler avec discrétion.

Bon tout ça c’est en solo.

En duo les choses se gâtent. Si en solo la partie cycle arrive sans problème à masquer l’anémie du moulin, en duo, comme le dit le philosophe : « y a pas d’secret ma bonne dame, faut de la patate. » et le 850 côté patate.. euh comment dire.. les mots me manquent.

Bon, pour des petits trajets ça va à peu près, mais envisager de l’autoroute à deux avec la 850 demande un sens de l’humour hors du commun. A 140 la capacité d’accélération est à peu près nulle, pour gagner 20 bornes de mieux il faut demander 3 jours de RTT ce qui n’est pas toujours jouable.

L’autre point noir c’est le bruit de 2CV.. oops pardon de GS, qui a étonné même ma blonde , pourtant peu passionnée par la mécanique.
Un jour en ôtant son casque, cette traitresse me lâcha : « elle est super confortable cette BM, j’adore, mais le bruit il est bizarre, la Triumph elle était tape cul mais quand même ce vroom c’était plus viril. »

Je me demande si Dieu n’a pas créé la femme pour punir le BMiste de rouler le cul dans la soie….

Aspect non négligeable, la conso est très modérée.. un poil plus de 6 litres.

7 réponses sur “La R850R premier bilan”

  1. J’ai remarqué une franche évolution de style entre ton modèle et les 2003 (pare-boue avant, entrées d’air sur les cotés du réservoir, réservoir lui-même, etc.)
    Par contre, je ne sais pas s’il y a eu évolution de la partie cycle (bien que la position de conduite ne soit plus la même non plus…) ?

    Des infos ?

  2. Bonjour Christophe,

    Je ne connais la la liste des différences, la principale d’un point de vue esthétiques est que les R récentes semblent revenues à une selle biplace classique.
    La mienne a deux selle mises bout à bout. La partie passager est classique et la partie pilote est un siège très équestre qui fait penser aux sièges monoplaces des scooters Piaggio. Il est très confortable mais interdit tout mouvement.
    Je suis assis dessus un peut comme sur un cheval… ce qui fait que je ne peux ni glisser sur le côté dans les virages, ni vraiment me pencher en avant pour diminuer la pression de l’air.

  3. Bon, ça y est, j’ai craqué moi aussi… (R850R de 2001)

    et quel pied cette moto ! ! !
    Pour reprendre un de tes qualificatifs : « enthousiasmante » est le mot juste.
    Par contre, je serais beaucoup moins sévère que toi vis à vis du moteur… mais peut-être encore plus avec les clignotants (Grrrrr)

    Autre point, je cherche encore comment l’attacher (le U ne passe pas dans les roues à rayons…) et où ranger l’antivol le reste du temps !?!

  4. bon, je continue ma tournée journalière des tes blog… et si on se croise à st cucufa, on pourra causer flat 🙂

    J’ai commencé la moto avec une r850r de 2005 et je l’ai beaucoup aimée !
    Incroyablement belle et classieuse, grise clair avec selle beige, ultra confortable, souple et fiable (à part mettre de l’essence et l’amener chez monsieur bmw tous les 10000, j’ai rien fait…)
    La manque de puissance n’a pas trop gêné le débutant pépère que j’étais, à part en duo.
    Aujourdh’ui je roule en f800 et je regrette souvent mon flat-twin. Même si j’ai perdu 40kg et gagné quelques chevaux, l’abs… La différence est énorme sans perte de confort. Ma nouvelle moto jaune s’en sort bien 😉

    Mais le bruit est pire que celui de mon ex R, et elle n’a pas sa beauté intemporelle. Encore une histoire de compromis…

    PS : la mienne avait des poignées passager et platine top case, pour poser le topcase ou accrocher le U…

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