L’accidentologie moto à Paris

Je suis tombé par hasard en lisant des messages sur Le forum des roadster BMW, sur un site très bien, écrit par un journaliste que j’ai croisé dans une vie précédente, à une époque où j’étais moi aussi journaliste.

Je me suis arrêté longuement sur son dernier article portant sur l’accidentologie moto à Paris

Je crois qu’à Paris (et sans doute dans plein d’autres grandes villes) le taux d’accident auto contre moto pourrait être substantiellement réduit si tout le monde (forces de l’ordre comprises) respectait le Code de la route.

Le gros problème à Paris c’est le changement de file sans clignotant de la part des voitures, et le non respect de la priorité due à quelqu’un qui a signalé son intention de changer de file en mettant son clignotant avant d’amorcer la manœuvre (cela ne relève pas du code de la route mais du savoir vivre), de la part des motards.

Article R412-10 En savoir plus sur cet article…
Modifié par Décret n°2003-293 du 31 mars 2003 – art. 2 ()

Tout conducteur qui s’apprête à apporter un changement dans la direction de son véhicule ou à en ralentir l’allure doit avertir de son intention les autres usagers, notamment lorsqu’il va se porter à gauche, traverser la chaussée, ou lorsque, après un arrêt ou stationnement, il veut reprendre sa place dans le courant de la circulation.

Le fait, pour tout conducteur, de contrevenir aux dispositions du présent article relatives au changement de direction est puni de l’amende prévue pour les contraventions de la deuxième classe.

Tout conducteur coupable de cette dernière infraction encourt également la peine complémentaire de suspension du permis de conduire pour une durée de trois ans au plus, cette suspension pouvant être limitée à la conduite en dehors de l’activité professionnelle.

Cette contravention donne lieu de plein droit à la réduction de trois points du permis de conduire.

La focalisation des pouvoirs publics sur la vitesse m’énerve. En moto qu’on se gaufre à 110 ou à 210 dans les deux cas on est mort (ou dans un état qui risque de faire regretter de ne pas l’être).

Je crois que les problèmes vont se réduire de façon spectaculaire le jour ou :

  1. les automobilistes utiliseront leur clignotant, et ce, dans les conditions prévues, c’est-à-dire :
    1. Je mets mon clignotant pour prévenir que je veux changer de file ou tourner de façon plus générale
    2. Je regarde si personne n’arrive par l’arrière
    3. Si c’est le cas, j’effectue ma manœuvre
  2. Les motards respecteront le clignotant des automobilistes, et ce dans les conditions prévues, c’est-à-dire :
    1. Si une voiture a mis on clignotant, je respecte sa manœuvre
    2. Donc je la laisse faire sa manœuvre
    3. Une fois qu’elle a terminé, je passe

Je roule en moto depuis plus de 30 ans (avec quelques brèves interruptions) et en très grande majorité en ville et surtout à Paris, et c’est clairement là qu’est le danger.

Des changements de file sans cligno j’en vois tous les jours (je fais 50Km/jour pour aller/revenir du boulot), mais d’autre part (et en ce sens, le périf parisien est caricatural) AUCUN motard ne respecte le clignotant des automobilistes.
Résultat, un automobiliste de bonne fois, ayant utilisé sa signalisation dans les règles, peut rester très longtemps à attendre que la file de motos qui lui passe devant s’éloigne pour effectuer sa manœuvre.. qui est devenue impossible parce qu’entre temps l’autre file de voitures a refermé l’espace qu’il convoitait.

Lorsque j’ai commencé la moto au début des années 80, entre auto et moto c’était la guerre. Lorsqu’une auto pouvait coincer une moto, elle le faisait, lorsqu’un motard disposait d’un prétexte potable pour allonger un coup de botte dans une portière il le faisait.

Aujourd’hui, sans doute partiellement du fait de l’effet scooter d’un côté (beaucoup d’automobilistes sont aussi des utilisateurs de deux roues et donc peuvent comprendre la situation des motards), et également pour des raisons de génération (les motards des années 80/90 sont pour partie des pères de famille et roulent aussi voire exclusivement en voiture), aujourd’hui donc, les relations se sont pacifiées et c’est très bien.

Mais le Code de la route lui, est devenu quelque chose de tout à fait facultatif, et ça c’est moins bien.

Une anecdote pour illustrer.

Il y a un an, je me suis fait radariser sur les quais de Seine (en face de la tour Effel un poil avant, sur la voie rapide en contre bas) à 54 pour 50 km/h (no comment).
Je remonte du quai pour rejoindre le quai lui-même un peu après la Maison de la Radio et donc des pandores me font signe de m’arrêter, je n’étais pas le seul il y avait une file de voitures.
Pendant que le gars m’explique que je roulais trop vite etc… les voitures remontant de la voie rapide changeaient de file l’un après l’autre pour éviter la file de véhicules arrêtés.

Il y avait des gendarmes tout le long de cette file (c’était une de ces vastes opérations de récupération de pognon dont notre administration est friande) et donc, les chanceux ne s’étant pas fait radariser déboîtaient les uns après les autres sans cligno devant un groupe de gendarmes trouvant ça tout à fait normal.

Morale, il est anti-citoyen que j’ai eu l’outrecuidance d’emprunter la voie rapide a 4 km/h au-dessus de la vitesse limite (alors que ce faisant je ne mettais personne en danger) mais tout à fait normal de changer de file sans aucune signalisation.

Ça résume assez bien l’ambiance parisienne…

3 réponses sur “L’accidentologie moto à Paris”

  1. Mon pauvre ami,
    Pauvre victime des gendarmes (qui soit dit en passant devaient être des policiers, Paris étant placée sous la compétence exclusive de la Police nationale).
    Pauvre cible d’un radar qui a retenu une vitesse de 54 kmh en ville, ce qui suppose que votre compteur affichait au minimum 60 kmh.

    N’avez-vous, vous-même, retenu que ce premier chiffre, oubliant de préciser que vous ne regardiez pas votre compteur ?
    Auriez-vous pu, à cette allure, anticiper le déboitement d’un véhicule, qu’il ait, ou non, mis son clignotant ?
    Je vous accorde que la police et la gendarmerie devraient verbaliser toutes les infractions, les vôtres (qui bien sur sont bénignes) et celles des autres (qui par définitions sont bien plus accidentogènes), mais alors, il faudrait un fonctionnaire ou un militaire derrière chacun des usagers de la voie publique, qu’il soit véhiculé ou piéton.
    En ce sens, l’automatisation du relevé des infractions à la vitesse, bien qu’imparfait, permet de dégager des effectifs vers d’autres tâches et devrait vous satisfaire.
    Mais j’en doute ; j’ai du relire votre article pour bien comprendre un point sur lequel vous restez assez flou : lorsque vous déclarez qu’un « automobiliste de bonne foi, ayant utilisé sa signalisation dans les règles, peut rester très longtemps à attendre que la file de motos qui lui passe devant s’éloigne pour effectuer sa manœuvre.. qui est devenue impossible parce qu’entre temps l’autre file de voitures a refermé l’espace qu’il convoitait », il semble que vous nous expliquiez que cet automobiliste doive traverser un ‘rideau’ de deux-roues avant d’accéder à la file située à sa gauche.
    Ce rideau, selon ce que je comprends, devrait s’ouvrir dès lors que l’automobiliste aurait, respectant le Code de la route, actionné son avertisseur de changement de direction. Il est indéniable qu’il doive le faire. Il est indéniable qu’il doive utiliser son clignotant avant de changer de file, et indéniable qu’il doive respecter le Code de la route, en toute circonstance.
    Mais alors, le motard, qui se croit autorisé à rouler de front sur une même file de circulation avec les véhicules qu’il dépasse, est-il exempt du respect de ces même règles ?
    Si j’ai bien compris votre démonstration, je ne vous trouve pas très honnête avec vous-même.
    Je tiens à vous préciser que je suis aussi motard la plupart du temps, sur un roadster BMW (et c’est ainsi que je suis tombé sur votre article) à Bordeaux.

    1. Bonjour,

      En tant que motard, je ne me crois pas autorisé à rouler à côté des voitures et non devant ou derrière, c’est simplement (nobody’s perfect) que je ne suis pas suicidaire et que jamais je ne roulerai devant ou derrière une voiture.

      En revanche oui, je trouve normal lorsqu’on est en moto et que devant une voiture clignote pour indiquer qu’elle souhaite changer de file, de couper les gaz, pour lui laisser le temps de faire sa manœuvre. Pour l’instant cela relève simplement d’une élégance minimale, il serait mieux je pense que ce soit intégré au code de la route (et incidement cdela inciterait à un usage plus systématique du clignotant).

      1. Bonjour,

        Je suis motard aussi.
        Je voudrais faire une remarque à propos du clignotant.
        Il ne faudrait pas que celui qui met le clignotant pense qu’il ai systématiquement la priorité. Cela ne l’autorisera jamais à négliger de donner un coup d’oeil dans le rétroviseur et vérifier l’angle mort.

        Pourtant, depuis qu’une loi est passé comme quoi le piéton a la priorité sur les véhicules, certains piétons ce permettent de traverser sans regarder ou en prenant leur temps, passage pour piétons ou pas…
        Certains piétons se permettent même de narguer ou de jeter l’automobiliste ou le motard qui a dû piler pour éviter la colision alors qu’ils traversent sur une RD sans passage pour piéton et surgissent de derrière une voiture arrêtée. C’est du vécu.

        Au delà des règles et des lois, il y a le bon sens qui se perd…

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