Réflexions.. sur le bien fondé des vacances

Je rentre de 15 jours dans les Landes, à la lisère du pays Basque, sans télé, sans Internet et avec à peine de téléphone (surprise, on y survit très bien et on vit plutôt mieux).
Je rentre donc et je découvre d’un seul coup l’actu du moment, et vraiment ça fait réfléchir.
Il y a une question que notre microcosme ne se pose sans doute pas (parce que pour se la poser il faut en sortir de ce microcosme, ne serait-ce qu’un moment) : qu’est ce que le gazier moyen à a f… de ce qu’on lui raconte.

Chopé au hasard de ma séance de rattrapage de ce qui s’est passé pendant que je bronzais :

– Fusillade dans une gendarmerie, avec interview TV du chef, lequel explique que « oui il y avait un problème entre les deux protagonistes, mais le problème a été réglé ». J’ai vu cette interview un nombre incalculable de fois, a aucun moment un journaliste n’a eu l’outrecuidance (la lucidité ?) de demander à l’intéressé comment ça déroulait dans la gendarmerie lorsque les conflits n’avaient pas été réglés (tir de mortier dans les couloirs ? discussion à l’arme lourde à la cafet’ ?)

– Péripéties à la succession d’Airbus/EADS. Au chapitre des trucs qui m’indiffèrent (et je suppute qu’une part non négligeable de la frange non-journaliste de mes concitoyens doit être dans le même cas) la gueguerre d’influenco-succession à la tête d’EADS/ Airbus figure en bonne place. Il faudra un jour que les médias fascinés par la grande industrie, se souviennent que celle-ci ne crée pas grand chose, licencie beaucoup, alors que notre pays est parsemé de PME qui elles font bosser du monde, ne font pas toujours des choses inintéressantes et dont on ne parle jamais.
Ce dernier point explique partiellement le mystère qui veut que si l’Euro fort est une calamité chez nous, il n’empêche pas nos voisins Allemands d’être champions du monde de l’exportation.
Question subsidiaire : Airbus c’est pas cette boite dont tous les médias nous ont expliqué il y a quelques mois qu’elle était au bord du gouffre au point qu’elle « devait » (c’est le terme quasi officiel sur les TV) licencier 10 000 personnes et qui, par magie s’est retrouvée à vendre subitement 700 zincs lors du dernier Bourget ?
Ces ventes n’étaient bien entendu pas du tout prévisibles à l’époque (trois mois à la louche) où la susnommée boite expliquait qu’elle était dans une telle panade que ces licenciements était nécessaires (il est vrai que les avions ça s’achète comme les chaussettes par trois, sur un coup de tête, au dernier moment).
Ah..on me glisse dans l’oreillette qu’Arnaud Lagardère est dans le coup..mazette.. . bon, merci de ne pas tenir compte du paragraphe ci-dessus, la guerre d’influence à la tête d’EADS est un sujet qui passionne, qui enflamme, qui enthousiasme forcément les médias, donc les français, et même les autres.

– Le PS (ce qu’il en reste) se réuni pour faire son autocritique de la campagne, alors là c’est le pompon. Sur France Info, le sujet est : « rien n’a filtré, personne n’a rien dit, on ne sait rien » . Normalement (enfin dans la vraie vie non-journalistique) lorsqu’on sait qu’on ne sait rien on le dit, et on passe à autre chose. Là pas du tout, on a eu droit à une rubrique de la spécialiste de la politique qui a expliqué qu’on ne savait rien, pour illustrer le lancement qui expliquait qu’on ne savait rien.

Et ce sont juste quelques exemples, la liste est longue.

Je vous recommande mes biens chers frères mes bien chères sœurs, quelques jours loin de Paris, loin de la télé, loin d’Internet, c’est salutaire et le retour est désopilant.

Une pensée sur “Réflexions.. sur le bien fondé des vacances”

  1. Luc, bien d’accord avec tes propos mais au quotidien (donc toute l’année), il suffit aussi d’oublier de se farcir la messe quotidienne du JT, etc. Je regarde assez peu la TV, j’écoute peu la radio, peu de canards… Mes infos sont généralement les fils RSS… Avec l’énorme avantage, à 90 % de ne lire souvent que les titres… Quand je n’oublie pas de me connecter…!

Vous pouvez laisser un commentaire