Requiem pour l’exposition

Dans la série débordements onanistes et activités connexes, je me demande si l’exposition est promise à un avenir radieux dans le monde numérique.

L’exposition en argentique c’est quoi au fond, le duo de la mort temps de pose/diaphragme plus un ensemble d’incertitudes liées au film.
Le système d’exposition ne connaît pas le film et donc essaie de composer avec ces incertitudes. A tout ça on peut ajouter l’étape chimique qui dans certains cas vient se rajouter au bazar. Au total ça donne un ensemble avec pas mal d’inconnues.
La même expo appliquée à deux films différents voire à deux films identiques mais traités différemment va donner des résultats différents.

Dans le numérique, les caractéristiques de la surface sensible, le système les connaît ou disons peut les connaître. Au fond la seule inconnue est : est-ce que la surface sensible peut reproduire l’étendue des valeurs d’éclairage de la scène. Et même ça le système peut le savoir (le calculer disons).

Je ne serais pas surpris si dans quelques temps les quarante douze mille zone laissaient la place à un dispositif mesurant les plus hautes et les plus basses lumières (en auto pour les modes auto ou avec un truc style spot pour les mode manuels), le tout étant ensuite représenté par un histogramme que l’utilisateur décalera éventuellement s’il le souhaite.

Ca fait drôle, mais l’exposition est déjà dès aujourd’hui moins fondamentale, j’ai essayé quelques temps un D100 avec mes vieux AI-S. dans cette configuration le D100 est incapable de faire une mesure (ce qui est une co..rie assez nulle de la part de Nikon), et bien une fois passée la surprise du départ, cette absence de mesure n’est pas outre mesure gênante. Un numérique au fond c’est un argentique avec un polaroid intégré.

Si on considère qu’à priori on en pourra pas avec les capteurs jouer sur les caractéristiques sensitométriques comme c’était le cas avec les films et leur développement, l’exposition risque fort de devenir une discipline fort ennuyeuse destinée à disparaître petit à petit. D’un côté c’est normal, de l’autre ce côté froid et mathématique risque de faire perdre une partie de son charme à la photo. Au fond un bon photographe en argentique c’est aussi (pas surtout, mais aussi) quelqu’un qui arrive à jongler habilement avec la douloureuse incertitude de l’exposition.

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